‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 28 sur 119 · PREMIÈRE PARUE. CHAP. IV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARUE. CHAP. IV

Oa compléta toutes ces mesures en établissant dans chaque commune des comités de douze citoyens pour surveiller les étrangers , et dans la Convention , un comité de défense ou de sûreté générale. Après le recrutement de trois cent mille hommes, et la facilité avec laquelle se fit cette levée, l’enthousiasme de la nouvelle armée provoqua l’attention particulière des puissances. Elles pensèrent qnm ne serait pas difficile d’affaiblir les forces de la nouvelle république française, en suscitant au milieu d’elle des troubles et des divisions. Elle fut la cause du grand nombre d’étrangers dont la France fut tout-à-coup inondée : le ministre des affaires étrangères en fit part à la Convention ; il lui communiqua ses craintes à ce sujet , et lui proposa de remédier à ce mal. La Convention , beaucoup trop occupée de ses divisions intestines , se hâta de prendre , sur l’avis du ministre, les mesures exigées par la présence d’un si grand^nombre d’étrangers. On les supposait , avec quelque fondement , envoyés eu France ' tout au moins pour 'espionner, s’ils ne se montraient pas dans les groupes dont ils payaient ordinairement les fauteurs et promoteurs de troubles.

Eu conséquence, la Convention établit dans chaque commune un comité de douze citoyens qui n’eurent véritablement alors d’autre destination que de parer les coups de l’étranger, en soumettant celui-ci à des formes très - rigoureuses pour son

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séjour en France. Mais, dans la suite , les comités firent les plus grands maux lorsque , par la loi du 1 7 septembre 1795, ils furent revêtus de pouvoirs plus étendus encore, contre les étrangers et tous les citoyens. La Convention trouva plus convenable d’établir , pour mesure nouvelle de sûreté publique, les comités de douze citoyens, que de donner les mêmes pouvoirs aux municipalités où ne régnait pas communément alors une grande conformité d’esprit ou d’opinions avec elle. On y voyait en ce temps-là, pour officiers municipaux, des ci-devant nobles, prêtres, seigneurs ou leurs ageus , que la Convention trouva Ixm d’exclure des nouveaux comités de douze.

Le comité de défense ou de sûreté générale n’était pas autre chose, sous un autre nom , que le comité des recherches de l’Assemblée constituante. Les assemblées, qui sont venues après, lui ont donné le nom de comité de défense et de sûreté générale, ce qui exprime le même sens dans l’objet son établissement. Dans la Convention , les Girondins furent membres de ce comité jusqu’à la guerré • à mort qui leur fut déclarée par la montagne ou par Robespierre. On trouva bon , le 25 mars lyoS , de fixer les droits comme les devoirs de ce comité, relativement à l’intérêt public ou plutôt à la défense et à la sûreté générale. 11 avait dans ses attributions les plus grands objets de la police sociale : aussi tant qu’a vécu Robespierre , le côté droit en a été exclu; quelques membres de ce côté y entrèrent

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