‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 40 sur 119 · PREMIERE PARTIE. CHAP. VI · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. CHAP. VI

comme celles où nous nous trouvions alors , on est exposé à se tromper àsespropresdépens.Ce reproche, on peut le faire également aux girondins qui croyaient trouver toutes les ressources dans leurs talens et la bonté de leur cause, tandis que, dans le genre de combats entre les deux partis de la Convention , il ne fallait , comme avec les ennemis du dehors pour vaincre, ni de belles phrases ni de belles raisons, mais beaucoup d’adresse et beaucoup de bras. Le parti vaincu avait une autre illusion bien grande aussi. Il comptait sur les secours des Parisiens honnêtes dans les sections, et des bons citoyens dans les dépaitemens. 11 faut une bonne fois lixer à cet égard ses idées et son jugement.

11 est bien vrai que dans les dépailcmens les amis sincères de la liberté étaient indignés de voir la partie saine de la Convention, comme parlait Dumouriez , sous le couteau des montagnards, et certainemertt un très-grand nombre était prêt à venir au secours des représentans opprimés. On en peut dire autant des Parisiens honnêtes qu’une minorité perverse était ‘parvenue à faire fuir des sections , tout en se servant frauduleusement de leurs noms pour accréditer des délibérations indignes des absens. Mais si Isnard, mais si les girondins avaient tant soit peu réfléchi , ils auraient vu qu’il y avait beaucoup d’imprudence à compter sur cette partie honorable de la nation. Ils pouvaient encore moins compter sur la partie religieuse qui n¥tait pas la moins nombreuse , et qui faisait aussi

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peu de cas des giroiidins que des montagnards. Si ceux qui la composaient avaient eu à se battre , ils ne l’auraient fait que pour la religion ou pour le rétablissement de leur état et de leur forlune.

11 en faut dire autant de cette foule de mécontens que la révolution avait lésés dans leur condition , dans leurs biens , dans leurs places. Ils voyaient du même œil d’indignation et de vengeance tous leurs déprédateurs. Enfin , tous les amis de l’ancien régime et du roi , dont Isnard et tous les girondins avaient voté la mort, n’étaient certainement pas prêts à les défendre. Après ceuxlà , que restait-il? Des bourgeois qui, par air ou par envie de leurs pairs les députés , faisaient contî’e eux chorus avec les autres. Si dans tout ce nombre, il s’en trouvait à qui l’égalité nouvelle ne répugnait pas, jamais ils n’auraient poussé leur zèle jusqu’à faire la guerre à leui'S dépens ; tandis que tous les méconlens de la révolutidn auraient volontiers, sans leur rétablissement, fait le coup de fusil contre elle. Si donc les girondins se fussent moins confiés en leurs propres forces ; s’ils eussent dissimulé, louvoyé jusqu’à ce que la montagne, par ses propres excès , se fût entièrement discréditée , ils auraient pu alors prendre sur elle l’avantage, et se rendre les maîtres dans la république. Mais jusqu’alore l’on se perdait eu vaines déclamations comme en vaines espérances. Ce parti ne s’entendait pas lui-même. Boissy-d’Anglas proposa une levée de vingt mille hommes en chaque

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