PREMIÈRE PARTIE. GHAp’ \I. II
5". Il sera fait clans le Jour une proclamation adressée à tous les citoyens de la république. Elle sera envoyée par des courriers extraordinaires, ainsi que les décrets rendus dans cette séance , aux départemens et aux armées ;
6“. Il y aura une fédération générale de républicains à Paris , le lo août lygS ;
7”. Le présent décret sera imprimé, affiché et proclamé solennellement sur-le-champ par les autorités constituées de Paris.
Cet arrêté du comité de salut public ne fut qu’un remède inutile. Son premier tort fut , je l’ai dit , de ne pas maintenir la commission. Une seconde , faute insigne, qui marque bien que le comité de salut public était ou faible ou peu prévoyant , c’est qu’en mettant la force armée en réquisition permanente , il la laissa entre les mains de la commune entièrement dévouée à la montagne. An beu de mettre celte force armée à Icf seule réquisition de la Convention nationale ou de son comité de salut public , à la formation duquel on aurait alors pourvu avec plus d’attention, on fit dans la même séance un décret approbatif de l’arrêté de la commune de Paris, qui accordait quarante sous par jour à tout ouvrier sous les armes jusqu’au retour de la tranquillité publique : c’était mettre toute ^ la force dans les mains de ceux qui la payaient.
Dans la séance du i" juin, on lut l’adresse au peuple rédigée par le comité de salut public. Elle ne fut pas décrétée sans exciter les murmures do
Il8 HISTOIRE UE LA CONVEPTIOW NATIONALE.
l’Assemblée ; IjOuvet même s’écria : Je m oppose à l’approbation et à l'envoi de ce tas de mensonges. Mais dans ce temps-là même la force armée venait donner l’alarme à la Convention. L’orateur du département se présenta à la barre et s’exprima ainsi : « Représentans du peuple , les qua- » rante-huit sections de Paris, les corps consti- » tués du département sont venus vous demander » le décret d’accusation contfe la commission des » douze; contre les correspoudans de Dumou- )i riez ; contre les hommes qui provoquent les han bitans des départemens contre les habitans de » Paris; contre ceux qui calomnient les citoyens » de la capitale , qui ont conquis la liberté le i 4 » juillet et le loaoût, et qui la sauveront encore )) quels que soient le nombre et la qualité de leurs » ennemis; contre ceux qui veulent fédéraliser les » départemens , quand le peuple veut une répu- » blique une et indivisible. Le peuple est levé, » il est debout, il nous envoie auprès de vous, » comme il nous envoya auprès de l’Assemblée M législative demander la suspension du tyran. » Les révolutions du 14 juillet et du 10 août ont » été ensanglantées , parce qu’alors il existait une » division entre les citoyens, et particulièrement » dans la force année ; mais la journée du 3 1 mai « ne verra pas répandre le sang , parce que le peu- M pie et les autorités constituées sont unis de sen- » timens. Les autorités constituées viennent vous » demander un décret d’accusation contre les trai-