‹ Histoire de la convention nationale (volume 5)Chapitre 48 sur 81 · RAPPORT DE DA.UNOU · texte numérisé non relu

RAPPORT DE DA.UNOU

voyés à l'échafaiid pendant sa mission de Bordeaux.

Cette fête, célébrée au milieu de la Convention inquiète et préoccupée des dangers qui la menaçaient, offrit un spectacle bizarre. L'orchestre du Conservatoire exécutait de funèbres symphonies en l'honneur des martyrs de la Gironde; le chœur chantait des hymnes patriotiques; et, dans l'intervalle de ces morceaux de musique, les orateurs montaient à la tribune, conversaient entre eux, faisaient des motions d'ordre sur les mesures à prendre ; les uns disaient leurs alarmes et les autres se montraient rassurés : Barras affirmait que, s'il y avait des dangers, ils étaient pour les conjurés.

Mais l'Assemblée devint plus attentive , lorsque Daunou, au nom du comité de salut public, vint rendre compte de ce qui se passait dans les sections : il commença par un exposé de tous leurs actes depuis leur réunion et de la conduite qu'elles avaient tenue envers la Convention.

— « La souveraineté une fois transportée dans chacune des assemblées primaires de Paris, il leur a paru tout simple de se déclarer en permanence, nonseulement jusqu'à l'organisation des pouvoirs constitués, mais jusqu'à l'entière exécution des arrêtés des sections. Vous savez que plusieurs des lois rendues par vous ont été déclarées nulles par les sections.

« Lorsqu'on se croit le pouvoir d'annuler les lois, il n'est pas étonnant qu'on intime aux fonctionnaires civils et militaires des ordres contraires aux dispositions prises par le gouvernement.

<( Vous avez refusé d'entendre une députation de

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vingt-cinq commissaires délégués par les sections; ils venaient vous lire une déclaration contre vos comités de gouvernement.

« Vous avez fixé le jour de réunion des assemblées électorales; les sections viennent d'ordonner que leurs électeurs, dès qu'ils seraient nommés, commenceraient leurs opérations, et elles ont requis la force armée de protéger cette réunion.

« Un club électoral servant de centre à quarante assemblées primaires, toutes en permanence, dirige leurs démarches.

(c Telle est la série des actes publiés au nom des sections de Paris; tel est le délire qu'on cherche à propager. Mais le caractère des principaux agitateurs inspire une méfiance qui deviendra universelle. Les uns ont affiché longtemps des opinions contraires à toute liberté; les autres ont été courtisans assidus de Robespierre. Cette monstrueuse alliance des amis de la royauté et des partisans de la Terreur ne peut avoir d'autre but que de détruire la liberté par l'anarchie. >)

Cela était vrai de quelques journalistes; mais tel n'était point le caractère général de cette sédition. Elle avait pour mobile une aversion passionnée et aveugle pour les hommes de la seconde révolution et le désir de mettre un terme à leur domination. On ne voulait pas être gouverné par leur majorité dans le Corps législatif et par leurs coryphées dans le Directoire exécutif

Le rapporteur pouvait démontrer facilement que tous les actes, toutes les prétentions des assemblées primaires étaient déraisonnables et anarchiques. Il prit soin d'invoquer les principes de droit public et l'autorité de Rousseau. Daunou était consciencieux et professoral; il espérait que la Révolution était finie,

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