‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 45 sur 119 · PREMIÈRE PARTIE. CHAP. VI. Ï2I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. CHAP. VI. Ï2I

» nation poiuTait être assez avilie pour recevoir » une constitution dictée par la force ? «

Rien n’était plus vrai ; cependant on verra bientôt une constitution, autre que celle de Condorcet, faite en quinze joui’s , dictée par la force , dans les troubles et en l’absence d’un très-grand nombre de députés !

Marat dit qu’ayant été persécuté par les députés dénoncés, il s’abs^endra de parler contre eux ; il aurait été bien plus noble de sa part de les défendre : il borna sa générosité à demander que l’on ôtât de la liste Dusaulx qu’il a{5pelait vieux radoteur; Lanthenas, qui est, dit-il, un pauvre d’esprit, et Ducos , député imberbe , que sa grande jeunesse excuse dans ses^ écarts. Les deux premiers furent ôtés pour toujours, mais on trouva le moyen d’y faire rentrer le troisième. Quant à tous les autres, Barrère dit :

« Vous ne pouvez poursuivre les députés dé- » noncés pour leurs opinions , vous ne le pouvez » donc que pour des faits. Or, le comité de salut M public ne pourra faire aucun rapport à ce sujet, » si les dénonciateurs ne lui fournissent les preuves U des faits qu’ils ont à alléguer contre eux. »

Le comité de salut public fut chargé de présenter un rapport dans trois jours, d’après les faits dont on devait lui fournir les preuves. Mais ces trois jours, mais ces preuves n’entraient pas dans le plan' des dénonciateurs qui , pour satisfaire leurs passions, ou celles du chef qui les dirigeait, n’a-

valent besoin que de la force. Ils l’employèrent dès le lendemain 2 de juin. Peu après l’ouverture de la séance, arriva toute la {^arde nationale de Paris, composée de quatre-vingt mille hommes qu’oii plaça aux environs et tout autour de la salle de l’Assemblée. Je me trouvais aloi-s secrétaire; il me fallut rédiger le procès-verbal, ce que je fis dans les termes suivans auxquels il en fut substitué d’autres dans un nouveau procès-verbal que la Convention ordonna pour cette séance du 2 juin , comme pour la séance du 5 i mal, qu’avait fait Ducos, alîn de les présenter sous l’aspect le plus favorable au parti vainqueur. Je disais donc dans mon procès-verbal , approuvé d’abord par la Convention , puis corrigé par.Thuriot : « Une dépun tation se présente au nom duconsell général de la » commune, et demande que sur-le- champ on » mette en état d’arrestation les membres dé- » noncés dans la Convention, et annonce que c’est » pour la dernière fois. » ■

La Convention a renvoyé cette pétition au comité de salut public ; l’on a demandé que le comité fit son rapport séance tenante ; mais la Convention a passé à l’ordre du jour* motivé sur le décret qui donne trois jours au comité pour faire ce rapport.

Les quarante^huit sections de Paris et toutes ses autorités constituées , ont demandé , par l’organe d’une députation, d’être admises à la barre pour proposer, ont-elles dit , la dernière mesure de salut public. La société des républicains révolution-

i! : -===,gk

Di - -

Page 1