EMPRUNT FORCÉ
taxe sur les riches parut un moyen plus praticable. En assurant la solde^ en fournissant sans retard Tarmement et Téquipement, il était probable qu'on obtiendrait beaucoup d'enrôlements volontaires ^ tant les moyens de subsister par le travail, l'industrie et le commerce étaient anéantis. La tribune des Jacobins et même de la Convention retentirent d'imprécations contre les négociants , les capitalistes et les aristocrates de l'argent. Dans cette même section Bon* Conseil qui avait réclamé contre les mesures de la commune, il se trouva une réunion prenant aussi le titre de section , qui envoya aux Jacobins une liste de financiers et de notaires domiciliés dans le quartier : on proposait de lever sur eux une contribution de soixante-quatre millions.
Le conseil général d^ la commune fut moins excessif; il ordonna un emprunt par soumissions volontaires et à leur défaut par réquisitions forcées. Les règles de la répartition étaient déterminées. On y pouvait reconnaître que la municipalité y nonobstant ses habitudes d'arbitraire et de despotisme, avait voulu ordonner quelque chose de possible et dont le résultat fut réalisé facilement. La taxe devait être établie sur le superflu des revenus. On admettait que le superflu commençait au-dessus de qninze cents livres de rente pour un père de famille, et de mille livres pour chacun des membres de la famille; de sorte que le nécessaire présumé pour une famille composée d'un mari, d'une femme et de quatre enfants, était de six mille cinq cents livres. Le superflu excédant était soumis à une taxe progressive. Un superflu de mille livres payait trente livres , et Un superflu de quarante