PIÈCES
reurs en aoënes de sang et de carnage , et comme il en conclut qu'il doit faire la guerre à Paris et aux patriotes.
Ils avaient dénoncé les députés patriotes qui avaient pressé la condamnation du tyran comme des agitateurs , et il déclare qu'il veut employer la moitié de son armée à les subjuguer' Ils avaient déclamé contre les tiibunes, c'est-à-dire, contre la portion du peuple qui pouvait assister aux séances de l'Assemblée représentative; ils avaient protesté solennellement qu'ils n'étaient pas libres, lorsque le tyran avait été condamné^ et il menace les ti*ibunes , et il promet d'aller bientôt affi*ancbir de leur influence la faction qui avait voulu sauver le tyran, et qu*il appelle la partie saine de la Com^ention Nationale! Il proclame leurs principes; il consacre leurs calomnies; il déclare la guen*e à leurs ad Versailles ; il rédige , eu forme de manifeste contre la république , les joui*naux des cbroniqueui^s, des Brissot, des Gorsas, des Rabaud , des Gensonné , des Yergniaud , des Guadet , etc. , comme eux, il veut être , dit-il , le restam^ateur de l'ordre public , le fléau de l'anarcbie , le libérateur de son pays ; enfin il déclare hautement qu'il veut redonner un roi à la France I Quel était le roi qu'il voulait nous donner? Peu importe sans doute aux républicains qui les détestent tous également ; mais c'était apparemment quelque rejeton de la famille de nos tyrans. Or, pai*mi les généraux de la Belgique, je vois Valence, l'ami de Dumouriez; Valence, le gendre de Silleiy, le confident intime du cidevant duc d'Orléans; Sillery, ci-devant comte de Genlis; ce seul nom dit tout : je vois le ci -devant duc de Chartres , promus au commandement des armées , dans un âge où les citoyens sont à peine dignes d'être soldats ; je vois dans le camp de Dumouriez la sœur de ce jeune générai avec la ci-devant comtesse de Geqlis, la plus intrigante des femmes de l'ancienne Cour, malgré ses livres sur l'éducation ; je vois le victorieux Dumouriez aux pieds de la sœur et dans une attitude respectueuse en présence du frère !
Je vois ensuite le fils de d'Orléans écrire comme. Dumou-
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riee ^j^l^ vma fuir précipitammeDt avec Diunouriex y ayec Valence ) et je n ai pat i3esoia d^6ii savoir davantage pour con-* Dakire la faction toute entière ) je devine la perfidie profonde deâ conspirateurs, qui , pour couvrir leurs cottplots d'un voile impénétrable » avaient feint de vouloir expulser tous les indirvidus de la ci-devant famille royale, dans un temps oit la France entière ne voyait aucun motif à cette proposition imprévue , dans un temps oii les patriotes de bonne foi croyaient défendre , en les repoussant , les principes et Tintégritë de la Convention Naticnaleé Je conçois pourquoi ils demandaient Téloignement des Bourbons en général , pour éloigner la condamnation de la royauté dans la personne de Louis XY I ^ et pouiquoi depuis la punition du tyran ils ont oublié et même rejeté cette mesure , dans le moment oii l'aristocratie levait Tétendard de la révolte pour établir la royauté.
Les amis et les complices de Dumouriez , membres du comité de défense générale , connaissaient sans doute ses secrets mieux que personne f mais ils comptaient sur le succès de sa criminelle entreprise. Aussi nous les avons vus d'abord excuser la lettre insolente du i a mars , à la Convention , sous le prétexte que ce général devait èti^e irrité par les dénonciations faites contre lui dans les sociétés populaires ; nous les avons vus cherchant à écarter les accusations qu'ils redoutaient , en se hâtant de répéter leurs déclamations ordinaires conti'e les députés patriotes, contre les jacobins, etc. Là nous avons entendu Yergniaud , prétendre que les opinions politiques de Dumouriez étaient indifférentes , et qu'i 1 était intéressé à la cause de la révolution, là nous avons vu Gen^cmné s'indigner de ce qu'on donnait à Dumouriez les qua lificaUt ns qu'il méritait, et vanter impudemment son civisme , ses services et son génie. Il est prouvé que Gensonné entretenait une correspondance habituelle avec Dumouriez , courrier par courrier , et Gensonné voulait se charger vis-à-vis des membres de la Convention , présens au comité du rôle de médiateur auprès de son correspondant et de son ami Dumouriez ! Là nous avons vu
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Pétion embrasser avec chaleur la défense de Miranda, et après que j'eus déuoDoé en général, et Steîngel et Lanoue, se lever en courroux , en disant que Ton dénonçait toujours sans preuves ; et le siège de Maéstriclit était levé , et Farmée trahie à Aix-4a- Chapelle > et la Belgique livrée à nos ennemis, et c'était le moment où 1 on délibérait sur la révolte déclarée de Dumouries!
Là nous avons vu le même jour Brissot , pour toute mesure de salut public , déclarer que la Convention Nationale avait perdu la confiance publique , que son unique devoir était de fiiire bien vite la Constitution et de partir. Je l'ai entendu proposer de s'arranger, dans le comité de défense générale , sur les divers articles de la Constitution qui pourraient partager les avis, et de les faire ensuite adopter d'emblée par la Convention , pour éviter, disait-il , des débats scandaleux. Là nous avons vu des chefs de la faction refiiser ensuite de discuter la conduite de Dumouriez , pour proposer un rapprochement entre ses amis et ses adversaires , et , sous le prétexte de s'expliquer, renouveler toutes les calomnies dont ils avaient tant de fois souillé la tribune et les papiers publics. Nous avons «ntendu les ministres apporter à ce comité des nouvelles et des projets illusoires concertés d'avance avec eux ; nous avons vu le ministre de la guerre déclamer contre l'insubordination des soldats, sans vouloir convenir de la perfidie des généraux, pi'ovoquer des mesures rigoui*euses contre ceux qui médisaient des généraux, citer pour preuve de leur républicanisme la fameuse blessure de Valence ; nous l'avons entendu faire l'éloge ilu système défensif, nous garantir la neutralité de la Savoie et du comté de Nice y comme si ces deux départemens français étaient pour nous des conti*ées étrangères; nous l'avons entendu préparer une trahison ultérieure , et nous annoncer d'avance la retraite de Custine ; nous l'avons entendu répéter tous les lieux communs de Dumouriez sur l'éloignement des Belges pour la Révolution française , et le comité approuver beaucoup toutes ces vues ; nous a vons entendu surtout Brissot ; à
Ce jpÉt>]p09-là même, déclarer que nous étions trop heureux que ^esprit public des Belges ne fût pas plus français , par la raison tpi'en renonçant à la Belgique nous pourrions avec plus de faciliter obtenir la paix des puissances ennemies. Brissot fat toujours le plus hardi des conspirateurs à jeter en avant les idées de transaction , ouvertement proposées par Dumouries. Dans ia discussion de Taffaii^e de Louis XY I , il osa demander qull fût sursis à l'exécution du décret qui le condamnait , jusqu'à ce que Topinion des puissances étrangères > sur ce jugement, nous fût manifestée. C'est lui qui nous avait menacés de la colère des rois de l'Europe , si nous osions prononcer la peine de mort contre le tyran. Brissot! Combien de faits n'au^ rais- je pas à rappeler sur lui et sur la faction dont il est le chef!
Enfin nous avons vu le comité de sûreté générale s'appli-*quer constamment à retarder toute mesure nécessaire au salut public ; pour donner le temps à Dumouries d'exécuter sans obstacle ses détestables projets ; ensuite on le recomposa de vingt-cinq membres qui apartenaient tous à la faction > excepté cinq ou six patriotes qu'elle y avait introduits par une sorte de transaction , pour endormir les amis de la liberté et faire servir des noms qui inspiraient la confiance à couvrir leurs perfidies.
Aussi Dumouriez écrivait-il que ce comité était 6iên eomrposé, d f exception de sept à huit membres. Indigné de tant de perfidies et reconnaissant le motif qui avait engagé les in-'trigans à me choisir, je déclarai hautement à la Convention Nationale que ce comité n'était que le conseil de Dumouriez , et que , ne pouvant lutter contre la majorité , je donnais pu->bliquement ma démission. Nous avons vu avec douleur qu'égarée par la même influence la Convention avait envoyé à Dumouriez cinq commissaires , dont l'arrestation était concertée d'avance, et surtout ce Beumonville, qui fut arrêté par son complice ! Que dirons-nous de la comédie grossière de cet aide-de-camp qui vint deux jours après raconter à la Con-^
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vention Nationale qull aTait reen un coup de sabre d'un satellite de Dumouriec y et de cette paaqirinadé plus grossière encoi*e de DumourieE , qui se plaignait de ce que son confident BeumonyiUe était Tenu pour l'assassiner au milieu de son aimée , et qui ensuite disait hautement qu'il répondait de lui parce qu'il était son ami !
Qu'aTOna^nous vu depuis ce temps , jusqu'au moment où je parle? Aucune mesure décisive pour le salut de la patrie, parce que l'influence de la faction les a toutes dirigées. Quelques individus ont été mis en état d'an*estation , le scellé a été apposé sur leurs papiers, mais après qu'ils ont été bien et duenient avertis , et que plusieurs d'entre eux , tels que Sillery et d'Orl^ns ont eux<anème9 invoqué cette formalité , Bonne^rrëre , Laclos , Sauvin , et d'autres également suspects , ont été rélâchés aussitôt qu'arrêtés. On a mis en otage tous les Bourbons, mais il fallait remettre les prévenus entre les mains de la justice ^ les constituer en otage , et les envoyer aux extrémités de la République, qu'était-ce autre chose que les'soustraire à l'empire de la loi et à l'autorité du tribunal révolutionnaire, que les conspirateurs redoutent? Qu'étaitH^e autre chose que les réserver en quelque sorte comme des objets d'échange avec nos commissaires, arrêtés par la connivence deDumouriez avec les chefs de la faction , et comme des mojens de transaction avec les tyrans?
Plusieurs circonstances ont dérangé ici le cours de mes idées, et si j'en ai présenté une partie en ce moment sans mettre en ordre la suite et en résumer les conséquences, c'est que l'audace des conspirateurs m'a paru à son comble , que cette audace avec laquelle les conspirateurs cherchaient à détourner l'opinion publique de leurs complots par une de œs farces auxquelles ils sont accoutumés, méritait d'être réprimée : c'est que j'ai ci-u qu'il était important de jeter en avant ces idées. Je pose cette accusation, et je la soutiendrai devant la Convention Nationale , si elle veut s'en occuper d'une manière calme , approfondie et impartiale; surtout si elle veut m'enten-
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di-e après que les accusés se seront défendus à cette Uibune.
Mais je soutiens que dès ce moment il est prouvé aux yeux de tout homme de bonne foi que si Dumouiiez a des compÛces, ce ne sont que <ïeux que j'ai désignés; que s'il existe une faic^ tioiiy c'est elle que j'ai indicpée.S'il eût été en mon pouvoir de prendra les mesures qui seules peuvent donner aux incrédules l'unique genre de preuves qui peut les subjuguer, des preuves écrites, émanées des coupables même ; si j'avais composé à mon gré les comités diplomatique et de défense générale ; si j'avais disposé du ministère , je vous les aurais apportées , ces preuves écrites , auxquelles on n'a pas osé toucher ; j'aurais montré tout entier ce dépôt , caché dans l'antre des Tuileries , et je n'eusse pas donné le temps aux coupables de s'échapper , et de mettre à l'abri les papiers qui pouvaient les compromettre.
Mais lorsqu'il est question d'une conspiration politique qui tient aux événemens, n'est-il pas d'autres preuves qui peuvent être suffisantes? Les faits publics, par exemple; ce sont ces preuves là que j'apporte : si elles ne suffisent pas à tel ou tel individu , elles serviront du moins à Topinion publique , à la nation ^ qui , comme Thistoire , jugeront sans partialité.
Je demande que les individus de la famille d'Orléans , dit Egalité j soient traduits devant le tribunal révolutionnaire, ainsi que Sillerj , sa femme. Valence , et tous les hommes attachés spécialement à cette maison ; que ce tribunal soit également chargé d'instruire le procès de tous les autres complices de Dumouriez. Oserais- je nommer ici des patriotes aussi distingués que MM. Yergniaud, Guadet, Gensonué, Brissot, et autres? Je n'ose pas dire quW homme qui correspondait jour par jour avec Dumouriez doit être au moins soupçonné de complicité j car à coup sûr cet homme est un modèle de patriotisme , et ce serait une espèce de sacrilège que de demander le décret d'accusation contre M. Gensonné. Aussi bien je suis convaincu de l'impuissance de mes efforts à cet égard , et je
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m*en rapporte pour tout ce qui concerne les illustres membres à la sagesse de la G>nvention.
Je renouvelle en ce moment la même proposition que j'ai faite à Tégard de Marie-Antoinette d'Autriche y je demande que la G>nvention Nationale s'occupe ensuite sans relâche des moyens de sauver la patrie et de soulager la misère du peuple.