PREMIÈRE PARTIE. CHAP. V. lo
iniîuie du peuple de Pai’is, quelle ciilretenait avec soin et par des moyens secrets dans ses intérêts. Le nouveau comité de salut public ii’eut presque autre chose à faire , dans ses premières fonctions , qu’à s’interposer comme médiateur entre les combattans. Tous les jours les dénonciations se renouvelaient de la part des sections de Pai’is contre les girondins. Les ministres , le maire de Paris donnaient aussi des avis elTrayans dont Marat faisait ses délices à la tribune. L’impatience prit à l’éloquent et intrépide Guadet qui demanda pour remède à tous ces maux :
1 ®. Que toutes les autorités de Paris fussent cassées et exercées provisoirement par les présldeus des sections ;
2 ®. Qu’on ordonnât que nos suppléans s’assembleraient à Bourges pour être là comme en attente ou en x'éserve , pour le besoin de la chose publique.
Barrère s’éleva contre cette double proposition. 11 dit que la première amènerait l’anarchie par l’interrègne do l’homme que l’on respecterait bien moins que la loi ; et quant à la seconde , il ajouta qu’elle tendait à rendre l’autorité même de la Convention nationale nulle. « Il vaut mieux, dit-il, se défendre par celle-ci , et créer ad hoc une commission qui surveille les conspirateurs et pourvoie à la sûreté des représentaus ; » ce qui fut décrété. On nomma douze députés qui formèrent cette nouvelle commission surveillante et nécessaire. Hlais elle ne ré-
pondit pas aux bons effets qu’on attendait d’elle, non certes par la faute de ses membres qui firent trop bien leur devoir; mais parce que le comité de salut public , après avoir proposé lui - même cette commission au lieu des moyens efficaces demandés par Guadet, n’a pas su ou pas voulu la défendre contre les outrages dirigés contre ellemême par les coupables. Le comité de salut public, loin de faire punir ceux-ci , les protégeait ou craignait de se montrer contre eux. Rien d’aussi pitoyable , dans tout le cours de cette histoire , que le sort de la commission des douze. Elle a été autant le jouet que la victime de la faction barbare de la montagne contre laquelle le comité de salut public devait déployer toute sa force dans cette occasion , quoi qu’il dût arriver de son zèle pour la défense de l’innocence et de la vertu.
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