‹ Histoire de la convention nationale (volume 5)Chapitre 42 sur 81 · LIBÉRATION DES DÉTENUS JACOBINS · texte numérisé non relu

LIBÉRATION DES DÉTENUS JACOBINS

scrutin la docile indifférence des habitants des campagnes ni des classes laborieuses et sans instruction; on ne les avait pas introduites dans la région politique où , livrées à elles-mêmes , elles n'ont aucun empressement à entrer. Les meneurs politiques d'alors ne voyaient pas un grand avantage à multiplier indéfiniment des suffrages qui ne signifiaient ni opinion, ni conviction , ni affection. Les listes des assemblées primaires étaient loin de renfermer tous les citoyens qui auraient eu droit à y être inscrits. D'ailleurs, le mécanisme administratif était moins perfectionné ; il n'avait point la même unité; il n'atteignait pas les intérêts privés par autant de points de contact. Les fonctionnaires, même lorsqu'ils n'étaient pas électifs, conservaient le caractère de délégués locaux. Ils servaient souvent avec partialité l'opinion à laquelle ils appartenaient; mais n'étaient point passés à l'état de serviteurs du pouvoir.

La constitution acceptée ainsi que les décrets, et le calme qui venait de régner dans presque toutes les assemblées primaires , avaient dissipé les alarmes et les méfiances des républicains de bonne foi , tels que Baudin ou Daunou; mais les anciens Jacobins devenus hommes de gouvernement dans les comités, mais les thermidoriens toujours animés de jalousie et d'ambition n'étaient point apaisés ; il ne leur convenait point que la nouvelle constitution fut inaugurée par la portion modérée de l'Assemblée; ils voulaient que l'opinion révolutionnaire régnât et gouvernât. D'ailleurs , ils s'étaient résolus à déchaîner, pour les rallier à eux, les hommes que récemment encore ils emprisonnaient et persécutaient; ils en fai-

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