Première partie. — crap. v
rapport à ce sujet. Mais Garat , qui occupait cette place après Danton, et qui voyait la toute-puissance de Robespierre qu’on aurait fort désire comprendre dans cette poursuite, fît ce rapport de manière à laisser entrevoir que ce serait un mal plutôt quun bien, de rouvrir ces plaies. Il insinua que trop de gens avaient pris part à ces attentats , et qu’il faudrait compromettre jusqu’aux autorités; en sorte qu’il ne résulta de ce rapport , comme des déclamations et des décrets qui l’avaient précédé , qu’un plus vif désir de vengeance de la part des auteurs, des complices et des protecteurs de fous les vols et de tous ces massacres. En eflèt, leurs (.énonciateurs furent peu de joui’s après dénoncés •à leur tour comme des coutre-révolutionnaires , ennemis de la liberté publique , eux qui eu faisaient leur idole.
Dans la séance du i 5 avril 1795 , parut à la barre le maire de Paris qui , avant de lire sa pétition , déclara à la Convention qu’elle avait été adoptée ou appuyée par le conseil général de la commune , alors très-lié avec Robespierre et son parti. L’orateur s’exprime ainsi :
(f Législateurs ,
» Les rois n’aiment pas la vérité : leur règne » passera ; le peuple la veut partout et toujours : » ses droits ne passeront point.
*) Nous venons demander vengeance des outra- » ges saijglans faits à sa liberté depuis si long-
dS^alk.
go HISTOIRK DE LA CONVENTION NATIONALE. ^
» temps. Les Parisiens ont commencé les premiers - » la révolution en renversant la Bastille , parce » qu’elle dominait de pins près sur leurs têtes. C’est » ainsi qu’ils viennent aujourd’hui attaquer la nou- » velle tyrannie; et, parce qu’ils en sont les prc- » micrs témoins, ils doivent jeter les premiers,
» .dans le sein de la France, le cri de rindlgnation.
» Ils ne viennent point faire acte exclusif de » souveraineté , comme on les en accuse tous les •« » jours; ils viennent émettre un vœu auquel la » majorité de leurs frères des départemens donnera » force de loi : leur' position seule leur donne^i’ini- )i tiative de'la vengeance.
» Nous reconnaissons ici solennellement que la »' majorité de la Convention est puré,’car elle a >) frappé le tyran ; ce n’est donc point la disso- » ;lutlon effrayante de la Convention , ce n’est » point la suspension de la machine politique que >» nous demandons ; loin de nous celte idée vrai- » ment anarchique !
» Nous venons , armés de la portion d’opinion » publique du département de Paris tout entier,
» provoquer le cri de vengeance que va répéter » la France entière; nous allons lui indiquer les )) attentats et les noms de ses perfides mandah taires.
‘ » Les crimes de ces hommes sont connus.
)) Dans les temps où ils feignaient de combattre M la tyrannie , ils ne combattaient que pour eux ;
» ils nommaient, par l’organe de Capel^ leur chef