‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 38 sur 119 · PREMIÈRE PARTIE. CUAP. VI. ÎO · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. CUAP. VI. ÎO

méprisables dans les sections. La commission des douze fit arrêter Hébert , auteur du Père-Duchêne et substitut du procureur de la commune, d’Obsent, président de la section de la cité, et Varlet, trois des principaux agitateurs. Mais, je l’ai déjà dit , en révolution le peuple une fois mis de la partie , les plus méchans , les plus audacieux sont les maîtres. On n’eut donc qu’à susciter ceux-ci dans les sections pour se plaindre de la commission et de ses membres, et ils y vinrent bien assurés d’y trouver, dans leurs frères et amis les représentans de la montagne, un appui qui autoriserait toutes leurs insolences. Voici comment s’exprima la section de la Cité par l’organe de son orateur :

« Nous demandons la liberté du président et » du secrétaire de notre section enlevés nuitam- » ment au méprls^^k tous les principes, par ordre » de la commission des douze. Le temps des plaintes » est passé , nous venons vous avertir de sauver M la république, ou nous la sauverons nous-mêmes. » Eu vain les ennemis du peuple, qui sont dans » votre sein, ont calomnié chez nos frères des dé- » partemens la ville de Paris. Qu’ils viennent être » témoins et partisans de notre patriotisme , ils ap- » prouveront, comme ils l’ont déjà fait, nos saintes » insurrections; il en est temps encore, punissez M une commission infidèle qui viole les droits de » l’homme et du citoyen. La section de la Cité de- » mande, par notre organe , la traduction au (ri- » bunal re'^volutionuairc, des membres de votre

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» commission des douze : songez qu’il s’agit de » venger la liberté presqu’au tombeau. »

Cette pétition se fît dans la séance du 27 mai, pendant laquelle plusieurs pétitions d’autres sections , tout aussi bien préparées, se succédèrent pour demander la mise en liberté d’Hébert et la punition de la commission des douze. On remarque ici une rédaction des procès-verbaux plus étudiée et difierentede celle qu’on Ht dané les logographes, aux articles surtout qui touchent à la guerre des deux partis. Celui de la montagne étant resté par ses manœuvres infernales maître du champ de bataille , rien depuis n’a pu lui résister. Robespierre , qui le dirigeait alors et qui l’a dominé depuis , a conduit le mouvement et rédigé les pétitions à cette époque.

Il est aussi à remarquer qifé tous les pétitionnaires des sections de Paris n’en étaient que la lie, par l’intérêt qu’ils prenaient à un homme comme Hébert^ que son journal infâme du Père-Duchêne avait rendu aussi odieux que méprisable aux yeux de tout honnête homme. L’un de ces orateurs disait :

« Nous demandons notre frère, notre ami j celui » qui est investi de notre confiance; celui qui » nous a toujours dit la vérité ; celui que nous » avons toujours cru fidèle. Nos plus chers sou- » tiens nous sont enlevés ; ils gémissent sous les » fers d’un comité despotique, comme nous gé- » missions naguère sous le joug d’un tyran. Ren- » dez-vous de vrais républicains, détruisez une

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