‹ Histoire de la convention nationale (volume 5)Chapitre 63 sur 81 · COMMISSION DES CINQ · texte numérisé non relu

COMMISSION DES CINQ

Jourdan , avaient passé le Rhin et occupé la rive droite. Ce nouveau triomphe avait même contribué beaucoup à inspirer au gouvernement conventionnel le courage d'agir avec fermeté contre .ses ennemis de l'intérieur. Maintenant sans s'informer des circonstances , qui avaient pu amener une retraite et rendre nécessaire le retour sur la rive gauche, il fallut attribuer cet échec à la trahison.

Tallien décida que le traître était Aubry, qui plusieurs mois auparavant avait été chargé des affaires militaires; il s'était fait beaucoup d'ennemis, en destituant, sans assez de discernement, un grand nombre d'officiers. Pendant la Terreur, on avait fait sans doute de mauvais choix, mais il eût été juste et raisonnable de prendre en considération, non pas l'opinion politique, mais la bonne conduite militaire et les services rendus. Aubry était donc au premier rang des réactionnaires et suspect de royalisme; son arrestation fut aussitôt décrétée. 11 avait eu pour chef de bureau un fort honnête homme, M. Gau, qui s'était rendu très-utile au comité de salut public, et qui jouissait d'une considération méritée; il venait d'être élu député par l'assemblée électorale d'Auxerre. On l'accusa « d'avoir voulu désorganiser l'armée, en y plaçant d'infâmes royalistes , afin d'enchaîner la victoire. » 11 fut décrété d'arrestation : longtemps après, le premier consul l'appela au conseil d'État. Un conventionnel nommé Lomont, peu connu, mais dont le nom avait trouvé place dans les listes de Lemaître, fut aussi envoyé en arrestation; il était accusé de n'avoir point paru le 13 vendémiaire au comité de sûreté générale, dont il était membre, et d'avoir, en

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