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de rcvolutions. Les moatagnards furent accusé de les servir par modérantisme , et de cette manière tous ceux qui faisaient ombrage à Robespierre , dans la commune ou dans la Convention , fi^nt frappés du même coup. i|H
Robespierre, débarrassé de presque tous ses rivaux, aspira à devenir fondateur d’un culte. Gomme il tenait à la secte philosophique , au lieu de relever l’Église catholique, il se borna proscrire l’athéisme et à faire adopter l’immortalité de l’ame et l’existence de l’Etre-Suprême. Il prononça un long et pompeux discours à ce sujet , et dans la séance du i 8 floi-éal il fit décréter une fête pour célébrer cette nouvelle mligion un peu moins im- t pie, mais aussi scandaleuse pour des chrétiens que le culte de la Raison.
Quand ce décret fut rendu , le peintre David fit lecture du plan de la fête qui devait avoir lieu le 20 prairial. Couthon demanda ensuite la parole, et dit : « J’appuie la proposition faite d’imprimer le . » discours qui vient d’être prononcé;, mais, ci- » toyens , ce n’est pas assez , la Providence a été » offensée , et la Convention cak>mmée par des » hommes infâmes qui , pour porter le déses- » pair dans les âmes, niaient hautement l’exis- » tence de l’Eternel. Déjà la justice nationale a » purgé la terre de ces hommes immoraux et dan- » gereux : la Convention doit faire plus ; elle » doit frapper les principes , et c’est ce qu’elle a » fait par le rapport et le projet de décret que
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I) VOUS venez d’enteadre ; mais ce rapport et ce » projet de décret doivent être connus partout , » parce que les principes de la Convention ont été » calomni^yiartout , dans tous les pays. Il faut » donc q^Ke rapport et ce décret soient impri- »> més dai^a forme ordinaire , et envoyés à tou- » tes les commu*es , aux armées et aux sociétés n populaires de la république , et qu’ensuite ils j> soiqnt imprimés en placards pour être affichés » sur tous les murs, afin que tout le monde » apprenne quelle est la véritable profession de U foi des Français républicains ; il f^ut enfin » que ce rapport et ce décret soient traduits dans » toutes les langues, pour que la Convention et » ses principes soient enliu justifiés , et la Provi- » dence vengée. »
Le 20 prairial la séance de la Convention s’ouvrit au milieu d’un grand concours de spectateurs et au bruit d’une symphonie pompeuse. Robespierre , qui présidait l’assemblée, prit la parole et dit : « Citoyens républicains , il est enfin arrivé » ce jour à jamais fortuné que le peuple français w consacre^ l’Étre-Suprême. Jamais le monde 1) qu’il a créé ne lui offrit un spectacle aussi digne » de ses regards. Il a vu régner sur la terre la ty- » rannie , le crime et l’imposture ; il voit dans ce )» moment une nation entière , aux prises avec tous » les oppresseurs du genre humain , suspendre le >1 cours de ses travaux héroïques pour élever sa » pensée et ses vœux vers le grand Etre qui lui
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M donna la mission de les entreprendre , et la force « de les exécuter.
» N’esl-ce pas lu? dont la main immortelle, en » gravant dans le cœur de l’homme le code de la » justice et de l’égalité, y traça la sentence de » mort des tyrans ? n’est-ce pæ lui qui dès le com- » mencement des temps décréta la république et » mit à l’ordre du jour pour tous les siècles et pour » tous les peuples la liberté , la bonne foi , la » justice ?
w II n’a point créé les rois pour dévorer l’es- » pèce humaine j il n’a point créé les prêtres pour )) nous atteler comme des animaux au char des » rois , et pour donner au monde l’exemple de la )) bassesse , de l’orgueil , de la perfidie , de l’ava- » rice , de la débauche et du mensonge ; mais il a » créé l’univers pour publier sa puissance; il a » créé les hommes pour s’aider, pour s’aimer niu- » tuellement et pour arriver au bonheur par la » route de la vertu. C’est lui qui plaça dans le cœur )) de l’oppresseur triomphant le remords et l’épou- », vante , et dans le cœur de l’innocent opprimé le » calme et la fierté. C’est lui qui force l’homme » juste à haïr le méchant ( c’est-à-dire la méchan- » ceté , car Dieu nous force à aimer nos ennemis ),’ )» et le méchant à respecter l’homme juste. C’est » lui qui orna de pudeur le front de la beauté » pour l’embellir encore ; c’est lui qui fait palpi- » ter les entrailles maternelles de tendresse et de )) joie; c’est lui qui baigne* de larmes délicietises
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» les yeux du fils pressé contre le sein de sa mère ;
» c’est lui qui fait taire les passions les plus impé- » rieuses et les plus tendres ^devant l’amour su- )) blime de la patrie ; c’est lui qui a couvert la » nature des charmes, de richesses et de majesté.
» Tout ce qui est iion est son ouvrage , ou c’est M lui-même. Le mal appartient à l’homme dépravé » qui opprime ou qui laisse opprimer ses sembla- » blés. L’auteur de la nature avait lié tous les » mortels par une chaîne immense d’ampur et » de fidélité; périssent les tyrans qui ont osé la » briser I
» Français républicains , c’est à vous de puri- » fier la terre qu’ils ont souillée , et d’y rappeler 1) la justice qu’ils en ont bannie. La liberté et la • vertu sont sorties ensemble du sein de la Divi- » nité. L’une ne peut séjourner sans l’autre parmi » les hommes. Peuple généreux , veux-tu triompher ^ » de tous tes ennemis? pratique la justice et rends
» à la Divinité le seul culte digne* d’elle. Peuple , » livrons-nous aujourd’hui sous ses auspices aux » transports d’une pui’e allégresse; demain nous » combattrons encore les cités et les tyrans ; nous » donnerons au monde l’exemple des vertus repu- » blicaines, et ce sera l’honorer encore. »
Après ce discours , RobespieiTe descendit de son fauteuil, et la Convention nationale le suivit au jardin des Tuileries, où s’élevait un vaste amphithéâtre qui servit d’autel pour le nouveau culte. Robespierre , après avoir harangué le peuple , s’a-
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vança , un flambeau la main , vers un monument qui représentait l’atltéisme , l’ambition , la discorde , etc. Il y mit le feu*, et ce groupe , consumé, laissa voir une statue de la sagesse. La Convention et le peuple se rendicent ensuite en cortège au Champ-de*-iy[ars pour célébrer cette journée.
Lorsque bous fùmfs de retour dans le, lieu de nos séaM:es , le président pontife , assis sur son fauteuil, reprit la parole et nous dit ;
« rll^e^ rentré dans le néant , ce monstre <)ue le » génie des rois avait vomi sur la France; qu’ait vec lui disparaissent tous les crimes et tous les )> malheurs du monde. Armés tour à tour des poi- » gnards du fanatisme et des poisons de l’athéisme, » les rois conspirent toujours pour assassiner l’hu- M mamté ; s’ils ne peuvent plus défigurer la Divi- » nité par la superstition pour l’associer à leuits » forfaits. Us ^s’efforcrat de la bannir de la terre » pour y légu^ seuls avec le crime. Peuple ! ne » crains plus leurs complots sacrilèges, ils ne peu- » vent pas plus arracher le momie du sein de son » auteur , que les remords de leurs propres coeurs. » Infortunés ! redressez, redressez vos fronts abat- » tus , vous pouvez encore impunément lever les » yeux vers le ciel. Héros de la patrie ! votre gé- « néreux dévouement n’est point une brillante » folie ; si les satellites de la tyrannie peuvent M vous assassiner, il n’«st pas en leur pouvoir de U TOUS anéantir tout entiers : l’homme , qui que » tu sois , ne peut t’enlever encore les liautçs pen-
IQO msTOIRft DE LA CONVENTION NATIONALF.
)» sées de toi-même ; tu peux, lire ta vie passagère » à Dieu même et à l’immortalité. Que la nature M reprenne donc tout 'son éclat , et la sagesse tout )» sou empire. L’Étre-Suprême n’est point anéanti: )) C’est surtout la sagesse que nos coupables enne- » mis voulaient chasser de la république ; c’est à la sagesse qu’il appartient d’aflermir la prospé- )) rité des empires ; c’est à elle de nous gatftatir les » fruits de notre courage j associons-la donc à )) toûles nos entreprises ; soyons graves et discrets 1» dans nos délibérations comme les hommes qui » stipulent les intérêts du monde ; soyons ardens » et opiniâtres dans notre colère contre les tyrans » conjurés , imperturbables dans les dangers , pau tiens dans les travaux, terribles dans les revers, )i compatissans envers les malheureux, inexora- )i blés envers les médians , justes envers tout le » monde ; ne comptons point sur une prospérité » sans mélange , et sur des triomphes sans obsta- » des , ni sur tout ce qui dépend de la fortune ou I) de la perversitti d’autrui ; ne nous reposons que )i sur notre constance et sur noire vertu, seuls, » mais infaillibles garans de notre indépendance j » écx’asous la ligue impie des rois par la grandeur » de notre caractère , plus encore que par la force » de nos armes. Fi’ançais ! vous combattez les » rois , vous êtes donc dignes d’honorer la Divi- » nité. Etre das êtres , auteur de la nature , l’es- » clave abruti , le vil suppôt du despotisme , l’aris- » tocrate perfide et cruel t’outrageait en t’invo-