‹ Histoire de la convention nationale (volume 5)Chapitre 65 sur 81 · LE GÉNÉRAL BONAPARTE · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL BONAPARTE

chouans, étaient des ennemis. De là à servir une faction, à être l'instrument d'une cabale, il y avait loin.

En ce moment;, l'homme qui représentait l'armée, auprès de la Convention et des Parisiens, c'était le général Bonaparte. Cinq jours après le 13 vendémiaire. Barras avait appelé l'attention de l'Assemblée sur la conduite du général Bonaparte : « — C'est à lui, c'est à ses dispositions savantes et promptes qu'on doit la défense de cette enceinte. Je demande que la Convention confirme la nomination de Buonaparte à la place de général en second de l'armée de l'intérieur. » — Le décret fut aussitôt voté.

Ce fut ainsi que Paris apprit le nom jusqu'alors complètement inconnu qui devait retentir dans les siècles. Il n'en fut plus question à la Convention; on ne fit point mention de lui dans les récits de kl journée du 13. Une seule fois Barras, lorsqu'il célébra sa propre gloire et s'attribua tout l'honneur de la victoire , crut devoir rappeler qu'il l'avait choisi pour être commandant en second. Du reste, son nom ne fut mêlé à aucune discussion. Dans les conversations politiques ou les projets des représentants des diverses fractions de l'Assemblée, on ne parlait de lui pas plus qu'à la tribune.

Il n'en était pas ainsi dans la population parisienne : le général Bonaparte y était mal voulu et redouté. On voyait en lui le farouche soldat qui avait canonné le perron de Saint-Roch. Son origine corse , sa physionomie expressive et profonde , sa tenue qui ne ressemblait à celle de nul autre général , ses lon'/^s cheveux tombant néij;lic;emment des deux côtés du visaire : tout en lui semblait étrance.

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