CHAPITRE VI
Recherches de la commission des douze. — Elle fait arrêter Hébert, substitut du procureur de la commune. — Pétition menaçante de quelques sections ; séance du 27 mai. — Suppression de la commission des douze. — Sou i établissement le a8; séance dufi; conduite du comité de salut public. — Jouruées terribles des i'' et 3 juin.
IjA commission des douze était véritablement le seul bon moyen de réprimer l’audace des Parisiens et surtout de conjurer l’orage que Robespierre préparait pour la perte de ses rivaux. Mais il aurait fallu que cette commission, composée de . douze membres , très - digues de l’estime et de la confiance publiques , fût mieux soutenue par le ^ Jgj. comité de salut public revêtu de toute l’autorité nécessaire pour tout faire marcher avec ordre et justice dans la Convention. Mais c’était la malheureuse destinée de cette assemblée de périr par les mains de ses propres membres.
Un député , membre de la commission des douze , disait à la tribune dans la séance du 24 mai : « Lorsque vous avez institué une commission » extraordinaire , que vous l’avez investie de M grands pouvoirs, vous avez senti quelle était » la dernière planche jetée au milieu de l’orage » pour sauver la liberté. Pénétrés de l’importance
Io6 HISTOIRE ÜE LA CONVENTION NATIONALE.
» de notre mission , nous avons juré de la reni- » plir. Dès nos premiers pas , nous avons découvert n une trame horrible contre la république , la li- » berté , la représentation nationale et la vie d’un n grand nombre de députés et d’autres citoyens. » Chaque nouveau pas que nous faisons , nous
» amène journellement des preuves nouvelles
» Quelques jours plus tard la république était » perdue, vous n’étiez plus.... Je déclare sous la » responsabilité des membres de la Convention, M que si la France entière ne voit pas aussi clair » que? le jour qu’il a existé une conspiration ten- M dante à égorger une partie d’entre vous et à M établir sur les ruines de la république le despo- >j tisme le plus horrible et le plus avilissant, si » nous n’apportons pas les preuves de l’existence M de cette conspiration, nous sommes prêts à poser » nos têtes sur l’échafaud. Nous sommes dégagés » de tout esprit de parti ; nous n’avons pas ren gardé si les conspirateurs siègent là ou là; nous » avons cherché la vérité. Mais comme nous som- » mes appelés à prendre de grandes mesures , et » que nous sommes encore à la recherche de plu- » sieurs (ils de la conspiration , nous vous propo- » sons , comme mesure préliminaire , le projet de » decret suivant. »
Cç décret, très-sage, était en onze articles. 11 donnait les moyens de soustraire la Convention à la tyrannie de la montagne , et les honnêtes Parisiens à celle de leurs concitoyens les plus