NOUVELLES ADRESSES DES SECTIONS
Mais les sections de Paris ne se décourageaient point. Les acceptations qui arrivaient en masse des provinces, les adresses menaçantes de toutes les armées, le langage ferme et animé des orateurs de la Convention, ne les intimidaient pas. Leurs délégués parlaient toujours à la barre, le verbe haut. La section de la place Vendôme s'irritait des précautions que les comités ne cessaient de prendre pour maintenir l'ordre public.
— « Nous voyons avec étonnement qu'au moment où le peuple délibère, on prenne des mesures qui gênent la liberté. Pourquoi n'est-il plus permis de faire un pas sans les ordres du gouvernement? Paris est-il donc en état de siège? L'ennemi est-il à nos portes? Pourquoi priver les citoyens du droit de circuler, d'aller et de venir? Le peuple ne pourrat-il donc jamais connaître ses droits et user de sa puissance? Mais qu'importent les efforts des ennemis de la liberté? Le flambeau de la raison brille de toutes parts. Des commissaires des départements voisins viennent fraterniser avec les sections de Paris. Rien ne pourra empêcher cette communication. La souveraineté d'un grand peuple est au-dessus du pouvoir des hommes; elle dicte des lois et n'en reçoit jamais. »
On eût cru entendre les orateurs anarchiques des sections avant le 31 mai. La Convention, déjà rassurée, écoutait sans s'émouvoir; les délégués de la section étaient même admis aux honneurs de la séance. Un autre jour, la section du Mont-Blanc venait se plaindre du ton injurieux d une adresse envoyée par l'armée de Sambre-el-Meuse : — « On y impute aux iialntanls de Paris les fatales journées du 2 septembre et du 31 mai, ces journées tramées dans votre sein par ceux