KÉGOCIATION POLT! LA DÉLIA RANCE DI-: MADAME ROYALE. 2G
pas ainsi condamnée à habiter un lieu fumant du sang de sa famille. Cette courageuse réclamation précéda de deux semaines le rapport qui annonça à la Convention que rechange de Madame royale avec les conventionnels livrés par Dumouriez serait négocié entre les généraux français et les généraux autrichiens.
Mais cette déclaration avait été plutôt un moyen d'écarter les instances de l'Espagne qu'une volonté sincère et un dessein arrêté. Nulle suite ne fut d'abord donnée à ce projet d'échange. Cependant l'opinion ne se laissait pas attiédir par ce délai; la presse périodique et des écrits qui exprimaient le sentiment public contribuaient à l'animer de plus en plus. La poésie s'était emparée de cette noble cause. Le peu d'empressement que la Convention témoignait à obéir aux vœux des honnêtes gens était un mauvais calcul. Lorsque les esprits se préoccupaient de la fille de Louis XVI, il était impossible que ce fût sans revenir sur tous les souvenirs du Temple, sur tant de tortures qu'avait endurées la famille royale, sur l'iniquité des arrêts de mort, sur l'agonie du jeune prince.
Ainsi, dans le système déménagement que les gouvernants conventionnels essayèrent d'abord, il convenait de donner cette satisfaction à l'opinion. Le Moniteur inséra, le 31 août, un arrêté du comité de salut public, qui nommait le citoyen Bâcher, premier secrétaire de l'ambassade de France en Suisse, commissaire chargé de négocier l'échange des prisonniers de guerre français avec les prisonniers autrichiens.
« Il stipulera formellement, comme condition préliminnirc cl sine (f^ia non, que les cinq représentants