PREMIÈRE PARTIE. CHAP. II
)) de le conduire à Mai-seille. Panis et Robespierre » faisaient de petites cabales : aucun d’eux n’était M chez. Roland lorsqu’on y traçait le plan de dé- M fense du midi qui devait reporter la liberté dans M le nord , si le nord eût succombé. Aucun d’eux » n’était à Charenton où fut arrêtée la conjuration » contre la cour , qui devait s’exécuter le ag juil- M let et qui n’eut lieu que le lo août.
» C’est pourtant avec ces mensongères paroles : )» JVous avons •fait la révolution du \o noilf, qu’ils » espèrent faire oublier et les assassinats du 2 sep- » tembre, et leur projet de dictature, et les spo- M Hâtions qu’ils ont exercées. Les oublier! non, » je ne ferai pas cette injure au peuple français dont » ils ont terni la révolution : je les ai dénoncés, » je les dénonce , je les dénoncerai , et il n’y au- » ra de repos pour moi que lorsque les assassins » seront punis, les vols restitués , les dictateurs H précipités de la Roche-Tarpeïennc.
» Voyez la conduite de Robespieire: il déserte » une place dans laquelle il pouvait servir le peu- » pie , pour se livrer, disait-il , à sa défense : et » tous les systèmes qu’il a adoptés compromettent » le peuple. S’il parle contre les perfidies de la » cour , il attaque avec un égal acharnement les » hommes qui, dès long-temps, avaient conjuré la >• perte de la cour ; et traversant leurs opérations, il H prolonge ainsi au détriment du peuple, l’agonie » malfaisante de la royauté. Avant le 10 août,
» il nous fait appeler chez lui, Rcbecqui et moi ; il
4a mSTOIUE DE LA CONVENTION NATIONALE.
w ne nous parle que de nous rallier à un homme » jouissant d’une grande popularité, et Paivis en » sortant nous désigne Robespierre pour dictateur.
» Panis a nié cette conversation; mais Pierre Bayle )) l’accusa de lui en avoir tenu une pareille. KIi !
» comment peut-il échapper à cette réunion de » témoignages, loi’sque, d’ailleurs, tous les faits » subséqueus ne démontrent que trop l’existence » d’un projet de dictature? .
» Apres le lo, Robespierre devint membre du » conseil - général de la commune de Paris. En » cette qualité il se présente tous les jours à l’As- » semblée législative , il la provoque , il l’avilit.
» Eli ! qu’il ne dise pas que ces provocations » étaient Ic^itlmes, par la nécessité de faire dé- M créter par cette Assemblée des mesures salu- M taires au peuple ! Toutes les grandes mesures » avaient été prises dans la séance du lo, et le )) patriotisme , relevé par les communes , dictait » les décrets du corps législatif. Mais il fallait ar- » radier à la terreur des uns , au mal-entendu des » autres , à l’ignorance et à l’Incurie de plusieurs ,
)' des lois qui préparassent l'organisation de la )j dictature. Aussi Robespierre proposait, dans la » commission des vingt-un, d’autoriser le conseil- 11 général de la commune à se former tout à la ») fois en juri d’accusation, en juri de jugement , . » et en tribunal chargé de l’application de la loi^ J» Tallien,qul l’accompagnait, repoussa lai-mèmeé ») avec horreur cette proposition faite au nom du