‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 100 sur 119 · I . Glîi lgll · texte numérisé non relu

I . Glîi lgll

PlèCKS.

» grand complot , des lettres annonçaient que des troupes de s plusieurs départemens allaient marelier sur Paris.

• Des lettres annonçaient que plusieurs départemens du

• Jura et environs se réunissaient pour former une assemblée » nationale particulière.

» Ces deux faitsprouvent d’une manière incontestable qu’il » existe un complot pour former une nouvelle assemblée, dé- » truire celle qui existe , marcher sur Paris et anéantir cette » ville.

» L’existence de ce complot se rencontre parfaitement avec . les voeux , les menaces des députes mis en arrestation à la » sollicitation du peuple de Paris, spectateur de leur con- ■ duite. A l’instant où le décret a été rendu , le comité cen- » tral révolutionnaire s’est occupé de rassembler tous les » faits et toutes les pièces qui provoquent le décret d’accu- » sation.

» Les mouvemens qui ont agité cette grande ville, sont

• cause que le travail n’a point encore été achevé : il le » sera sous quelques jours et adressé de suite au comité.

» Il J aurait de l’injustice à ne pas accorder ce délai à un » comité accablé d’un travail immense; et sans doute les dépu- » tés qui prc.ssent le rapport ne sont pas ceux qui se sont

• soustraits à l’exécution du décret d’arrestation.

• Marquet, président. »

Toutes les mesures que le comité m’a chargé de vous présenter jusqu’à pré.sent, sont propres à rétablir l’ordre, mais dans Paris seulement et autour de la Convention nationale; et les ébranleinens du mouvement qui dimanche a environné la représentation nationale d’une force-armée, retenti.ssent, en ce moment où je vous parle , dans toute l’étendue de la république. Paris s’est mis debout; mais la France entière pourrait se méprendre et se mettre debout aussi ; et voilà ce qu’il faut éviter , et pour la France et pour Paris; car leurs destinées sont inséparables.

Huniincs de la montagne , vous ne vous êtes pas placés sans doute sur ce point élevé pour vous élever au - dessus de la vé' rite : entendez donc la vérité que le comité m’a chargé de vous présenter. L’opinion que la France prendra, et le juge • mentqueles lois de la Franceporterontsurlesinculpations politiques qui pèsent sur les membres qui sontarrétés, sont encore des choses incertaines; c’est à la France , c’est à la république tout entière qu’appartient un pareil jugement. Hé bien! représentans, le comité vous déclare qu’en attendant que la France prononce dans un si grand procès, il est digne de votre dévouement de lui offrir, de lui donner une espèce de garantie personnelle, des étages ! '

Quelque persuadés que vous soyez que la France, juge unique et souverain de cette grande cause, ne désavouera pas votre jugement, vous n’en devez pas moifts, pour vous-mêmes, . et le salut de la patrie, prendre cette mesure. Elle est ju.ste, elle est .donc nécessaire; elle a de la grandeur, elle doit donc vous plaire; celte mesure est généreuse, elle est donc propre à toucher une nation qui peut se croire outragée, mais qui est magnanime. Députés , citoyens, hommes, votre comité de salut public ne découvre pas d’autre moyen de sauver la France.

Danton a ouvert le premier cet avis; Couthon qui a demandé le décret d’arrestation, se présente pour aller en étage à Bordeaux.

Tous les membres de votre comité s’offrent les premiers pour être les nouveaux garans de la justice que vous devez présenter à la nation; ctiisn’ont qu’une crainte, c’est que vous ne les jugiez pas a.ssez dignes de la préférence qu’ils sollicitent.

Voyez combien .seront réels et grands les avantages de cette mesure! Chaque étage que vous eUverrez àun département, prêt à s’indigner et à se diviser, est une chaîne sacrée parla([uelle vous le retenez lié à Paris et à toute la France ; les opinions de la république , flottantes sur les événemens, vont se fixer T. I. aa

Di

538 PIÈCES

à l’instant sur cc point, que tous les membres de la Convention sont (également capables de tous les dévouemens pour la république , et le moment où la représentation nationale paraissait comme effacée, sera celui où elle prendra plus de splendeur. Un nouveau sentiment, un sentiment sublime va pénétrer à cette nouvelle dans tout le corps de la nation pour la rendre plus digne des hautes destinées vers lesquelles elle s’avance à travers les tempêtes ; et les rois conjurés de l’Europe , qui comptent bien plus sur vos divisions que sur leurs armées, quand ceite nouvelle frappera leurs oreilles, vont s’écrier avec désespoir : Quels sont donc ces hommes, qui, au milieu de leurs divisions et dans leurs haines même , ont tant de justice et de générosité? Non, il ne faut plus songer à vaincre des hommes à qui la liberté a déjà donné des vertus si grandes et si nouMEllcs.

Nous , membres du comité de salut public , nous prenons acte , en présence du genre humain et des siècles , de la proposition que nous venons de vous faire ! Représentans de la nation, prenez acte, en présence des nations et du siècle, que vous avez sauvé la France!

Dans trois jours la constitution va paraître, et quelques jours encore, les républicains de tous les départemens viennent fraterniser avec nous; jurer , sur 1 autel de la patrie, 1 unité, l’indivisibilité de la république !

Le décret proposé par Barrere portait : 1 ° tous comités révolutionnaires sont supprimés; a° les autorités ne devront pasV les reconnaître, et les citoyens obéir àdeur réquisition ; 3“ la Convention nationale , lorsqu’elle le croira, requerra directement la force-armée; 4“ demain les sections de Paris assemblées nommeront un commandant -général; 5'* le signataire

de l’ordre d’arrêter le service de la poste , sera puni de huit ans de fers : 6“ il sera envoyé aux départemens dont le.s députés sont détenus un nombre égal d’ôtages pris dans le sein de la Convention.

PIECES

Page 1