‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 73 sur 108 · DISCOURS DE DANTON · texte numérisé non relu

DISCOURS DE DANTON

raillés par les factions. Le peuple a confiance en vous; soyez grands et dignes de Ini. Si votre faiblesse ne le jsauye pas ^ il se sauvera sans vous. »

Le comité de salut public sembla eflrayé de la responsabilité que Danton voulait lui imposer. Barère , Cambon , Saint-André , demandèrent la conservation des ministres y reculèrent surtout devant le maniement des finances , et virent un grand danger dans ce gouvernement provisoire et nouveau. Robespierre lui<-ftiênie n'approuva point la proposition; elle lui parut vague et d*un succès incertain. Il pensait que supprimer le conseil exécutif n'était pas un bon moyen de faire marcher le gouvernement. Couthon fut du même avis. Lacroix , qui était tout à fait Thomme de Danton , insista seul sur les avantages de son projet. Robespierre avait demandé rajournement; Thuriot proposa le renvoi au comité.

Danton avaitinquiété l'Assemblée et lui avait déplu. Ce langage impérieux, cette affectation de supériorité, les questions d'argent, sur lesquelles Danton était toujours écouté avec méfiance, ne pouvaient lui concilier la faveur de la Convention. Il répondit en se plaignant des calomnies qui le poursuivaient et jura par la liberté de sa patrie que jamais il n'accepterait de fonctions dans le comité de salut public. Un rapport présenté peu de jours après par Hérault de Séchelles,' sans repousser la pensée de Daûton, se bornait à remarquer que les attributions du comité et la confiance que la Convention lui accordait , comportaient la faculté d'exercer tous les pouvoirs nécessaires ; de sorte que le projet se réduisit à ouvrir un crédit de cinquante millions sur la -trésorerie nationale.

ACCUSATION DE CAEHÀ. 245

Parmi les dangers qui^ de tous côtés, menaçatent la républiquei et les mesures qui allaient successivement appesantir sur la France la plus étrange et la plus sanglante tyrannie , le parti vainqueur n'oubliait pas ses vengeances contre les Girondins. Quelquesuns siégeaient encore sur les bancs de la Convention et n'avaient pas été compris dans les deux catégories du décret du 28 juillet. Côuthon, organe du co* mité' de salut public ^ prit occasion du mouvement d'opinion qui^ depuis quelques jours , s'était élevé contre la perfidie du gouvernement anglais, pour proposer là mise en accusation de Carra. La corruption par l'or étranger, les correspondances avec le ministre Pitt ou le prince de Cobourg , la qualification d'agent des despotes coalisés étaient une des imputations que les deux partis s'adressaient mutuellement. Carra avait été, en 1791 et 1792, le journaliste le plus violent dans ses attaques contre le roi ; il était du comité insurrectionnel par qui le 10 août avait été tramé et dirigé; son vote dans le procès n'avait point fait défaut aux ennemis de Louis XVI. Le comité de salut public imagina, pour prouver son intelligeûce avec l'Angleterre, de rechercber un article du 26 juillet 1 792 où , presque sous forme de plaisanterie , il avait indiqué le duc d'York et le duc de Brunswick comme devrais amis de la liberté, qu'il serait heureux de voir régner sur la France.

Aucun autre motif d'accusation ne fut allégué, et le décret fut adopté sans discussion. Carra était absent ; il arriva et demanda à se justifier. On l'envoya à la barre. Son apologie fut humble. Il avait déjà, dans son journal, pris soin de louer le 31 mai et de recom-

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