PÉTITION DES SECTIONS
la municipalité Tavait fait im.primer€t <:[olporter pour recueillir des signatures. Grensonné demanda qti'il fât décidé si ^ tant à Paris que dans les départements, les sections étaient légalement en permanence.
u La commune de Paris se met en révolution^ disaitril^ eh bien! il ne faut pas de mouvement partiel. Que toutes faes communes dé la république soient aussi en état de révdlutiotir $i la. commune de Paris, entraînée par des intrigalits , marchait contre la Convention/il faut que toutes les communes de la république mfurchént pour la défendre. >}
Guadet parla plus vivement encore : « Noiia devons surtout nous occuper d'une conspiration tramée par la. municipalité de Paria , et consacrée par uù de ses arrêtés. Cette commune veut* anéantir la Convention. Il faut que nous sachions une' bonne fois- si nous so^]mes la première autorité de la république; si nous sommes, ici pour recevoir des lois ou pour en faire. Vous avez à venger uile grande atteinte à vÎQtir^ autorité. Arnïqz-yôus de votre puissance : elle est grande. Arméz-Vous, et vous ferez rentrer cette faction danâ le péant. Je demande que la Convéatiqn prononce la cassation de Tarrèté de la commune de Paris. »• ;
L'orateur avait été interrompu, à chaque parole^ par de bruyants murmures, (c 6uadet est accusé par la pétition des sections; qu'il commence. par se justifier avant de se faire accusateur, » disait Thiiriot.
L'arrêté n'était connu que par son . insertion dans les journaux;. 11 fut décrété que le maire apporterait sur-le-champ le registre des délibérations dû conseil général.
En attendant, la discussion continua.Vergniaud ne
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partageait pas repimoû de ses amis eur la coavoca-' tioQ des assemblées primaires. Selon lui, c'eût été satisfaire les vœux dés perturbateurs ^ c'eût été pro^ noocel* la dissolution de la Convention. Il raconta commeûl on s'y prenait pour obtenir des signatures à la pétition. Les assemblées de section ne délibéraient quei tard dans lanuit^, lorsque les bons citoyens s'étaient retirés ; ailleurs des hommes armés de piques contraignaient les passants à venir souscrire leurs noms. « Je demande que la €onventioii improuve l'adresse et déclare qu'elle n'a aucun reproche à faire aux députés inculpés. »,
La' majorité était persuadée que réellement un grand complot était tramé contre J'ordre public. Elle ne voulut écouter aucun orate\^r de la Montagne, lé décret suivant fut voté :. « La Cadvention improuve comme calomnieuse la pétition «qui lui à été présentée par trente'-èinq sections de Paris , et qui a été adoptée par te conseil général de la commune^ »
L'acte d'accusation de Marat n'avait pas encore été rédigé;, son texte fut voté sans discussion.
La p^itiôn des sections n'avait pas été , approuvée par la commune. Les journaux /par up récH inexact, avaient induit la Convention en eri:eur. Mais- le conseil général avait accordé une mention civique k une lettre que lui avait adressée la société des JacO'^ bins jd'Auxerre.'On y.Hsait ce qui suit :
(c Ainsi l'accusation de Marat doit ètrQ regardée par les patriotes comme une calamité publique. 11 ne nous est pas possible de courir assez fort- pour nous jeter audevant da fer patrioticide dont veulent le. frapper leô contre-réVolutiennaires conventionnels. Nous allons voler à. votre secours; mois^ en attendant^ nou& met-
76 NOCTEAUS TUMULTES IU\S LA CORVENTION.
toD« 80US la responsabilité de» sans-culottes des qua— rante^buit section^ la vie da plus incorruptible défenseur de nés intérêts.. »
La Convention passa . à Tordre du jour sur cet acfe de la ccMnmune. EUe avait à en considérer de beaucoup plus graves. '
Un comité avait .été formé pour en]trer en correspondance avee toutes les miinicipalités d^ la république. Le procureur de la coinmune^ en rendant compte de la séance où la Convention avait improuvé Tadresse des sections, s'était exprimé ainsi : « Jurons union , fraternité et protection mutuelle aveq les sections,. If s sociétés populaires et tout le peuple de Paris. » Toute Ji'^assemblée du conseil de la cooimune s'était levée en criant : «r Nous le jurons !» Et U avait été déclaré que le'ôouseUse regarderait çonmie atteint, lorsqu'un de $es membres*, un président de section .ou de société populaire, où de conûté révolutionnaire^ même un simple citoyen sellait frappé pour ses opinions.
La Convention laissait passer inaperçus ces signes de rébellion si de prochaine crise; dès qu'elle voulait exercer quelque autorité, imposer quelque.reâpect, de lïouveaul orages s'élevaient dans sa propre enceinte. On avait mis en question si lés honneurs de la séance seraient accordés aux municipaux qui avaient apporté le registre; ce simple incident sittscitaune scène scandaleuse et bruyante. La ipajorité à^vait, par assis et levé, refusé cette habituelle fortnàlité de politesse. Alors la Montaigne protesta, déijiandant l'appel nominal; les spectateurs deâ tribunes se mêlèrent aux tumultueuses vociférations des; députés';- cle part ^t
MARÀT EST ACQUITTÉ. 77
d'autre od s'adress.ait les injures 0t lès menaces les pies grossières. <Ce tapage dura six heureis. La droite, soit par lassitude, soit pour éviter quelque grav« désordre, se retira; là gahche resta et véta au noinhré de cent quarante-neuf : il était un^'heUre dutnatin.
>farat comparut le 22 avril devant le tribunal ext.raordinaire , qu'on ^n'app^lait jan^ais autréûiçnt que x-évolutionhaire. L'inertie et Thésitation du parti mo- €5éré de la Coaventiou avaient donné aùlL lacobjns la 'ff'aciUtéde composer ce tribi&al à leur gré. Ce fut 'uine faute funeste. Le^ pouvoir judiciaire, dans sa s^ouTeraineté absolue , ^ut livré aux hommes de la résolution sanglante et deyiilt \ine continjuatîoû des :Kiiassacre8 de septemi)re; on voplait seulement prévenir les désordres d'unts.ei^écution tumultueuse.
Dès son installation, le tribunal avait procédé suivant cette jurisprudence. Les victimes jouriiellement immolées n'étaîént pas encore nombreuses, et l'on &'en plaignait aux Jacobins ; mais les condamnation^ étaient motivées sur dçs opinions ,.sur des correspondances saisies, sur des cris appelés séditieux, sur des paroles imprudentes. Déjà oh avait pu reoaarqùer que les sentences de mort portaient sur lès classes inférieures au moins autant que sur tes aristocrates et lés riches. En effet, les haines, les rancunes, le désir de vengeance existent plus encore dans lès classes inférieures de la société. De «sorte que les pauvres gens étaient dénoncés par l'animosité ^e» leurs égaux et montaient sur l'échafaud dressé pour l'aristocratie. Dès lés premiers jours d'activité du tribunal , un membre de la Convention se prit de pitié poul* la malheureuse et vieille servante d^un cabaret^ qui