PREMIÈRE PARTIE. CHAP. VI. 1 l
lai^ne , sans néanmoins lui faire perdre un seul instant de vue la ruine entière des girondins. Elle l’exécuta bientôt. Chose remarquable ! Danton, que Robespierre a fait depuil proscrire comme modéré, s’éleva ici contre le modérantisme , et contre une pétition dans laquelle on demandait que l’on ôtât au peuple les îristrumens révolutionnaires dont il ne savait qu’abuser contre la chose publique. Dans la séance du 29 et celles qui suivirent , les montagnards , irrités de leur défaite , exigèrent qu’on la déguisât dans le procès-verbal : ce qui fut également ordonné pour le procèsverbal de la séance du a juin que j’avais rédigé mol - même comme secrétaire. 11 est bon qu’on le sache, afin qu’on connaisse mieux avec quelle droiture et quelle probité se conduisaient les montagnards dans la Convention , et qu’on ajoute plus de foi à nos récits, à ceux de témoins ocnlaires et désintéressés, qu’à leurs pi’ocès-verbaux. Du reste, la commission des douze , celte commission illustrée par tant de taleiis et de vertus, devint l’objet de nouvelles attaques. On redoubla de plaintes contre le rapport du décret qui l’avait supprimée. Les pétitionnaires ne quittaient pas la barre où ils n’obtenaient rien. Ils en vinrent au canon d’alarme ; alors ils ne se contentèrent pas d’exiger la suppression absolue de»ce comité, ils demandèrent ’ encore l’accusation de ses membres , ce qui était le comble du crime. Aux injures atroces et grossières qu’ils ne cessaient de vociférer, le vertueux et
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intrépide Lanjuinais répliqua : J’ai bien lu quoti ornait les victimes dans les sacrifices f mais je nai vu nulle part quon les insultât. Enfin , pour terminer cette lutte , ou prit lê parti de faire passer tous les pouvoirs du comité des douze au comité de salut public qui aurait dû courageiLsement défendre une commission dont l’existence était son ouvrage, et pouvait être si utile à l’Etat. Voici l’arrélé qui fut pris le 3 1 mai.:
1 *. La force publique du département de Paris est mise, jusqu’à nouvel ordre , en réquisition permanente. Les autorités constituées rendront compte à la Convention nationale, tous les jours, des me- , sures qu’elles auront prises pour la sûreté des personnes et des propriétés , et le maintien de la tranquillité publique ; ,
2 ”. Le comité de salut public s’occupera , de concert avec les autorités constituées , de suivre la trace des complots dénoncés à la barre dans cette séance, et qui peuvent avoir été faits contre la sûreté de la république et de la représentation nationale ;
5”. La commission extraordinaire des douze est supprimée ;
4”. Tous -les actes et papiers de cette commission seront déposés, par trois de ses membres, au • comité de salut public , après avoir été inventoriés et paraphés , en leur présence , par trois commissaires de la Convention , pour le rapport en être fait dans trois jours ;