‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 52 sur 119 · PREMIÈRE PARTIE. CHAP. VII. f4l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. CHAP. VII. f4l

‘succéder les mitraillades et les démolitions aux excès déjà assez déplorables de la guerre. Aussi , après le g thermidor , les Lyonnais ne gardèrent plus de ménagenieut et se montrèrent aussi cruels que leurs adversaires. Irrités de ce qu’on ne faisait pas périr les prisonniers patriotes incarcérés après la chute de Robespierre , ils s’eu défirent eux-mêmes*, et les précipitèrent dans le Rhône , sans forme de procès, ainsi qu’une quantité innombrable de partisans de la montagne. Funestes et condamnables représailles des partis !

Après avoir repoussé la constitution dont le projet, rédigé par Condorcet, avait déjà été imprimé , distribué , discuté , Robespierre et les siens se hâtèrent de présenter la leur qui fut faite en quinze jours. Ils publièrent perfidement que si la constitution avait été retardée , la cause en était aux traverses suscitées par les députés mis en aiTcstation. Cette insigne fausseté ne doit pas étonner de la part de la montagne qui se jouait de la vérité comme de la justice. Vainement les membres du côté droit ou de la plaine criaient à l’imposture ; vainement se plaignaient-ils de ce qu’on allait faire une conslitution en l’absence deceux qui s’y entendaient le mieux. Leurs voix et leurs représentations n’étaient pas écoutées , et ils se trouvaient heureux de n’étre pas conduits en prison avec les autres, comme coupables de l’appel au peuple.

Cette constitution était extrêmement démocra-

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tique. La déclaration des droits , qui la précédait , * contenait trente-cinq articles au lieu des dix-sept dans lesquels était renfermée celle de 1791. La plupart de ceS articles étaient des prérogatives populaires tout-a-fait outrées et dangereuses. Le dernier, par exemple, rendait le droit d’insurrection iHimité et l’accordait à chaque portion du peuple , ce qui , sous le prétexte que le gouvernement violait les droits , exposait l’Etat à des bouleversemens anarchiques et journaliers.

Quant à la constitution , elle portait si loin la souveraineté nationale , qu’elle faisait élire tous les fonclionnaires par le peuple entier, et qu’elle le faisait participer aussi à la confection de chaque loi. Lorsqu’on en fut à l’article 121 par lequel la nation française déclare : Qu’elle ne fera point de paix avec un ennemi qui occupera son territoire, le député Mercier , auteur de l’An deux mil deux cent quarante, prit la parole et dit : Les Romains ont fait des traités très-avantageux avec les ennemis , à leur porte. En savez-vous plus qu’eux? Avez-vous fait quelque pacte avec la victoire? Non, répondit Bazire, nous n’avons point fait de pacte avec la victoire , mais nous avons fait notre pacte avec la mort. Robespierre se joignit à Bazire , et dit que les Romains , qui avaient des patriciens et des esclaves , n’avaient pas, comme nous > la déclaration des droits de l’homme.

Le a 5 juin , la constitution républicaine fut achevée et proclamée dans la Convention nationale.

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