PREMIÈRE PARTIE. CIUP. lU
lians un royaume où, depuis des siècles , on disait : veut le roi , si veut la loi. Au surplus, en rappelant ici mon opinion , je n’ai garde de censurer dans aucun de mes collègues des opinions differentes de la mienne ; il n’aurait pas fallu mettre le jugement du roi en deliberation, pour n’exiger de tous les députés qu’un seul suffrage.
Après la condamnation du roi, il fut pris une délibération sur la question de savoir si son exécution serait différée ; il fut décidé que non à la pluralité des voix ; il est vrai qu’on ne compta point les suffrages de ceux qui avaient voté l’appel au peuple et la simple réclusion ou le bannissement.
Louis XVI avait fait parvenir à la Convention , par la voie de ses défenseurs, une déclaration d’appel au peuple de son jugement, ce qui fut déclaré nul par délibération de l’Assemblée.
liC défenseur, à qui l’on avait permis de lire cette déclaration d’appel, représenta que, dans une délibération portant peine de mort , on aurait dù suivre au moins la règle des trois quarts des voix que les lois exigeaient pour les plus grands crimes ; mais à cela l’on répondit que Louis XVI avait été jugé, pour le grand intérêt politique de l’État, dans une autre forme que celle du Palais , pour laquelle avaient été faites les lois qu’on réclamait ; d’ailleurs le parti de la faible majorité qui vota la mort était pris sans retour : il voulait se débarrasser de la famille royale, sans en excepter le prince Egalité,
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au sujet de qui les deux classes oppose'es des députés se faisaient la guerre. Elles s’imputaient réciproquement de vouloir le porter au trône; mais une fois les Girondins vaincus, Robespierre sacrifia cette dernièçe victime du sang royal. Le duc d’Orléans fut du nombre de ceux qui votèrent la m<4|t du roi , ce qui excita un grand murmure dans la salle de l’assemblée.
La veille du jour de l’exécution du jugement rendu contre Louis XVI, le ao janvier 1795, Michel Le Pelletier fut assassiné chez un restaurateur du Palais-Royal par un garde-du-corps , nommé Paris , pour avoir voté la morl ,du roi. I^e Pelletier était , avant la révolution,présidentà mortierau parlement de Paris ; il fut député à l’Assemblée constituante où il montra des lumières et du talent dans le rapport du Code pénal dont il fut chargé. Il était ami intime de Hérault de Séchelles qui mourut après lui de la main de Robespierre , sur le rapport insignifiant de Sainl-Just, Ces deux anciens magistrats s’étaient bien trompés dans leur calcul, s’ils s’étaient popularisés pour leur salut. Tous les hon neurs rendus alors à la mémoire de Le Pelletier se réduisent maintenant à un souvenir bien peu glorieux.
Cet assassinat mit l’alarme dans la Convention , je dirai même le trouble; car tous ceux qui avaient voté la mort du roi prirent dès-lors de l’ombrage ou de l’humeur contre leurs collègues qui n’avaient voté que la réclusion ou l’appel au peuple. J’avais