LIBÉRATION DES DÉTENUS JACOBINS
saient leurs clients et s'annonçaient comme leurs protecteurs qui les préserveraient de la contre-révolution et les défendraient contre la réaction. Ayant ainsi rameuté le parti qui avait été le leur et qu'ils avaient ensuite quitté et combattu, ils en recevaient l'iu- ITuence.
De toutes parts les hommes de la Terreur, les Jacobins séditieux mis en détention à l'époque du l*"*" prairial, étaient rendus à la liberté; la loi, qui avait ordonné de commencer contre eux des procédures selon les formes légales , était interprétée de manière à les affranchir de toute poursuite. En effet, la plupart étaient enfermés sans être prévenus de délits légalement caractérisés et par mesure de police. Sortis de prison, ils se rendaient aux assemblées primaires pour voter; à Paris et dans quelques départements, ils en étaient repoussés; et leurs plaintes étaient portées devant la Convention où elles avaient l'appui des Montagnards.
Les choses en étaient venues au point que les comités, cherchant encore à tenir la balance égale et à ne pas se montrer entièrement favorables aux Jacobins, rendirent compte des grands abus auxquels donnait lieu l'exécution de la loi du 12 fructidor.
Le château de Ham renfermait un assez grand nombre de détenus d'origine diverse : chouans, massacreurs de Marseille, terroristes, généraux de l'armée de Turreau, décrétés d'arrestation par la Convention ou par le comité de sûreté générale. Le commandant du château avait traduit les prisonniers devant le tribunal de police correctionnelle qui , n'étant saisi d'aucune pièce, d'aucun commencement d'instrncliuii judiciaire, a\ait mis en liberté tous les détenus. Déjà