OPINIONS D'E ROBESPIERRE. G
roi^anisatioh sociale^ les promesses de vertu et de bonheur prodiguées à une nation en proie au.désordre, à laruyie^ aux terreurs du présent et de TaVenir^ n'en poursuivaient pas moins leur cours imperturbable.
Robespierre puisait , sans jamais la tarir, dans cette source d'éloquence. Il avait la verve des lieux communs. Ses discours se résumaient presque tous en une adoration du peuple , c*est-À-dire de la multitude; car il n'admettait jamais que les classes intéressées à Tordre public fissent vraiment partie de la nation.
u Les maux de la société ne viennent jamais du peuple, mais du gouvernement. — La misère des citoyens est le crime des gouvernants. — Le pouvoir et Topulence enfantent les vices; la médiocrité et le travail senties gardiens de la vertu. -—Fondez votre constitution sur cette maxime incontestable : le peuple estbon^ ses délégués sont corruptibles. — C'est dans la vertu et la souveraineté du peuple qu'il faut chercher un préservatif contre les vices et le despotisme du gouvernement. — L'-équilibre des pouvoirs amène nécessairement une ligue des pouvoirs rivaux contre le peuple. — La défense de sa cause ne doit pas être confiée à des ti^ibuns; cette institution suppose l'esclavage du peuple. — Je n'aime pas que le peuple se retire sur le mont Sacré ; je veux qu'il reste à Rome et qu'il enchaîne les patriciens. — Il n'y a qu'un seul tribun que je puisse avouer, c'est le peuple lui-même. »
Cette série d'adulations se terminait à dire que la durée des magistratures devait être courte ; que nul lie pouvait exercer deux magistratures; qu'il fallait multiplier les fonctionnaires publics plutôt que de leur confier une autorité trop grande; que les diverses
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branches de rexécution devaient être multipliées autant que possible.
Isnard^ disciple du Contrat social , le prenait dans un sens si littéral, qu'il proposait une forme de pacte social qui serait présentée à tous les citoyens. Après l'avoir adoptée ou signée, ils formeraient réellement une association qui serait pour lors la nation française.
La division du territoire était une question plus pra-
tique; elle fut longuement débattue. Saint-Just attachait une extrême importance à constituer noja pas la surface du sol ^ mais* ses habitants ; il voulait que la nation fût répartie en tribus. Son système acj^mettait pourtant les départements et les districts. Dans le dissentiment des opinions sur les municipalités se retrouvait l'esprit de parti. Les Girondins, en laissant à la petite commune rurale son existence propre, c'està-dire ses propriétés et ses intérêts locaux, la soumettaient à une administration délibérative et executive fixée au chef-lieu du canton, tandis que la commune était régie par up agent municipal, subordonné à l'autorité cantonale. De ^orte que l'unité politique était l'assemblée primaire du cantop.
Les Jacobins découvrirent dans ce système une conspiration contre l'égalité ; il leur semblait que l'administration cantonale était un cadre prépai*é pour l'aristocratie des influences locales', qu'elle pourrait y acquérir une prépondérance antipathique à cette égalité envieuse, fondement de toutes leurs opinions; ils ne voulaient pas qu'un citoyen eût la chance de gagner par ses services, par son ïnérite, par sa bopne renommée la bienveillante confiance