‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 100 sur 108 · SIÈGE 1^ TOULON · texte numérisé non relu

SIÈGE 1^ TOULON

à Tarsiée des Pyrénées ^ oui il -signala son arriVée en faisant guillotiner des généraux*.

Ce fut seulement le 20 novembre qu'up vrai général fut chargé de commander le siège de Toulon. Or, il y avait deux mois et demi que le comité de saint public considérait, et sans, doute avec raison , cette opération militaire comme la plus urgente. Le général Dugom* mier avait quarante ans de service, beaucoup d'expé* rience, d'activité et de bravoure. L'armée qui lui était confiée avait successivement reçu ^ des renforts , surtout depuis que la prise de Lyon avait laissé des troupes disponibles. EUe était maintenant Ae trente miUe hommes; Tartillerie était devenue aussi plus puissante. .

Ce fut i ce siège que Napoléon donna le premier témoignage de son génie et de son coup d'œil. Il était alors chef de-, bataillon d'artillerie. Dans ' la disette d'officiers ou l'on se trouvait alors, il fut en* voyé par le comité de salut public pour diriger l'artrilerie du siège, et arriva devant Toulon* îe 12 septembre.

Après avoir examiné toutes les positions dont la ville est environnée. Napoléon pensa qu'il fallait placer ;sur la côte des batteries qui rendraient La station dans )a rad^ impossible aux vaisseaux anglais, et qui interrompraient les communications de Toulon avec la mer. 11 était convaincu que les Anglais ne se risqueraient pas à renfermer leur escadre dans le port d'une ville bloqi:fée par .terre et par mer,, et qui serait ' infailliblement forcée de se rendre. par capitulation. Il affirmait que dès l'instant où la rade serait ainsi exposée aux batteries françaises, les Anglais se hâteraient d'évacuer Toulon, en détrui-

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8aut les vaissBaux français et les établissements de la marine. Les deui généraux jacobins n'avaient point apprécié le projet du jeune commandant de l'artillerie ; Dugommier l'adopta presque entièrement, et le conventionnel Salicetti se chargea de le porter au comité de salut public. Carnot lui donna son approbation et Napoléon, fut chaîné des opérations destinées à «'assurer des pointa de la côte pu devaient être établies . les batteries qui ilevaient rendre la rade impraticable aux vaisseaux anglais*.. .:

On. a contesjé a. Napoléon le méritQ de ce plan d'altaque. 11 semble pourtant naturel d'en, croire son récit, qui a un caractère de vérité et qui est conforme aux ténioignages contemporains. D'ailleurs, on y re-r connaît le trait distinctif de son génie. Après avoir démêlé le point décisif d'une opération militaire, ily portait toute son action et toutes ses forces., bien convaineu que ce premier avantage, obtenu promptement et. avec éclat, déciderait du succès total et porterait le trouble, l'incertitude et le découragement dans l'esprit de l'ennemi*. . • .

J>ès lors, il manifesta. aussi ce don du commandement,, cette justesse et cette supériorité d'esprit qui étonnaient et subjuguaient déjà tous ceux qui , . à Tarméè,- avaient des rapports avec lui. Il savait se faii-e sa place et établir son autorité. Lorsque les représentants du peuple imposaient à tous les généraux leurs volontés les moins sensées j le jeune chef de bataillon savait leur dire : « Mêlez-vous de votre métier,

'• Mémoires de Barère.;

* Méntoires de NapoléoDi — Mémoires du mi^réohal de Bellune.

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t't laissez-moi faire le mien-, cette batterie restera là> \e i*éponds du succès sur ma tête. «

. Le siège de Toulon parut donc se réduire à Tattaque i'un fort que les Anglais avaient . établi sur la côte pour garder les deux points où pourraient être placées les batteries dont ils prévoyaient la redoutable puissance; ils. avaient compris .toute limportaivce de cette portion et avaient mis ce fort dans un tel état de. défense ; que y dans les deux armées , on le nommait le \)etit Gibraltar.

Le vulgaire ne comprenait pas ce qui se préparait; il semblait que le siège ne fît aucun progrès, La garnison ennemie recevait des renforts } la Provence était en proie à la disette; les sociétés populaires dénour çaient lés généraux. Les représentants Fréron et Barras s'effrayèrent au point qu'ils écrivirent au conûté de salut public pour l'engager à <lélibérer, s'il ne vaudrait pas mieux que Tarmée levât le siège et repassât la Durance. « Après quatre mois, écrivaient-ils^ Tou^ Ion n^est pas encore attaqué; il est à craindre que nous soyons obligés de faire précipitamment et en déroute, ce qiie nous pouvons en ce moment opé^e^en règle et ave:c ordre. » '

Cependant le projet d'attaque était .déjà en voie d'exécution; une batterie avait été établie à couvert derrière un bois d'oliviers ; elle ne devait être démasquée qu^au moment de marcher contre le petit Gibraltar. Les représentants allèrent la visiter, etdahs lenr présomptueuse ignorance ils ordonnèrent aux ca,nonniers de faire feu.

L'ennemi eut ainsi connaissanee de la batterie. Le général en chef Ohâra fit une sortie, et comme les troupes françaises n'étaient pas encore disposées de

manière à défendre cet ouvrage avancé , il fut occupé. Mais il communiquait avec les postes français par une tranchée cachée parmi les arbres ; Dugommier et Napoléon dérobèrent ainsi la marche d'un bataillon «t arrivèrent dans la batterie, entre deux colonnes ennemies qui s'étaient postées à droite et à gauche* Le désordre se mit dans leur^ rangs; elles tirèrent Tune sur Tâutre. Le général Ohara. fut blessé^ et tomba aux mslins des Français , sans que les troupes anglaises sussent ce qu'il était devenu- * -

Le 1 8 décembre, une attaque décisive fut faite contre le petit Gibraltar que l'artillerie avait déjà démantelé. Les représentants délibéraient encore avec une grande hésitation, lorsque lés troupes étaient déjà er^ mouvement.

Dugommier marchait en tète de la première colonne^ ^ Après un combat très-vif, elle fut repoussée : « Je sui perdu ! » s'écriait le général , pensant à l'échafaud qir le 'gouvernement révolutionnaire lui réservait.

Heureusement la seconde colonne conquit un meil leur succès ; elle était commandée par un jeune capL tainé d'artillerie, Muiron, qui devint plus tard un de aides de camp les plus distingués de- Napoléon à Tarr^ — mée d'Italie.; il avait conduit sa colonne par un cfaen^ir ^^ détourné. Elle pénétra dans la redoute par une embra — sure. Muiron fut blessé; les canonniers anglais fu — ' rent tués suc leurs pièces. Le fort était pris depuis trois heures, lorsque les représentants du peuple y arrivèrent lesabï^e à la main, assez, inutilement puis — ' qu'ils n'avaient pas assisté au combat. Sur ce poinK-- Napoléon dément le témoignage dea relations offi cielies. '

Dès lors furent établies les batferies . qui devaient^

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