‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 52 sur 108 · LA CONVENTION APRÈS LE 31 MAI · texte numérisé non relu

LA CONVENTION APRÈS LE 31 MAI

pondait : a Pourquoi pas moi? » Mais cette folie pouvait cacher une pensée {Jus sérieuse.

Danton était plus alarmé que nul autre des conséquences d'une révolution à laquelle ii venait de participer si activement; sauver les Girondins était une pensée qui se présentait à lui au moment même où il consommait leur perte. Plusieurs de ses amis qui , soit par opinion sincèrement républicaine , soit pour se placer dans un sûr asile, étaient venus s'asseoir à la Montagne et sous son patronage , voyaient dans le triomphe de cette nouvelle insurrec* tion f la menace d'une horrible tyrannie ou d'un aâarchique désordre; ils pensaient , comme Danton l'avait souvent jugé, qu'on ne pouvait espérer un établissement raisonnable et régulier»' qu'en s'associant à ces hommes d'État, sans cesse ridiculisés et dénoncés par lui-même. Ainsi à la gauche ^ il y avait aussi des représentants qui croyaient que la Gironde était la dernière limite entre la lumière et les ténèbres, et qu'en la détruisant , on tombait dans le chaos \

Un petit nombre de conventionnels, éclairés ou raisonnables , se résignaient à subir le joug en silence. Entraînés, non^ point par leurs opinions, mais par les événements, ils tournaient un regard de regret vers la justice et l'humanité. A plus forte raison les trembleurs de la Plaine s'effrayaient de voir la Convention et la France livrées à la domination absolue de cette commune de Paris où, depuis le 2 septembre, était concentrée toute force réelle*; où les idées les plus incohérentes et les plus stupides avaient pris le nom

' Thibeaudeau.

■ Notice sur Sieyès, écrite par lui-même en M9i.

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