ADAM LUX
qu'elle n'eût versé son propre sang pour la caus^ de rhumanité.
Malgré la peur qui imposait silence à tous le» sentiments 9 il fut possible de remarquer combiei d'intérêt et d'admiration se portait vers Charlotti Corday. Un étonnant exemple de sympathique enthousiasme fut donné par un jeune homme, dont 1< caractère et Texaltation avaient une grande ressemblance avec celle qu'il admira au point de vouloir mourir pour honorer sa mémoire.
Adam Lux était Allemand, docteur en philosophie; il se trouvait depuis quelques mois à Paris, comme député de Mayence chargé de demander la réunion de cette ville à la république fï*ançaise; il fut d'abord présenté à la société des Jacobins. Les opinions quUl y entendit exposer, le langage qu'on y parlait lui causèrent un tel dégoût qu'il ne revint plus aux séances. 11 se lia d'amitié et de conformité politique avec les Girondins, particulièrement avec Guadet et Pétion. 11 allait presque tous les jours à la Convention ; plus il écoutait la discussion , plus il se sentait d'attachement et de respect pour ses amis. Son désespoir et son exaltation, après le 31 mai, s'animèrent au point qu'il forma le projet de se présenter à la barre de l'Assemblée et de se brûler la cervelle. Il pensait qu'on aurait recherché la cause de ce suicide, et que le lendemain de sa mort il aurait été donné lecture d'une sorte de testament où il peignait la douleur qui lui rendait la vie insupportal)le : le temple de la liberté profané par une poignée de méprisables séditieux ; la représentation nationale violentée et opprimée; la souveraineté usurpée par les