‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 24 sur 108 · MABAT EST ACQUITTÉ · texte numérisé non relu

MABAT EST ACQUITTÉ

avait, été condamnée à mort comme coupable de propos cpntre-révplutionnaires. • L'Assemblée vënail d-accorder un sursis aux assassins ' d'un prètre. Isnard se risiqua à justifier cette, femme, disant qu'elle n'avait pu: parler de politique ^vec connaissauce, et que d'ailleurs elle était ivre. Robespierre le jeune répondit: «Nous avons porté une loi contre le. royalisme; celui qui parle contre la. loi est un royaliste. « La Convention passa à l'ordre du jour.

En .envoyant Marat au tribunal révolutionnaire, les Girondins lui avaient f^répare un triomphe. L'accusateur public, qui était Fouquier-Tin ville, donna lecture de l'ïicte d'accusation rédigé par JU Convention ;. quelques témoins furent entendus. Marat présenta sa défense, où il ne renia ni ses opiniotis, ni ses écrits; il répéta ses accusations. contrfJ les hommes d'État; il traita'-le décret de l'Assemblée d'attentat à l'inviolabilité de la représentation nationale et l'appela un tissu 4'impostùres. L'accusateur ne répliqua point; les questions furent posées au jury. Après une courte délibératioUj le chef des jurés rentra et parla en cçs termes : • .

((J'ai examiné, av^ soin les passages cités des. journaux de Marat. Pour les mieux, apprécier, je n'ai pas perdu de vue le car^actèr^ connu de l'accusé et le temps pendant lequel il écrit. Je ne- puis supposer d'iatentions criminelles et contre-révolutionnaires à l'intrépide défenàeur des droits du peuple. Il est difficil j^ de contenir sa juste indignation quand on voit son pays trahi de toutes parts. J'affirme que je n'ai rien trouvé dans les écrits de Marat qui me parût constater les délits dont il est accusé. » Les autres jurés déclarèrent à l'unanimité que les faits n'étaient pas constants.

KX^kJ EST ACQUITTÉ. Î9

. Le président pronpnça que le tribunal acquittait Jean-Paul Marat. Les applaudissements retentirent dans tout Tauditoire. Çne foule immense attendait âu dehors. On lé. couronna de feuilles de chêne et de Jleurs; puiscejcortége^ auquel s'était jointe une dépuration de la commune^- ramena triompbalenient; à la Convention,. Marat porté par le sa'peur Rocher.

Il fut permis- à cette foule de défiler dan^ la s^lle ; ^.Ue y entra ep désordre, criant : « Vive la république! » fiomimes, femmes, municipaux, représentants, embrassaient Marat à la ronde. On jetait enl'air les bonnets rouges. Les bancs vîdes de la droite furent occupés pêle-mêle par cette multitude. Paré de sa couronne > Marat monta à la tribune. *r Vous voye^^ dit-il, iin représentant dont on avait ^iolé les flroits; mais justice lui a été rendue. Je juré de nouveau de. prendre la cause de l'égalité, de la libertè.et da peuple. »

Danton ne voiilut point que la séapce fût rendue impossible par ce vacarme populaire. « Ce doit être, dii-il. Un beau spectacle pour tout bon Français que de voir les citoyens de Paris porter un tel respect à la Convention, que le jour où xxxi député inculpé rentrie dans son sein^ devient une fête. La Convention a décrété que les citoyens qui venaient lui témoigner leur satisfaction défileraient devant elle. Nous avons ' vu leur contentement, nous avons partagé leurs sentiments. Maintenant, il faut que les citoyens défilent et que nous reprenions nos travaux. »

L'acquittement de Marat augmentait l'ardeur et

Vespérance de la faction révolutionnaire. Les Giron-*

dins et les modérés voyaient chaque jour croître le

danger. Us s'attendaient à quelque incident imprévu ,

80 MESURES PRIEES .% MONTPELLIER.

à quelque scène violente - qui amènerait la cata strophe. '

Dn 'i^apport de Ganibon instruisit l'Assemblée 4?

niesujês que Içs rejiréèentants en mission* dans. 1

département d^ THénault venaient de prendre, ooi

joiiitçmènt avec Ijbs. patriotes 'de ce paUys. Une 9orl

d'adresse bâ de pétition lerproposait liôri pas à Tjaj

probation', maïs à l'ilnitation dû comité' dé sali

public. . ' **

• On avait demandé à ce ' département une levé

de cinq mille hommes destinés à renforcer l'aiMQé

des Pyrénées et à défendre li frontière contre .les Eî

pagnojs. L'exééution de k loi,. qui prescrivait ue

levée de trois cents mille. hommes, avait été difficile c

Languedoc, coniimedans toutes les autres partit

de la France. Toutefois elle n'avait excité ni n

voile partielle, ni guerre civile comme dans

Vendée et la feretpgne* Les engagements volontain

avaient été rares; les jeunes gens avaient été dés igni

par un scrutin bu par le sort. Un grand nomb]

avaient acheté des remplaçants.

Cette forme.de recrutement ne parut pas applicab à l'urgence ides dangers de la patrie; il fallait que ! levée fût opérée sans retard nî incertitude. Les Jac bins de l'Hérault proposèrent aux représentants € mission de former un comité de salut public, et en h confiant le pouvoir, de désigne!* les patriotes qui d< valent partir pour Tarmée. Tel était î'çxpédient ingt nieux employé pour déguiser le choix arbitraire dt hommes qu'on recruterait. ^

La dépense occasionnée par cette levée devait èti au compte du département ; on y avait pourvu dai

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