‹ Histoire de la convention nationale (volume 5)Chapitre 36 sur 81 · IRRITATION DES CONVENTIONNELS · texte numérisé non relu

IRRITATION DES CONVENTIONNELS

de leurs biens , la connivence des curés pour en obtenir la restitution; et, comme on ne semblait pas convaincu de l'exactitude des faits, il disait : — « Ce ne sont point des exagérations ; les émigrés qui ont servi sur la flotte anglaise sont rentrés. Il ne faut pas que la Convention se déguise sa position, elle est dans un défilé: le royalisme, les prêtres s'agitent. Etesvous fermes, on dit que vous voulez la Terreur; êtesvous indulgents, on abuse de votre indulgence au profit de la contre-révolution. Prononcez-vous; il faut empêcher la rentrée des émigrés qui ont voulu proclamer Louis XVIII et l'appeler à Toulon. »

Il proposa un projet de décret pour déclarer émigrés les fugitifs qui , pour échapper aux fusillades et aux massacres ordonnés par lui, avaient cherché asile sur les vaisseaux anglais.

Lanjuinais représenta qu'on ne pouvait faire des lois pénales à la minute, et demanda le renvoi au comité de législation. Louvet s'écria : — « Il est temps d'arrêter la contre-révolution. »

Tallien se plaignit de la léthargie des comités, qui ne faisaient pas même connaître à l'Assemblée l'état déplorable de plusieurs parties de la République. Il assura que , dans plusieurs départements méridionaux, les patriotes et les acquéreurs de biens nationaux étaient encore égorgés. Il démentait ainsi ce que Chénier lui-même avait déclaré trois jours auparavant. Il renouvela ses invocations aux vainqueurs de la Bastille et du 10 août: — •' Les ennemis de la liberté et de l'égalité conspirent pour vous redonner des fers. Le soufîi'irez-vous ? Non ! non ! reprenez votre ancien courage et combattez de nouveau les ennemis de votre pays. » — Ce discours fut très-

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