‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 41 sur 119 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. VI. Il · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. VI. Il

deparlenieut ; Buzot , Tune des colonnes de ce parti , s y opposa.

Dans cet état des choses , les pétitionnaires persistèrent insolemment à demander que la Convention ne désemparât pas, sans leur avoir rendu la justice qui leur était due contre la commission des douze. Hérault-de-Séchelles avait pris le fauteuil à la place d’Isnard, tandis que celte demande était scandaleusement soutenue et appuyée par Danton dont le caractère , d’ailleurs bon quoique vacillant, a fait depuis la perte.

Conformément au vœu des pétitionnaires , la Convention nationale ordonna la mise en liberté sur-le-champ des citoyens incarcéras en vertu des pouvoirs de la commission des douze. Cette commission fut cassée , et le comité de sûreté générale chargé d’examiner la conduite des membres qui la composaient .

De toutes les scènes dont la Convention a donné le honteux spectacle à Tunlvei-s , il n’en fut pas de plus humiliante que celle-ci i elle a été aussi le principe de toutes les tragédies dont le dénouement a été la mort violente des acteurs des deux partis. La montagne abusa tellement de ses avantages dans cette séance , quelle fit rendre ce décret en présence même des orateurs venus le demander dans les termes impudens que je viens de rapporter; et, ce qui est bien pire, elle fit rendre ce décret sans avoir voulu entendre le rapporteur du comité des dduze. Celui-ci, occupant toujours

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la tribune , ne cessa d’y réclamer vainement la parole , pour être au moins entendu avant d’être condamné. Eh! cela s’est passé en France, publiquement , dans une assemblée dont la prétention était de donner la liberté à tous les peuples. Enfin les représentans d’une nation grande, éclairée , généreuse , ont proscrit les membres d’nne commission établie sur la proposition du comité de salut public , comme le dernier remède à nos maux. Quand le décret fut rendu , toutes les avenues de la salle étaient obstruées par une multitude armée. Plusieurs députés ne purent entrer ni voter; d'autres ne purent sortir; ce ^ui excita une clameur si générale, une plainte si évidemment juste co'nlre le décret, qu’on en demanda hautement la révocation. Cette demande fit naître de grands débats. Tl fallut recourir à l’appel nominal , appel qui depuis a été pris pour signalement de ce qu’ils appelaient bons et mauvais républicains ; comme si un honnête homme pouvait être républicain à la manière d’Hébert et de Robespierre. Le résultat de l’appel fut pour le çapport du décret.

Les auteurs en frémirent de rage. Il fallut encore chercher à les apaiser comme on cale la voile au moment de la tempête. L’on décréta que le rapport du comité des douze serait imprimé ; mais en même temps, avant de le lire Ou de.

l’entendre, on décida que les détenus, par prdr.e^ , • de ce comité , seraient mis en liberté. Cette con-, cessiqn calma un peu la colère dt l’affreuse mon-

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