ROBESPIERRE AUX JACOBINS
de sauver ia patrie. On ne doit avoir' recours aux moyens extrêmes qu'après avoir épuisé toutes les mesures qui ne sont pas compromettantes; et alors il ne faut pas les proposer ainsi dans le sein d'une société qui doit être sage et politique. Ce n'est pas un moment d'effervescence passagère qui peut sauver la patrie. Nos enneniis voudraicint avoir l'occasioh d'annoncer aux départements une sédition, excitée à Paris. Vous devez les effrayer par une attitude calme et imposante. Répandez-vous dan^ les sections pour éclairei* le peuple. Faites une adresse o.ù vous prêcherez le calme ^ en dévoilant toute la scélératesse de nos ennemis. Nous ne saurions être trop en garde contre les pièges qu'on nous tend et mesurer lea termes que nous employons. Pourquoi se servir de ces expressions : Purger la Convention de tous les traîtres? Cela fait qu'on nou^ peint comme des homifies qui veulent dissoudre la Convention et détruire les appelants et les modérés; ces phrases donnent un ascendant terrible à nos ennemis. Je vous exhorte à.bien peser vos termes; avec ces mesures de prudence vous sauverez la république. >)
La crainte d'un mouvement dans les départements et l'effet que les menaces populaires du 10 n^ars avaient produit sur la Convention, conseillaient à Robespierre cette modération patiente ; - mais s'il s'opposait aux attaques trop violentes contre les Girondins, il s'attachait encore plus à courtiser les classes pauvres, à leur suggérer des sentimentiB hos- ^ tiles à l'ordre social, à prêcher un principe <le guerre civile.
« Je déclare qu'il faut non-seulement exterminer