PREMIÈRE PARTIE. CllAP. VI. 1 I
» très qui siègent parmi vous. En vain l’on dira M que nous avons mendié quelques pétitions dans M les départemens. On en a aussi* mendié au 20 » juin dernier ; des journaux perfides dont les au- » teurs siègent parmi vous , des hommes de cette « faction s’entendirent avec l’administration de M l’intérieur pour pervertir l’esprit public dans les^
» départemens. Qu’a fait cette faction depuis I) qu’elle domine ? Rien , sinon la guerre civile ;
» elle a c^ppelé des ministres intrigans qui ont M tout bouleversé et ont .chassé ceux qui étaient » patriotes et républicains. Nous demandons le M décret d’accusation contre :
» Pétion, Guadet, Gensonné, Vergniaud, Bii- » zot , Brissot , Barbaroux , Chambon, Bii;oteau,
»* Rabaut, Gorsas, Fonfrède, Lanthenas , Grange- » neuve, Lehardy, Lesage, Dusaulx , Ducos ,
H Louvet, Hardy , Doulcet , Lanjuinais , Defer- » mon. ;
» Législateurs, il faut en finir, il faut terminer '
» cetj^ contre-révolution ; il faut que tous les » conspirateurs tombent sous. le glaive de la loi » sans aucune considération, ü patriotes qui avez* )> sauvé la patrie , décrété .tous les traîtres d’ac- )) cusatiou! dites si vous pouvez 'nous assurer la >» liberté , sinon , nous nous l’assurerons iious- *■» mêmes : les derniers conspirateurs mordront » la poussière. »
J’ai connu tous ces conspifateurs contre la liberté, il n’en est pas un qui ne fût prêt à mourir
pour elle. Ils conspiraieut véritablement contre son ennemi le plus dangereux ; contre celui qui tuait lui seuli la liberté en poursuivant les hommes d’un talent supérieur et pourvus d’une politique qui aurait tout sauvé , si on ne les avait^ pas assaslinés ; contre Robespierre : pendant qu’il prononçait sa dénonciation , il y avait aux portes cle la salle vingt mille hommes armés. Le député Dusaulx , se voyant compris dans la liste des proscrits, s’écria : « Je m’estime fort heureux d’être « associé aux vingt-deux membres qui vous ont i) été dénoncés par les quarante-huit sections de » Paris. Cet honneur ajoutera, je l’espère, un » nouvel éclat à la gloire que j’ai acquise en écri- « vant pour la liberté depuis deux ans. » ■” *
Legendre , cet éloquent boucher de Paris , s’é^ çria de son côté : « Il faut enhu que la Convention » prenne un parti digne d’elle ; il faut que tous » ceux qui ont voté l’appel au peuple soient mis
II en état d'arrestation jusqu’à l’arrivée de leurs
)j suppléans; alors seulement on pourra poudre M les mesures convçnables, » ' f;
* Sur cette étrange motion , Cambon dit : « Si ,
U pour avoir émis unç opinion , on faisait sauter.
» la tête à un député, nous n’oserions plus parler ;
« il y a ici véritablement deux partis, mais il y a )) des torts de part et d’autre. ’
Barrère ajouta : « Vous ne fonderez jamais la >) liberté qu’avec des représentaus qui puissent U émettre librement leurs opinions; car, quelle