‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 39 sur 119 · PREMIÈRE PARTIE. CIIAP. VI. I OQ · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. CIIAP. VI. I OQ

i) commission odieuse et tyrannique, et que seauce >) tenante la vérité triomphe. »

Le conseil général de la commune , composé des sectionnaires les plus anarchistes , vint à son tour tancer d’abord la section de la Fraternité, parce qu’elle avait certifié à la Convention l’existence de la conspiration découverte par la compiissiou des douze. Le maire l’avait également attestée ; mais il se rétracta quand il vit la commission menacée par les sections. Le conseil général demanda ensuite , comme les sections , la mise en liberté d’Hébert. Ce fut à cette dernière députation que le président Isnard fit cette belle et noble réponse * dont on a tant abusé et si cruellement contre lui : « L’assemblée preindra en très-sérieuse considéra- » tlon l’objet de vos demandes. Puisque vous êtes » ici , magistrats du peuple , écoutez les vérités « que je dois vous dire au nom de la loi. La France* « a mis dans Paris le dépôt précieux de la repré- >» sentatlon nationale ; il faut que Paris le respecte. » Citoyens, si jamais ce respect est violé; si jamais, » par un de ces mouvemens qui, depuis le lo » mars, ne cessent d’environner la Convention na- » lionale et dont les magistrats ne nous ont jamais » averti que les derniers...; s’il arrivait, dis-je, « que la Convention nationale fût violée par des )) conspirateurs , je vous le déclare au nom de la France, Paris serait rayé de la république, et » la France entière tirerait une vengeance solen- » nelle , et bientôt peut-être on chercherait sur les

I 10 n^STOIRE DE LA CONVENTION NATIONALE.

>) rives de la Seine si Paris a existe. Non-seulement S' » la vengeance nationale tomberait sur les assasrfns >

» des représentans du peuple, mais aussi sur les ma- » gistrats qui n’auraient pas empêché ce grand crime .

M Le glaive de la loi qui dégoutte encore du sang M du tyran , est prêt à frapper tout audacieux qui J) tenterait de s’élever au niveau de la Gonven- » tion. M

Cette réponse , qui a valu à son auteur une pros- - •* cription dont il a lui-même chanté les douleurs après la mort de Robespierre, fut attaquée vigou- v reusement par Marat , Robespierre et Danton : ce qui sert bien à confirmer ce que j’ai dit et répété que tout se faisait de concert entre la montagne et les sections de Paris, pour la perte entière du parti contraire. Celui-ci ne s’entendait pas si bien, car Isnard lui-même n’était point dans les confidences ou les secrets des girondins. Ce député provençal, dont l’éloquence se ressentait du climat d’un pays qu’il honore par ses talens et sa probité, n’a jamais parlé à la tribune, comme ailleurs, que de l’abondance de son cœur pour la vérÿé ou pour ce qu’il t croyait l’être. Il s’exprima, dans cette occasion, comme à son ordinaire , avec une rhétorique qui , si sublime qu’elle fût , n’était que naturelle chez lui. Plus d’une fois le sombre Robespierre, qui n’avait qu’une (floquence morte , en paraissait aux. Jacobins sensiblement jaloux.

Mais quand on s’abandonne ainsi à son propre tempérament dans des circonstances critiques,

if

Page 1