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des indemnités pour quelques patriotes, aux réparations des salles de sociétés populaires, à des subventions aux théâtres , à la construction commencée de temples de la Raison ou de la Nature.
Un autre procédé de l'administration révolutionnaire devait aussi être réformé. Les réquisitions avaient détruit le commerce, interrompu la circulation des denrées, amené la famine, mis la France entière dans la détresse. Eschasseriaux, au nom du comité de salut public, proposa, le 29 octobre 1794, une loi, sinon pour les supprimer, du moins pour leur imposer quelque régularité. Il les justifia aussi par la nécessité, par les prodiges que, selon lui, elles avaient produits ; car il ne confessait point que ce mode avait été employé , parce que le gouvernement et l'administration étaient dans un complet désordre. Il racontait tous leurs funestes effets, sans vouloir en tirer la preuve que si le crédit public n'avait pas été anéanti, si le pays avait eu un régime régulier, on aurait eu autant et plus de ressources pour fournir aux besoins de la guerre. La guerre n'était point terminée, la disette était menaçante, et pourtant on jugeait indispensable de procéder avec plus de justice et de raison. Ainsi celte apologie des réquisitions était seulement une précaution prise contre l'opinion qui maudissait le régime révolutionnaire et l'accusait d'absurdité dans l'administration, comme de criminelle tyrannie dans le gouvernement.
11 fallait pourtant expliquer comment ce mode d'approvisionnement et de fourniture que le rapporteur croyait si bien approprié aux circonstances grandes et difficiles où s'était trouvée la France, avait été
désastreux. — « Le défaut d'ensemble dans les opérations, l'inhabileté des agents, le défaut de centralité, ont rendu les réquisitions tumultueuses ; l'arbitraire les a mises dans une infinité de mains qui ont paralysé leur action. Le cultivateur, le fabricant, le propriétaire ont vu frapper de réquisition leurs denrées, leurs produits manufacturiers, leurs approvisionnements. La circulation s'est arrêtée, le commerce a cessé parce que la réquisition s'emparait de tout. Les agents ont été mal choisis; l'incapacité, les passions politiques, la cupidité, ont jeté l'alarme, au lieu d'inspirer la confiance. Des mesures outrées ont averti l'égoïsme et l'intérêt privé de cacher les denrées dont la République avait besoin. »
Il était difficile de renoncer soudainement aux réquisitions, lorsqu'on avait détruit le commerce; le projet de décret essayait de les rendre régulières. Elles ne devaient plus être illimitées. — Toute réquisition sera spéciale, et désignera la quantité d'objets requis, le délai de la livraison, l'époque du payement, le district où elle sera exercée. — La commission des approvisionnements est seule autorisée à faire des réquisitions sous la surveillance du comité de salut public. — Des peines étaient portées contre les administrateurs ou agents qui feraient des réquisitions sans y être autorisés, ou qui détourneraient à leur profit des objets requis.
Ce fut seulement le 14 avril 1795, qu'un rapport généra] sur la situation financière fut présenté à la Convention par Johannot. 11 eût été impossible, en des circonstances pareilles , de fournir l'état des dépenses probables pendant le cours d'une année , et des res-
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sources qui en assureniient le payemenl. Donner le compte (lu solde ou des à-compte appli(|iiés aux dépenses déjà décrétées n'était pas non plus pratical)le. Le désordre de l'administration , rimjjeri'eetion des méthodes de comptabilité ne laissaient pas. même soupçonner la possibilité d'une telle prévoyance, d'une telle exactitude. Un rapport sur les finances était alors un aperçu général, et l'indication des moyens qui pourraient être tentés pour acquitter les dettes, et subvenir à des dépenses vaguement évaluées.
Johanuot portait dans ses travaux un esprit commercial ; il ne concevait pas les iinances sans le crédit public, sans la fulélité aux enaaiïements. La richesse de l'État lui semblait résulter de la prospérité générale, c'est-à-dire du travail, de la production, des échanges et de la consommation. Il ne disait pas comme son prédécesseur Cambon : — «Nous ne serons républicains que quand nous serons tous ruinés. Il faut que les choses arrivent au point qu'une ration de son coûte trois cents livres'. »
Tout au contraire, il voyait que la réforme et l'amélioration des finances étaient avant tout une question de politique. 11 était encouragé à sa tâche par l'espérance d'une paix prochaine, et d'une constitution sage, garantie contre le despotisme et l'anarchie. — « Il n'y a de gouvernement conforme aux véritables droits de l'homme (jue ceux qui ne sont ni orageux,
ni arbitraires La Terreur et l'imprévoyance avaient
tout démoli : la sagesse et la ])onne foi peuvent encore tout réparer. « Un 0])timisme d'illusion inspirait le ra])porteur.
• Spance du 46 noréal an m. — Moniteur.