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Gueldre ; mais tandis qu'on ne noos parlail que de succès et de prodiges , tout était disposé pour nous enlever en un moment la Belgique. Steingel et Mii^nda y le premier aristocrate allemand j Tautre aventurier espagnol , chassé du Pérou , ensuite employé par Pitt, et donné pai' FAngleterre à la France, par Tentremise de Brissot et de Pétion , enfin adopté particulièrement par Dumouries , nous trahissaient en même-temps à Aix-la*Chapelle et à Maestricht. Une partie de l'armée , exposée dans un poste désavantageux, appelée improprement avant-garde , puisqu'elle n'avait rien derrière elle , disséminée sur un si grand espace de terrain qu'en cas d'attaque les corps qui la composaient ne pouvaient se rallier ni se soutenir , est livrée à une armée ennemie dont notre général av^t l'air de ne pas soupçonner l'existence : il avait repoussé tous les avis qu'on lui avait donnés de son approche. Les corps les plun dis^ tingués par leur patriotisme sont les plus spécialem,ent trahis et égorgés par les ennemis; le reste est obligé d^ fuir. En même-temps le siège de Maestricht, enti^epris sans aucun moyen, avec des boulets qui n'étaient pas de calibre, dirigé par une perfidie profonde pour se défaire de nos plus braves défenseurs , en les exposant sans défense à l'artillerie supérieure de nos ennemis , le siège de Maastricht est levé avec précipitation ; nos conquêtes sont abandonnées ; les bravea Liégeois » nos fidèles alliés , devenus nos frèras , sont remis sous la hache des tyrans , pour expier encoi^e une fois leur généreux attachement à la cause de la France et de la liberté.
Dumouriez laisse son armée dans la Gueldre, et se rend dans la Belgique pour se mettre à la tête de celle qui a été trahie. Ya-t-il se plaindre d'avoir été lui-même trahi par les généraux? Ya-t-^I les dénoncer à la Convention? Non^ il jette on voile sur la trahison , parle seulement de quelque imprudence de la part du général de 1 avant-^arde , montre la plus grande confiance dans l'armée , et promet de la conduire à la victoire. Il donne une bataille ; elle est perdue : cependant le centre et l'aile droite , suivant lui , ont en l'avantage ; mab l'aiU
gauche a plié. Or, Taile gauche était commandée préciaémeoft par ce même Miranda qui avait trahi à Maéglrichti» La suite de ce Douvel échec est la perte de la Belgique» Alors Dumourie». se découYi^ tout entier ; il se déclare ouyertement pour les gé-» néraux perfides; il se plaint du décret qui mande à la barre Steingel et Lanoue ; il fait le plus pompeur éloge de ce dernier, convaincu d'avoir conspiré en faveur du tyran avant la Révolution du mois d'août ; il veut que la Convention imite le sénat romain , et qu'elle remeixie lés traîtres, de n'avoir pas désespéré de la patrie ; il menace de l'abandonner si Ton contrarie aucune de ses vues ; il loue le civisme de Miranda et de tous les autres généraux et officiers sans distinction ; il impute tons nos revers aux soldats ; il oublie que lui-même les avait attribués au moins à la négligence de celui qui commandait à Aix-la-Chapelle ; il oublie qu'il avait vanté lui-même le courage et la conduite de l'année j et surtout la patience héroïque avec laquelle elle avait supporté la disette et des fatigues au-dessus des forces humaines , dans tous les temps , et récemment encore au siège de Maéstiicht ; il prétend que l'armée n'est qu'im ramas de lâches et de pillaixis : ce sont ses propres expressions : il fait plus ; il déclame avec, la même insolence contre les nouveaux défenseurs qui volent vers la Belgique de toutes les pai'ties de la République pour réparer ces revers ; il les appelle des brigands.
Tandis qu'il écrivait tout cela , il abandonnait la Belgique aux despotes, il leur abandonnait nos immenses provisions qu'il j avait amassées. Il avait ordonné aux commissaires de compter quatre millions aux Belges ; mais auparavant il avait eu soin , en partant , d'j éteindre autant qu'il était en lui toute espèce d'affection pour les principes de notre Révolution , et d'y allumer la haine du nom français : il avait été jusqu'à puhher hautement , dans une lettre adressée à la Convention , que la Providence punissait le peuple français de ses injustices ; il avait peint Paiis comme un théâtre de sang et de carnage , la France comme h; séjour du crime et de l'anarchie , les
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députés patiioles comme des fous ou comme des scélérats ; il avait foulé aux pieds Tautorité du gouvernement français , il avait fait des proclamations qui , sous le prétexte de réprimer certains actes impolitiques , tendaient à réveiller tous les préjugés du fanatisme et de Taristocratie; il avait rétabli dans leurs fonctions les administrateurs destitués pour cause d'incivisme par les commissaires de la Convention Nationale ; il avait détruit les sociétés populaires attachées à notre cause . Il a voulu exécuter tous ces forfaits « en disant qu'on avait irrité les Belges par quelques actes de cupidité et d'iri'éligion Sans
doute c'était le comble de Tétourderie , et peut-être de la perfidie j de faire la gueiTe à des saints d'argent ; mais qui pouvait prévenir ces désordres si ce n'était un général tout puissant?
Quant aux commissaires du pouvoir exécutif, contre lesquels il a paru sévir , qui les avait nommés , si ce n'est son propre parti? n'étaient-ils pas l'ouvrage de Roland et des minisli^s coalisés avec le généralissime Dumouriez?
Ni les déclamations, ni les ordres sévères de ce général intrigant contre un Cheppis et contre d'autres créatures de la même faction , ne prouveront jamais qu'il n'était point d'intelligence avec eux. Pour exécuter le projet d'empêcher la réunion de la Belgique à la France , il fallait que la faction employât à la fois des agens qui s'appliquassent à mécontenter les Belges , et un général qui profilât de ce mécontentement pour les éloigner à jamais de notre révolution.
On parle de désoi^anisateurs connus pour semer le trouble
dans l'armée Mais quoi de plus facile aux généraux que
de les réprimer, que de maintenir une discipline sévère , si tous les généraux perfides n'avaient besoin de ces moyens pour exécuter et pour pallier leurs trahisons?
Lafayette aussi entretenait , autant qu'il était en lui , des désordres dans son armée pour la calomnier , pour la dissoudre et pour perdre la liberté î H n'avait oublié qu'une chose, c'était de débuter, comme Dumounez , par im succès.
Enfin Dumouriez a levé Tétendard de la révolte ; il menace
(le marcher sur Paris pour ensevelir la liberté sous ses ruines ; il déclare qu'il veut protéger les ennemis de la libei*té que la Convention renferme dans son sein , contre les députés attachés à la cause du peuple , qu'il appelle aussi des anarchistes et des agitateurs, il ne dissimule pas le projet de rétablir la royauté. Après avoir fait égorger une partie de Tarmée il trompe Fautre , et s'efforce de la débaucher après Tavoir calomniée à son insu ! Fier du succès de ses trahisons , gorgé des trésors qu il a puisés dans la Hollande , dans la Belgique et dans les caisses nationales , dont il s'est emparé ; fort de son alliance avec nos ennemis, à qui il a livré nos magasins; fort de Tappui des Belges, qu'il a armés contre nous, il cherche à jeter le découragement dans la nation, il s'efforce de deshonorer le peuple français et nos braves défenseurs aux yeux des peuples étrangers; il nous annonce hautement qu'il ne nous reste aucune ressource. Dans ses lettres officielles à Beurnonville > il parle avec une joie insolente des troubles qui allaient éclater au miheu de nous ; il en présage de nouveaux ; il nous montre déjà les départemens du Nord , du Pas-de-Calais , de la Somme, en état de contre-révolution; il déclare en propres termes que nous ne pourrons tenir tète à nos ennemis, parce que nous serons obligés d'employer nos forces à réprimer ceux du dedans. Il nous montre nos places sans défense , et il ose nous déclarer que nous n'avons d'autre parti à prendre que de demander la paix et transiger avec les despotes , que dis-je? il ose se montrer lui-même comme médiateur!
Tel était le coupable secret de la conspiration tramée depuis long-temps contre notre liberté. Le chef de la faction l'a dévoilée au moment où il croyait pouvoir l'exécuter avec succès. En effet> tout* semblait disposé à la favoriser. Un ministre de la guerre audacieux et hypocrite avait été nommé tout exprès par la faction pour les grands événemens qui devaient arriver; en peu de temps , il avait purgé les bureaux de la guerre , les garnisons et l'armée , de tous les agens et de tous les chefs patriotes ; il les avait remplacés par des hommes plus que sus^
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[)ects ; il avait Laissé nos places fortes sûDsgarttisoB et sans munitions. On se rappeUe avec quelle hardiesse il trompait la GHàvention Nationale sur l'état de nos affaires dans la Belgique , au moment où les trahisons des généraux les avaient déjà perdues , et comment les fausses xtouvelles qu'il débitait furent démenties par les commissaires de rAssembiée. Tous les autres généraux étaient entrés dans ce vaste plan de coa^iratûm j et, pour mieux en assurei* le succès , le ministre avait nus le comble à ses attentats, en ûisant suspendre laÊJmoadon des armes dans toutes nos manufactures. Dans le même temps., on excitait des ti^oubles dans une grande partie de la France^ et surtout dans nos départemens maritimes. Les aristocrates révoltés avaient levé de grandesarméesbien approvisionnées ; ils avaient saccagé des villes ; égorgé une multitude de patriotes ; et personne n'avait songé à r^>rimer cette conspiration tramée depuis quati^e mois, et ni le ipinistère, ni le comité «le défense générale , composé en grande partie de la faction que je dénonce , n'en avaient donné avis à l'Asssemblée ni à la joation ; enfin , le ministre de la guerre nomme un gâiëral pour cornmandei^ les patriotes , et ce général , Marcé , est vu traitre qui livre notre artillerie a4ix révoltés , et qui mène les défensears de la liberté à la boucherie ! Partout il nomme -des officiers également perfides, des Wittinghoff, des d'Hermigny, des Ligonier^ il montre surtout dans ses choix une prédilection singulière poar les étrangers, pour les sujets des décotes ennemis , et quelquefois même pour les parens de nos tjrans. Grâce à ces cruelles machinations, les ti^oubles se prolongent^etla victoire coûte beaucoup de sang aux lépublicains* On vieivt nous dire que le ccdme pourra être rétabli dans six semaines ou deux mois» Deux mois de guerre civile et de massacre des phis zélés patriotes! Quand Tinlame Dumouriez conspirait contre novs dans la Belgique avec les despotes de l'Europe et tous les ennemis de l'in teneur, Dumouriez nous annonçait avec luie insolente satisfaction que, dès le moment ok iWfuiiioKe serait passé , nos départemens maritimes leraieat envahis paries »-
glais. Encouragés pdr tant d*attentat8 , les my^ltstes relevaient une tête audacieuse , et osaient menacer ies amis àe la liberté.
Et pourquoi non? Ne pouvaient-ils pas compter s«r Tascenliant que la faction exerçait au sein de TAssemLlée Nationale? N'él5àit*-ce pas elie qui depuis long-4emps déprarait l'esprit public dans les départemens révoltés? Et les massacres de la Bretagne, et le fanatisme royal et religieux qui égaraient les habîtffiM des clànpagnes , n'étaient-ils pas les dignes fruits des écrits empoisonnés qu'elle avait semés sur la surface de cette importante contrée , de k coirespondance perfide des députés qui suivaient sa baiil^ière , enfin des persécutions suscitées à iottB les vrais républicains? N'était-ce pas elle qui chacpe jour cherchait À dégoûter ce peuple de la Révolution , en aggravant sa misère^ qui repoussait toutes les mfcsures nécessaires pour réprimer la fureur àe Tagiotage , pour assurer la subsistance publique , pour mettre un frein A l'excès des accaparemens? N^élait-ce pâte elle qui faisait, défaisait les ministres, protégeaktdus leurs crimes, et multipliait les cmispirateurs par l'in^unité? N'était-ce pas elle qui , à la place dés lois bienékti- -santes '^jue sollicitaient les besoins pressans de la patrie , ne oouB donnait que des déclamations , des libelles et des cri- «les?
Mais son audace redoublait surtout au moment ou la conspiration était près d'éclater. Avec quelle perfidie ils désorganisaient tout, en criant aux désorganisatéurs! Avec quelle lâche druauté ils cherchaient à exciter dans Paris quelques petits iB;duvemens irriëtocratiques potfr préparer au traître Dumourie2 le prétexte de marcher contre cette cité , et à les imputer eâ^te aux patriotes dont le zèle les avait constamment écar* t^ ! Voyez quel affreux parti ils ottt voulu tirer d'un atti owpettfeht excité pat eux, qui s'était porté chet quelques épiciers ! Vbye^ comme l'exécràible DumourieîK, dans sa lettre du i% mars à la Convention , travestit la Venté illégale et forcée des inardi^dises de quelques mefipchands et de quelques accîapa-