TROUBLES A CHARTRES
ordre déjà troublé à roccasion du commerce des grains; elle s'était emparée des caisses publiques; les arbres de la liberté a\aieut été abattus. Cette espèce d'insurrection avait pris un caractère assez grave pour que le comité de sûreté générale envoyât en mission un représentant nommé Tellier. Il se rendit à Chartres, chef-lieu du département. Deux jours après son arrivée, une sédition y éclata. Elle n'avait nulle couleur politique; les assemblées primaires n'y avaient nulle part. Une troupe de femmes se porta à la municipalité où s'était rendu le commissaire de la Convention. Les autorités ne disposaient d'aucune force armée. Les administrateurs et le représentant haranguèrent vainement ces femmes ivres ou furieuses qui demandaient que le pain fût taxé à trois sous la livre comme à Paris , et qu'on envoyât la garde nationale enlever les grains chez les propriétaires. Tellier résista longtemps aux menaces des femmes qui avaient envahi la salle du conseil municipal; elles parlaient de l'égorger et l'entouraient sans que personne vînt le secourir. Il finit par céder et signa l'arrêté qu'elles lui imposaient, ajoutant seulement que cette diminution sur le prix du pain leur était accordée à titre de secours et vu leur indigence.
Mais elles le forcèrent ensuite à parcourir la ville pour assister à la proclamation de son arrêté; on le promena ainsi dans les rues, et quelques cris de « vive le roi ! » furent entendus pendant cette is^nominieuse promenade. Tel fut le récit qui fut lu à la Convention. Des relations non officielles disaient que ce malheureux homme avait été promené sur un âne et qu'on l'avait forcé à crier « vive le roi ! » Rentré chez lui, il se montra désespéré de l'acte de lâcheté