ACTES DE RIGUEUR A DREUX
auquel il avait consenti pour ne pas faire égorger avec lui les autorités constituées et les patriotes. Lorsqu'il fut seul, il se tua d'un coup de pistolet. Il avait écrit quelques lignes aux comités de gouYernement. — « J'ai voulu épargner beaucoup de sang et ne verser que le mien. J'avais refusé avec courage pendant quatre heures cet arrêté insensé, lorsque la prudence, qu'on appellera faiblesse, ine l'a fait accorder. »
Le comité de sûreté générale ne pouvait manquer de voir dans ce malheur un complot royaliste. Il parla comme on aurait pu faire en pleine Terreur, attribuant la famine aux manœuvres sourdes des contrerévolutionnaires.
— « C'est du sein de l'abondance et d'un luxe effréné; c'est autour de leurs tables, chargées avec une profusion scandaleuse, que ces ennemis de l'humanité combinent les moyens d'affamer le peuple. Ne vous y trompez pas, le dessein des insensés royalistes est de vous affamer. »
Un décret chargea Bourdon de l'Oise de se rendre dans le département d'Eure-et-Loir. II s'y lit accompagner par de nombreux détachements de troupes. Il n'y avait nul rapport entre l'émeute des femmes de Chartres et les délibérations, les votes et les actes d'indépendance des assemblées primaires de Châteauneuf et de plusieurs cantons voisins. Les commissaires de la Convention ne s'occupèrent pas de venger les outrages et la mort de leur collègue. Ils se rendirent à Dreux , dont l'assemblée primaire avait envoyé des commissaires à Paris pour communiquer avec les sections. Le comité de sûreté générale avait vu dans ce concert établi entre des assemblées qui prétendaient à