PREMIÈRE PARTIE. CIIAP. VII. I
il a l’adresse de couvrir sa passion contre les f^ircndins sous des propositions populaires. Sur tout le reste il demande l’ordre du jour, il éloigne ainsi la mesure relative à la force armée qu’il veut laisser dans les mains indépendantes de la commune et des sections de Paris qui se trouvent à ses or- ’ dres. Cela s’est maintenu , en effet , de cette manière jusqu’à la veille^de sa mort où Henriot vint avec son armée s’emparer de nos comités. L’ou pense bien qu’après une pareille ouverture il n’au- , rait pas éteprudent de contredire un homme aussi puissant. Danton se tut ; Couthon ne s’offrit plus ^ pour otage en pei-sonne, et bientôt l’opinion de Robespierre , sur les suites promptes à donner à l’arrestation des députés , devint celle des sections de Paris. , * *
Les députés, mis en arrestation chez eux , n’étaient que sous la garde d’un gendarme d^s mains de qui il n’était pas trop difficile de se tirer. PlusiAirs d’entre eux ue se cro^yant pas en sûreté à Paris s’évadèrent. Les principaux se rendirent à Caem Ceux qui restèrent à Paris eurent lieu de regretter de , n’avoir pas imité leur exemple , bien que la fuite - ire les ait pas sauvés davantage ; mais elle servit de prétexte aux montagnards et à leur chef Robes- -'pierre. Ils dirent alors que si les députés eussent été * innocens , ils n’auraient pas fui. Après leur arrestation , Robespierre avait fait venir à la barre de l’Assemblée des orateure de sections, pour anuoncer aux ^ détenus ce qu’ils, avaient à craindre ; l’orateur du
l3G IIISTOIRK DE LA CONVENTION NATIONALE, comité central révolutionnaire où étaient les plus effrénés démagogues, s’exprima ainsi : « Législaw leurs, l’expérience vient de vous démontrer, d’une » manière vraiment sublime, que tôt ou tard la jus- » tice a son tour. L’étonnante révolution qui vient » de s’opérer sous vos yeux est une grande leçon » pour ceux qui marcheront après vous dans la n carrière de la législation. Vous avez vu le peu- » pie de Paris se remuer tout entier » ( parmi les quatre-vingt mille hommes qui vinrent entourer l’Assemblée , à peine cent cinquante connaissaient le but de ce mouvement; tout le peuple fut indigné et honteux de sa démarche quand il en sut les résultats), t( résister tout en entier à l’oppression , et )) vous demander justice de ceux dont la présence » nuisait à vos travaux , et auxquels il attribue avec » raison tous les malheurs de la république. Trois » fois ce peuple ulcéré, outragé, a couru aux ar- » mes. 11 avait donné à plusieurs de ses conci- >» tojens la Faculté d’user de son pouvoir ; ils l’ont M fait pour le délivrer des traîtres qui les divi- * » salent..*.. Celte lutte odieuse est finie : achevez » maintenant l’œuvre immortelle de la constitu- » tlon républicaine. Tout ce que vous avez pu » faire jusqu’ici a paru sans force ! C’est que les » torrens produits parles orages se dessèchent bien- » tôt. C’est dans le calme que se conçoivent et»que >» s'enfantent les lois durables. »
Une autre députation dans la même séance ne parla pas de constitution , mais demanda sans dé- .