‹ Histoire de la Convention nationale, d'après elle-mêmeChapitre 6 sur 34 · S4 HISTOIRE · texte numérisé non relu

S4 HISTOIRE

« Un ennemi de plus pour la France, dit froidement ce rapporteur du comité de deTense générale, n'est qu'un triomphe de plus pour la liberté! Voilà les paroles qu'il faut adresser à ces timides amis de la République qui se laissent abattre par la nouvelle de la retraite d'un avant-poste , et par le retard d'une victoire »

Barrère énumérait ensuite les griefs de la France contre la cour d'Espagne; il démontrait la malveillance de cette Cour; toutes ses manœuvres secrètes ; sa haine de notre révolution ^ et ses projets contre l'affermissement de la liberté que les Français s'étaient donnée.

« Si le roi d*Espagne, disait Barrère, ne vous a pas plus tôt déclaré la guerre, c'est qu'il a des troupes moins actives que sa vengeance; c'est qu'il a cher* ché à éviter l'apparence d'une aggression dès longtemps préparée; c'est qu'il voudrait pouvoir vous accuser auprès du peuple espagnol , pour nationaliser la guerre > s'il le pouvait, comme les Pitt, les Granville l'ont pratiqué à Londres* Déjà le gouvernement espagnol a associé à ses projets de vengeance royale tous les corps ecclésiastiques : les prêtres excitent publiquement la crédulité du peuple à renouveler les crimes des Vêpres siciliennes; les inquisiteurs vont se transformer en militaires^ et les couvens offrent de faire marcher des milliers de moines pour cette croisade impie contre la liberté; déjà le fanatisme religieux prépare ses largesses, ses prières, et cette population monacale aussi lâche qu'inutile;

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il va renouveler aux ^eux de l'Europe le ridicule exemple de celte guerre de moines que virent nosi ancêtres »

(( Etvous^ citoyens libres de la France méridio* nale^ s'écriait Barré re en terminant son rapport, que vos alarmes cessent, que votre courage se relève!.,. Le despotisme vous insulte et vous menace ; mais le despotisme est vieux en Europe, et il fut lâche dans toutes les contrées. Le souverain de l'Espagne sommeille^ allez le réveiller, et aussitôt le fanajtlsme, qui soutient les prêtres et les rois, sera détruit.. ••» En allant venger vos frères, rappelez-vous que lorsqu'un des despotes de la France eut placé un de ses petits-fils sur le trône espagnol, il s'écria avec orgueil : // «y a plus de Pyrénées ï Portoas la liberté et l'égalité en Espagne par nos victoires, et nous dirons alors, avec plus de vérité : U rij a plus de Pyrénées. Les Pyrénées ne peuvent être une barrière contre des esclaves et des moines 1 »

Le comité de défense générale concluait à ce q^e la République française déclarât imjmédiatement la guerre au roi d'Espagne j et cette déclaration, mise immédiatement aux; voix, fut décrétée à l'ui^animité^ au milieu des applaudi3semea3 de rAssenjhlée et du peuple.

Qu'il était beau ce peuple ^ qu'elle était grande cette Assemblée,, qui, au milieu des revers, déclaraient la guerre à un ennemi de plus! Si le sénat romain s'immortalisa pour ne pas avoir désespéré du salut de la patrie après la bataille de Cannes j^ de

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quelle aurëole de gloire ne doit -oh pas entourer l'ombre de cette Convention Nationale^ si sublimé ' quand, oubliant ses dissentious intestines^ elle ne s'occupait que de la lutte dans laquelle la République était engagée! Ohl qu'un peuple qui allait ainsi au-devant des dangers, était fort, héroïque, invincible! Un pareil peuple, combattant pour ce que les hommes ont de plus cher, la liberté et Fégalité, devait nécessairement vaincre : il vainquit.

Mais ce ne fut pasr sans passer par lés plus cruel<^' les vicissitudes^ ce ne fut pas sans cou rit* les plus grands dangers: et si ces dangers le forcèrent à se montrer impitoyable envers ses ennemis, l'humanité seule pourra en gémir; mais la postérité l'absoudra, parce qu'il sauva la patrie et la liberté du monde.

C'en était fait, la République française n'avait plus un séiil allié ni sur terre ni sur mer; elle allait être assaillie de tous côtés^ par la meute des rois lignés cotHre ut> peuple qui voulait être libre; et, telle qu'un lion auX' prises, elle devait se défendre contre tous à la fois. Déjà l'Autriche et la Prusse s*avauçaient, soutenues par tous les Etats qu'elles entraînaient, et menaçaient la République naissante sur son point le plus vulnérable.

Lacroix, un des commissaires de la Convention dans la Belgique, était arrivé en toutè^ hâte poiir instruire la Corivention dé l'état des choses dans ce pays. Il se rendit, le 8 mars , au sein dé èétle Assemblée^ mais les malhétirs qu'il avait à annoncer lui

paraissaient si.grands^ qu'il n'osa pas les faire conuaif^re au public; il demanda que le comité de défense géuérale fût assemblé à l'iostant pour entendre les détails qu'il avait à lui donner.

. Laniarq ne s'éleva contre ce moyen: il rappela qu'après la défection de Lafayette, il avait été envoyé , avec deux de ses collègues^ dans le département des Ardennes ; qu'ils y trouvèrent l'armée du centre réduite à quinze mille hommes, disséminés^ manquant de tout^ et ayant à repousser plus de quatre -'vingtr'dix-mille ennemis, a Nous rendîmes c^ompie de cet affligeant état des choses à l'Assemblée, continua Lamarque; à peine eûmes-nous fait connaître l'extrémité où nous étions réduits, que cent mille hommes se portèrent sur la frontière pour repousser l'ennemi. Je demande que le rapport qu'a fait Lacroix soit annoncé à l'instant à la Convention.!) Barrère appuya la proposition de Lamarque : «Le secret, dit-il, ne sert qu'à augmenter les alarmes : il faut donc tout publier, si nous voulons empêcher les terreurs paniques des hommes faibles et les terreurs scélérates de ces âmes de boue et de sang

jqui ne cherchent que des prétextes de troubles

Une Assemblée qui est publique par essence devrait .délibérer sur la guerre au milieu de la place publique...,. Quand on annonce des dangers à la Convention Katipnale • elle devrait désirer que la nation entière se trouvât dans cette enceinte, parce que .nous la verrions se précipiter vers les points menaces^ pour repousser les despotes »

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L'Assemblée ayant décidé que Lacroix ferait à rinstant son rapport^ il monta à la tribune et raconta comment nos troupes dispersées près d'Aix-la-Chapelle ^ sur une ligne trop étendue, n'avaient pu faire résistance nulle part ; il dit que l'ennemi s'était glissé entre les corps y et que ceux-ci n^avaient pu se rallier qu'en abandonnant une partie de leurs équipages. Lacroix finissait par annoncer^ qu'au moment de son départ de l'armée^ il l'avait laissée à Saint-Trond^ où elle cherchait à se rallier.

Robespierre prend aussitôt la parole : il rappelle à l'Assemblée que la France s'est trouvée daAs une situation infiniment plus périlleuse, et qu'elle en est néanmoins sortie victorieuse, grâce an génie de la liberté qui combat pour elle. Il énumére ensuite les ressources de la France, et déclare que l'échec qu'elle vient d'éprouver ne retardera pas d'un instant le succès de la cause de la liberté du monde.

(( n nous reste, dit-il en terminant, à purger nos armées de l'esprit aristocratique qui s'est réfugié dans les états-majors, et de quelques traîtres qui seront écrasés comme des insectes par une grande nation destinée à punir tous les tyrans du monde. La Convention Nationale peut hâter celte heureuse révolution : il lui sufiit de dégager le peuple français des entraves dont il est environné, de s'élever elle-même à la hauteur du caractère divin dont elle est revétuei car c'est bien une mission divine que celle de créer la liberté, de diriger son impulsion toute puissante vers la chute de la tyrannie et la prospérité des peu-

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pies. Il lui suffira de tenir sans cesse le glaive de la loi levé sur la tête des conspirateurs puissans^ des généraux perGdes ; de fouler aux pieds tout esprit de parti et d'intrigue, et de ne prendre pour guide que les grands principes de la liberté et du bien public; de balayer tous les traîtres , de tendre des mains protectrices aux amis de la liberté du peuple qui a fait la Révolution, et dont la prospérité ne peut être

assise que sur les bases de l'égalité » Robespierre

terminait sa harangue en demandant que les propositions de Lacroix fussent mises aux voix.

Ces propositions consistaient à faire rejoindre tous les militaires absens par congés, ainsi que les volontaires; on leur accordait le délai de sept ligues par jour pour être rendus à leurs bataillons : les officiers étaient tenus d'être à leurs corps sous huit jours , à peine de destitution. Elles furent décrétées.

Danton , qui arrivait de la Belgique , Danton à qui l'on reprochait de ne pas avoir pris part dans les querelles de partis , et qui n'avait , en effet, songé qu'a s'amuser en Belgique s'empressa de joindre sa voix tonnante à celle de Robespierre : les dangers de la patrie avaient réveillé dans son âme ardente l'aflbction qu'il portait à la Révolution. La voir rétrograder et tomber sous les coups de l'ennemi eût été pour lui l'événement le plus funeste : il se serait déchii'é les entrailles de ses propres mains plutôt que de voir périr sa République; aussi accourait -il lui prêter l'appui de son audace.

» JNous avons fait plusieurs fois l'expéricuce, dit-

ily qrtiey tel est le caractère Français, qu'il lui faut des dangers poytr retrouver son énergie. £h bien! ce moment e$t arrivé^ Oui^ i| faut le dire à la France enttébe,::si vous nq volez pas au secours <le la fielgique, ».Dumouriez enjt enveloppé t» Hollande, si son armée est oUigëe de mettre' bas les arnieS; qui peut préviôir lés malkeurs) inèalculablês d'un pareil évçne-r mel^t? iLa fortune publique apéantie^ la mort de six cents mille Français pourraient en être les suites,, Gîtoy^eQS> vous n'avez pas une minute à perdre. .«•.. Il faut que Paris/ cette cité célèbre et tant calQmniéei) il &ut qm cette limité ^qu'oD aurait voulu renverser pour servir nos ennemis qui redoutent son brûlant patriotisme 9 contribue par son exempW à sauver la patrie. Je dis qUe cette ville ^st encore appelée i donner à la France l'impulsion qui, l'^mnée dernière, a enfanté nos triotnphes. Gomment se fait-il que vous n'ayez pas senti que, s*il est bon de faire des loi^ avec maturité, on ne fait bien la guerre qu'avec enibouiiaspiiePw.:.. ...

/:<c.'X6 demande, par forme de mesure provisoire et en attendant le ràppmt qui vous sera fait demain par rotr« comité de défense générale , que la Convention^ nomme des commissaires qui, ce soir, se rendront dafas tmites les sections de Paris, convoqueront les citoyens, leur feront prendre les armes, et les engageront^ au nom de la liberté et de leurs, sermens^ à voléi'àla défense delà Belgique. La France entière sentira le contre-coup de cette impulsion salutaire.M» - Danton terminait son ardente motion en excusant

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les ëaërauX; et en demandant néaninûids que Du«*i maurtéz fût appelé jsans délai au cominan dément dè> Parmée l^ttue. « Dàmoûriez, diUil^ rébnit au génie du général, l'art d'échauflQpr le soldat et de réncou-^ rag^er : nous avons 'énterida l'armée battue ledeman-^ der à grands crisi L'histoire jugera ses talens, sea passions, ses vices; mais il est certain qu'il estinlé*pëssé à la splendeur de la République. SHl est se^ cohdé f si l'anuée lui prête la main , il saura faire repentir les ennemis de leurs premiers succès, à

Dés iapplaudissemens réitérés siiivirdnt cette fiarangué, et lé décret proposé par Dadton fut rendu k fnnanimitéy dans les termes suivans t / a La Gonveotion NalioUale décrète que des çom*^ missâîreapris daâs son sein se rendront ce jour, daner les qtiarante-huit'sectionps de Paris, pour les insti^uircf de réiat actuel de l'armée, pour rappeler à tous les^ cifoyensi, 0n état de porter les armes, le serment Qu'ils ont prêté de maintenir jusqu'à la mort Tégalitéy la liberté, et' pour requérir, au nom de la pa-trié, de voler au secours de leurs frères dans la Bel-*

giqué. ''' \ \ ■

a De^ commissaires chargé» de la même inissibh

feront envoyés dans tous les départemens de la République. »

- En même temp», la Convention, pour prouver aux ennemis de la République qu'elle redoutait peu leurs succès éphémères, décréta la réunion de Louvaiti et dé Namur.

Jamais on n'avait vu tant d'accoi^d dans le sciii de

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la représentation nationale; jamais il n'avait été donné au peuple français une aussi énergique impulsion que celle qui allait lui être imprimée; jamais on n'avait mieux employé le temps que dans ce moment de crise ; et la Gironde, qui s'était toujours laissé traîner à la remorque dans la carrière révolutionnaire^ se prétait avec enthousiasme à mettre le peuple en mouvement. Philippeaux, qui alors votait avec les girondins ^ Gensonoé^ Fonfrède, disputèrent de zèle et de chaleur.

Cependant Duhem fit une proposition qui indiquait que quelques députés cherchaient à se débar-* rasser des obstacles qu'ils avaient rencontrés jusqu'alors pour faire marcher la Révolution. Il demanda que> vu les circonstances où la pairie se trouvait^ la Convention imposât silence à tous les folliculaires qui corrompaient Tesp rit public^ qui calomniaient les patriotes^ etqui jctaientl'alarmedansles départemens.

Cette motion, que Bourdon de l'Oise seulement appuya, fut vivement combattue par Fonfrède. « Je ne croirai jamais, dit-il, que l'inquisition soit la route pour arriver à la liberté. Sans doute ceux qui emploient et une partie de leurs feuilles et une partie de la séance à ranimer sans cessç l'esprit de parti et à fomenter des divisions, feraient mieux de s'occuper à éclairer l'opinion publique^ mais la Convention se déshonorerait si., au moment où elle redoublé d'efforts pour donner à la France une liberté illimitée, elle anéantissait celle delà presse, en rétablissant la censure* ))

DS I*A CONVXNTIOX NATIOMALl. 93

Jean Bon-Sainl-André défendit aussi les principes. « Je saLs^ dit-il, qae la raison publique s'alimente quelquefois de passions et de préjuges; mais je sais aussi qu'il est dans le cœiir de Thomme libre une tendance à la vérité, qui rend bientôt cette raison publique victorieuse, malgré les nuages que lui opposent l'envie, les vices, les passions et les vengeances particulières.. .. »

Après avoir déploré les malheureux abus que les journalistes faisaient de leur mission, abus qui excitaient de justes réclamations, Saint^André 8*écriait : (c Laissons , laissons croasser dans la boue et la fange ces vils insectes qui auraient du sentir combien il était glorieux pour eux de répandre les vrais principes de la justice^ de la raison, de la morale, de se dévouer à l'instruction publique, plutôt qu'à servir leurs passions, qui auraient du sentir qu'en laissant à part les passions, ils auraient pu prétendre à être les instituteurs de la République. Cette gloire les touche peu, sans doute, car ils ne l'ont pas cherchée, car il est des hommes qui ne s'occupent que d'injures et de personnalités, au lieu de s'occuper de la chose publique.... » La proposition de Duhem fut rejelée presque à l'unanimité.

Le soir, tout fut en mouvement dans Paris : les spectacles avaient été fermes pour empêcher toute distraction de TafFaire du salut public, et le drapeau noir avait été arboré à rHctel-de-Ville, en signe de détresse. Les commissaires de l'Assemblée trouvèrent les citoyens de toutes les sections auimés de l'ardeur

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4a plus vive; partout les empôlemens avaient dépass(^ TaÛente publique ; mais aussi partout la plus grande fsrmcutation commençait à régner. On se récriait contre Pégoisme des riches^, qui^ n'aimant pas l'é* ^alité^ se montraient peu jaloux de sauver la Révo* lution; on demandait qu'ils fossent imposa extraordinaireihènt 9 pour lea faire au moins contribuer à& leur bourse aux sacrifices que les ditconstances exi* paient. Gomme aua ieptonbre^ cèox qui se prc%en* •laient pour adler mourir sur les chanoips de bataille, émèttaienl le ^eùa que la Convention mit tous lois traîtres hors d^ëtat de nuire, etqM'dlie se débarras» sât dé ious les ministres, généraux et députés qui comproniettment le salùt public On se phugnait, en outre, des officiers qui abreuvaient de ^égoùts les volontaires.:

* I^ea commissaires de la Convention recueillirent ces vœux et ces plaintes, et promirent de ks' Caire qotQP^itre à la Convention.

CBAPfi'KS T.

Rapport de Gamot. •— Fermentation dani Paris. — AbolitioQ de la contrainte par corps. •— Élan des sections. — Dénonciation 4e Ganxm. •— Débats au sujet de la conspiration dénoncé^. — Organisation forte demandée par Robespierre. — Motion de Danton, — Atiaque contre ie ministère. — Débats relatif» «u tnlitinal extraordinaire. -*Iiisiirreetioii des aeetions. -^^Organisatipa définHjlTti dli tribonul rérolutÎMinapre.

Le leDdemaia, 9 paars^i Garnot se présenta à VAstsemblée pour y faire j au nom du oomité de défense

généralev^,^^PP^^^v^ impatiemoifiat attend»^ wr les mesures à prendre dans la sijtuatiou des choçm* « La liberté*^ qui s'assoupit dans les succès, ditr^il, se réveille à la voix du danger, fit son réveil est un triomphe. Les nouveaux exploits de nos armées seroDtt dus au léger échec qui nous rend notre énergie, firunswcik serait-il aujourd'hui le plus vil et le plus

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méprisé des despotes , s'il n'avait osé marcher sur Paris ? O vous qui l'en fîtes repentir 1 vainqueurs de TArgonne, l'heure du combat a sonné; Tennemi s'approche: approchez à votre tourj votre poste est à Liège , aux frontières. Le sort du despotisme est décidé; il doit périr; avancez sou supplice : ne faites la paix qu'avec des peuples libres et sans rois ; hâtez le jour delà paix universelle »

Le rapporteur propose^ et l'Assemblée décrète^ que Paris et les environs fourniront immédiatement trente mille hommes , armés et équipés , pour aller renforcer l'armée de la Belgiquir^ et que quatrevingt-deux membres de la Convention iront presser le recrutement dans les départeme^ns^ et réchauffer le patriotisme des citoyens.

Au même instant^ les commissaires envoyés la veille vers le peuple , rendirent compte des bonnes dispositions dans lesquelles ils l'avaient trouve^ et de l'élan général qui s'était manifesté dans les sections; mais ils ne purent cacher à l'Assemblée que les volontaires exigeaient avant de partir , des garanties contre les trahisons ; qu'ils demandaient la

création d*un tribunal extraordinaire pour faire justice des conspirateurs royalistes ^ afin qu'ils pussent eux-mêmes être tranquilles sur l'intérieur ^ tandis qu'ils combattraient les ennemis de l'extérieur.

Aussitôt Carrier, dont le nom devait devenir affreusement célèbre , convertit en motion le vœu des sections ; et il demanda que la Convention décrétât sur le champ le principe, c'est*à-^dire , l'établisse^

DE LA COmnt^TlOJI NATIONALE. 97

lï^ût d'uA tribuoal rév<4qt^;imiâ^i:e, ç>i ({u'eUereayoyât 9,u çoq^té de lëgi^^îo^ pou F présenter^ le iendefi^in Porganisatio^ dfi ç^ trijbup^.

f;iaDJvLUiai^ s'élévç c^tre l^a création d'un pareil ti^ua^r u afPfeux^ dit-il, par \^^ cirGOQsta^oe^ qui nûuç environfient , affreux p^r 1^ viplaiion de tous les pu? incipes des droÂt^ de^ l'homme ^ affrewi;; par l'a* boiDinal>le: irrégqlarîté de la suppression d'appel en matière criminelle (i)« n U demande que, ce soit au seul département de Paris que s'étende cette cala-

nûté-

^vasseur ( de I9 Sarthe) pro{)os€; la rédaction sui-* vante : « La Convention National c décréta l'établissemeat d'un tribunal criminel extraordinaire, sans appd ^ et sans recours au, tribunal de cassatiojai , pour le jugement de tous les traîtres, conspirateurs et contrerrévolutionnaires^ »

Guadetet Yalazé firent quelques efforts pour em* pécher une pareile organisation ; mais on leur repondait que les mêmes causes qui avaient provoqué les massacres de septembre, amèneraient nécessairement les mêmes malheurs, si 041 ne les prévenait pas

(x> TQ«t en p99aB9kt ù9vm^ Jj^vôiui^ 9IW le^ V'ibHJI^u^ <^tr«^inaijres.. npjoa rappeUerons ici que les mpparchies ne aje soi^t jfi^nais fait finte de se senrir de ces moyens légjalement barbares. Les chambres ardentes , les commissions du conseil , les conseils de guerre de l'ancien régime ; Ifif coin» prévàtales de x8z5, organisées dansions les département, piMiYenfc fMç les r^j^^ia^^ V'éjajieiRt pw, pji^ sçjiTup^lçiijx qu(^ les ;|%Ç9^jDft. Les moparchies juraient- cllçs seules Ve^rj|!t>)e privilège d'employer ces moyens, plus qu'acerbes , que l'on a tant reprochés à U liberté lorsqu'elle l'eu est servie contre le despotisme ?

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