‹ Histoire de la convention nationale (volume 5)Chapitre 23 sur 81 · RAPPORT DE BOISSY DANGLAS · texte numérisé non relu

RAPPORT DE BOISSY DANGLAS

d'Anglas fit son rapport : c'était un long travail accompli avec soin.

— « Les destinées de vingt-cinq millions sont entre vos mains. Vous devez faire succéder la lumière aux ténèbres, l'ordre au chaos, le bonheur aux tourments, la justice à l'arbitraire, la liberté à la licence, les vérités de l'ordre social aux chimères de l'anarchie. Depuis six ans notre malheureuse patrie est en proie aux orages des révolutions. L'œil fixé sur un but qui fuyait devant nous ; les bras armés pour conquérir la liberté que tout conspirait à nous ravir; arrêtés par les préjugés, combattus par les vices, tourmentés par les passions, nous avons travaillé pour détruire plus que pour édifier ; nous avons cédé à l'impulsion populaire , au lieu de la diriger ; nous avons combattu pour l'existence de la France plus que pour son bonheur.

« Enfin , une heureuse époque est arrivée , où nous ne sommes plus les gladiateurs de la liberté ; où nous pouvons être ses fondateurs. Je ne vois plus dans cette Assemblée les scélérats qui la souillèrent ; nos voûtes ne retentissent plus de leurs vociférations sanguinaires; nos délibérations ne sont plus enchaînées par la tyrannie; elles ne seront plus égarées par la démagogie.

(« Les drapeaux suspendus à nos murs rappellent nos victoires , en promettent d'autres et attestent l'impuissance des rois coalisés contre nous. Les ambassadeurs assis dans cette enceinte vous annoncent que la plus saine partie de l'Europe désire vous voir terminer dignement vos travaux. )>

L'orateur convenait toutefois que la tranquillité publique n'était pas encore complète et assurée. — « Les factions ne sont pas éteintes ; les haines n'ont point cessé; les ambitieux n'ont point perdu tout leur crédit;

Page 1