CORRESPONDANCE DE LEM.UTRE
voir fait tirer sur le peuple. Déjà la journée du 13 vendémiaire a été nommée un massacre. »
— (( Je demande, dit Barras, que l'on fasse connaître enfin ceux qui, siégeant parmi nous, ont conspiré contre la République. »
L'assemblée se leva tout entière pour appuyer cette proposition. Tallien répondit : — « Je les démasquerai à l'instant, mais je propose que la Convention se forme en comité secret. »
Les tribunes publiques furent évacuées; en se retirant les spectateurs criaient : — « A bas les royalistes ! Sauvez la patrie ! )>
Dénué de cet appui, Tallien se trouva moins fort et moins bardi; il dit les noms des représentants que la correspondance de Lemaître indiquait comme probablement favorables à une restauration, sans articuler aucun fait, sans même rapporter une conversation. Cette liste comprenait Lanjuinais, Boissyd'Anglas, Henri Larivière, Lesage.
La Montagne s'associa à cette dénonciation par ses clameurs, mais la grande majorité de l'Assemblée se montra froide et mécontente. Gamon, ancien Girondin, intime ami de Barras, mais fort honnête homme, défendit loyalement les inculpés, et insinua que Tallien pourrait aussi encourir de pareilles imputations.
Tallien entra dans un accès de colère ; c'était un moyen qu'il employait quelquefois en conversation ou à la tribune. — « 11 faut rendre la séance publique, disait-il, et discuter devant le peuple. » — La Montagne l'appuyait de toutes ses forces ; la majorité exprimait par sa froideur tout le mépris que lui inspirait le dénonciateur : l'échec fut donc complet.
Mais les républicains ne voulaient pas que le parti