DISCORDES INTESTINES DANS LA CONVENTION
toate réponse : « Ne craignez rien ; nous sauveMns la Uberté M »
Un de cesvdéputés de la Plaine, qui vivaient dans un silence craintif, Vernier prit la parole. « Quand vous avez jugé le ci-devant roi, j'ai eu la simplicité de croire que les opinions étaient libres; je me suis trompé. Je suis un de ces scélérats qui ont voté Tappel au peuple et le bannissement du tyran, un dé ces scélérats avec qui oni ne veut ni paix, tii trêve; et comme je crains d'échapper à cette noble proscription, je viens me dénoncer publiquement. »
Il fit la peinture des deux partis opposés, de leurs discordes funestes à la chose publique , et de leurs torts réciproques; se montrant plus sévère à ceux qui, dès le commencement de la session, voulaient dominer l'Assemblée par leur coalition avec la commune et les Jaeobins. « Les plus vils et les plus perfides sont ceux qui, au lieu de servir le peuple, s^abaissent à l'aduler pour le corrompre. »
L'exhortation qu'il adressait aux uns et aux autres se terminait par un conseil peu praticable : « Que les pins passionnés die chaque parti deviennent simples soldats,, et marchent à l'armée pour y donner l'exemple de la soumission et du courage. »
La majorité -inclinait visiblement pour la Gironde; plusieurs des représentants, qui avaient signé l'adresse d)ss Jacobins, rétractèrent leur adhésion. En même temps les tribunes publiques devenaient menaçantes de vociférations et de gestes. Le président ordonna aux gendarmes d^arrèter un des spectateurs qui se faisait remarquer par une violence plus
* Rédt de Cambpn a la Convention, séance du U vendémiaire an m. — Révolutions de Prudhomme.
38 ACTK d' ACCUSATION DE MAEAT.
grande. L'ordre ne put être exécuté ; les hommes qu b occupaient cette tribune, se mirent en rébellion; il fallut dire que la Convention méprisait de telles inaultesy et la discussion continua.
Camille Desmoulins était un des plus habituels in-terrupteurs ; il faisait entendre incessamment de& apostrophes, et presque jamais des discours. 1! annonça que les sections viendraient bientôt demander Texpulsion de vingt-deux députés. (( C'est parce qu'ils se voient près de périr qu'ils rejettent sur les patriotes la complicité avec Orléans, a II ne voulait pas mettre en doute leur culpabilité , car a en matière de dénonciation, on ne peut exiger de preuves juridiques; les présomptions suffisent. » — C'était la citation des propres paroles de Génsonné, lorsqu'il avait dénoncé le comité autrichien. — « Quelle présomption decoiaplidté peut être plus forte qu'une correspondance suivie avec Dumouriez?
— * Cette correspondance a cessé, répondit Gensonné, lorsque Danton a donné son neveu pour secrétaire à Dumouriez. »
L'accusation proposée par le comité contre Marat n'était point motivée sur l'adresse qu'il avait signée, mais sur deux articles de journal; l'un, du 8 janvier, provoquait à la dissolution de l'Assemblée ; l'autre, du 25 février, invitait le peuple à piller les magasins.
Personne ne prenait sa défense. Robespierre déclara qu'il savait apprécier Marat: « Il a commis, disait-il, des erreurs,^des fautes de style; mais ses accusateurs sont des conspirateurs et des traîtres. Ce n'est pas contre lui seul qu'on veut porter un décret d'accusation ; c'est contre vous, vrais républicains, qui avez