‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 12 sur 108 · PÉTITION DE LA COUMUNE · texte numérisé non relu

PÉTITION DE LA COUMUNE

compliciié avec Dumouriez était surtout présentée comme incontestablement prouvée par quelqueis votes récents.

(f Le peuple ne change pas : il est toujours le même; ce sont les fonctionnaires qui changent. L'opinion dû peuple sur ses mandataires dépend de leur conduite. Il a poursuivi les traîtres sur le trône^ pourquoi les laisserait-ils impunis dans la Convention? Le temple de la liberté est-il donc un lieu d'asile, comme les églises dltalie, et les scélérats y trouvent-ils l'impunité? 'La république a-t-^Ue renoncé au droit de purifier sa représentation? La révocabilité est 'son essence; elle est la sauvegarde du peuple. Nous demandons que cette pétition soit corn*muniquée à tous les départements et quMl y soit «anexé la liste ci-joihte de là plupart des mandataires cobfiibles â% félonie envers le peuple souyerain, afin que la majorité des départements manifeete son opinion. Alors ils se retireront de cette enceinte. » '*

La liste se composait de Brissot, Guadet, Ver- ^iaudy Gensonnéy Buzot, Bàrbaroux^ Pétion, Salles, Lasource, Valazé, Louvet, Fauchet, Corsas, GrangeneoVe , Birotheau, Pontécoulant , Hardy, Le Hardy, Lanjuinais, Valady, Chamlon, Lanthénas.

La Convention avait ordonné par un décret récent que toute pétition serait signée individuellement. Cette formalité fut accomplie. Fâche aurait voulu se dispenser de donner sa signatune. Il n'était point pétitionnaire ) disait-il, mais se présentait comme président du conseil de la commune. Il apposa toutefois son nom à cette pièce, où fut reconnue la manière de Robespierre ; elle lui fut attribuée dans la discussion.

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Le président répondit avec gravité : « Vans avez cru devoir faire cette démarche dans Tintérét de la république ; la Convention examinera votre pétition ; elle vous invite aux honneurs de la séance. »

FonCrède obtint la parole t « & la modestie n'était pas le devoir d'un homme public, je m'oflTenserais de ce que mon nom n'est pas inscrit sur la liste honorable qui vient de vous être présentée. — {It nous aussi. — Tous y tous ! » s'écrièrent les trois quarts de rAssemblée en se levant.

Pénières s'a{^rochant de Paebe lui dit : ce Pouvezvous me donner une petite place sur votre liste ? il y aurait cent écus à gagner. » Car beaucoup de choses se vendaient à la commune.

Fonfrède continua avec ironie : cv Je rends hommage aa sèle édairé, à la surveillance patriotique qui a dicté cette pétition. Combien il est^éuf^ux que les pétitionnaires et le maire de Paris daignent vous accorder l'hcmneur d'un scrutin épuratoire ! Je n'élève aucun doute; oui, c'est bien là le vœu libre, spontané du peuple; il est impossible qu'aucune intrigue, pas même la prophétie de Desmoulins, l'ait provoqué. Tous les habitants de cette immense cité y ont concouru; je l'admets pour une vérité constante. »

Puis il établit que la volonté du peuple ne pouvait être consultée qu'en convoquant les assemblées primaires. t< C'est sans doute ce qu'ont voulu demander les pétitionnaires. C'est pourtant parce que cette coi^vocation a été demandée par quelques-uns de nos collègues, qu'on veut les exclure. Je^suis plus généreux, je ne demande pas l'exclusion des pétitionnaires; au contraire, j'appure leur demande et je la convertis en motion. »

LES AUTRICHIENS PASSENT LA FR^lfTlÈRB. 43

DiL Montagnard s -écria que c'était réclamer la constitution de . 1 791 . Il fut obligé de s'excuser et de rendre honnnage à la souveraineté des assemblées primaires; mais il ajouta : « Cette adresse émane aussi du peuple souverain. » On murmura; il se reprit Hue seconde fois: « Ou. du moins d'une portion du souverain toujours estimable à vos yeux. ))

Les réyolutionnaires s'embarrassaient toujours dans cette question : Comment est constatée la vraie volonté du peuple souverain ? Il fallait toujours en revenir à la souveraineté du fait, quand ce fait était à leur gré.

La pétition ne fut soutenue par aucun orateur considérable du parti jacobin. Quelques Montagnards obscurs essayaient de poser la question entre \m repiésentants qui avaient voté la mort du tyran et ceux qôi avaient voulu l'épargner. Us ne fbrent applaudis qne par les tribunes.

Les Girondins continuèrent à demander la convocation des assemblées primaires.

Phélipeaux , un ami de Danton f proposa un ordre du jour qui improuverait la pétition de la commune. Cette concession de la Montagne ne parut pas suffisante. La discussion resta ouverte et fut reprise à plusieurs fois.

Les nouvelles de l'armée du Nord , sans donner* de vives inquiétudes, auraient pu néanmoins préoccuper l'Assemblée, si elle eût été moins absorbée par ses discordes intestines.

Les Autrichiens avaient passé la frontière; ils allaient assiéger la ville de Coudé ; Valencienues était aussi menacée.' Le prince de Cobourg faisait des pro-

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