PREMIÈRE PARTIE. CHAP. VII. 1 5g
Esprit , au moment où cette lettre lui parvint. Aussitôt elle s’en retourna , laissant ainsi le pas^ge libre à l’armée conventionnelle commandée par Cartaux qui n’eut besoin que de paraître pour dissiper l’armée départementale*des bouches du Rhône. D’ailleurs on employa contre elle moins de balles que d’assignats. Cartaux entra triomphant à Marseille où tout changea de face. Les riches habi^tans se réfugièrent à Toulon d’où ils s’enfuirent à l’étranger , quand on en eut fait le siège avec le plus grand succès.
> D’autre part les troupes de Paris eurent bientôt dissipé le peu de troupes du Calvados. La rencontre eut lieu entre elles à Vernon , et les' insurgés prirent la fuite. Alors les députés ne songèrent plus qu’à échapper eux-mêmes à la mort qui les- menaçait. Quelques-uns payèrent cette malheureuse tentative de leur tête ; d’autres parvinrent à se cacher et à se soustraire à la prosciption.
' La république eut dans ce temps beaucoup d’ennemis soit intérieurs, soit extérieurs. Il n’entre pas dans mon plan de rendre compte ni de la guerre commencée sous la Législative avec la Prusse et l’Autriche ; ni de celle , après le 2 1 janvier, contre l’Angleterre et l’Espagne qui se joignirent aux autres puissances; ni, de la guerre civile avec Lyon et avec la Vendée : je dirai seulement qu’elles contribuèrent beaucoup à faire prendre à la Convention les mesures violentes qui seront bien- * tôt rapportées. L’insurrection des Lyonnais éclata
l^jO JIISTOir.K DE LA CONVENTION NATIONALE.
peu de temps avant le 5i mai, et. accrut la fureur dcs»moiitaguai’ds en ajoutant à leure dangers.
Cette ville croyant perdre sous la révolulion sou commerce et ses fabriques, ce en quoi elle ne se.trompait guère, s’était de bonne heure prononcée contre elle, et avait ourdi à l’époque de la Constituante une conspiration sourde, étoutfée dans son berceau par le comité des reclierches. Cette conspiration avait été l’œuvre des prêtres de cette grande ville et des -nobles des provinces voisines, qui, n’ayant pas émigré, s’étaient retirés à I-iyon où ils étaient assurés d’être bien reçus à cause de leur avereion pour un gouvernement qui menaçait le luxe, source de la richesse des Lyonnais. IjCS députés des communes avaient été insultés dans cette ville à leur retour dans le midi. Mais les senlimens des Lyonnais éclatèrent plas ouvertement encore lors de rétablissement de la république et de l’abolition perpétuelle de toute royauté. Us assiégèrent leur municipalité saiLS-culolte ; ils firent périr un patriote nommé Chalier , et la montagne mit le siège devant leur ville. Dubois - Crancé , envoyé pour conduire les opérations, ne parvint à so rendre maître de la ville insurgée , qu’après une attaque en règle et tous ses ravages. Il ne fut récompensé de cette expéditiçn que par des tracasseries que lui suscita la montagne. Celle-ci , à cause de la résistance de l..yon , lui fil perdre son nom qui fut changé en celui de Com\mine~A0mnchie , et y, envoya Collol-d’Herbois cl Coulhon qui firent •
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