‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 66 sur 119 · PREMIÈRE PARTIE. CRAP. X. 2o · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. CRAP. X. 2o

parti jusqu’au bout , partagèrent son supplice qui mit fin à son effroyable boucherie. Le même jour de cette si heureuse cxe'cution , je dis à Rovère qu’il fallait se hâter d’envoyer à Orange un courrier extraordinaire porter la nouvelle de la mort de Robespierre. Ce message eut lieu aussitôt. Une lettre du comité de salut public fut envoyée à Orange, et le courrier arriva à temps pour sauver seize condamnés qui étaient déjà aux pieds de l’échafaud.

Voilà, lecteT^r, ce dont j’ai été moi-même témoin. Maintenant pour faire connaître avec détail les événemens de ce grand drame historique, de cette heureuse catastrophe , je A'ais citer une partie du procès-verbal de la séance du g thermidor , présenté à la Convention par Charles Duval. Il faut se souvenir en le lisant, qu’il a été fait au nom, dans l’intérêt et avec le langage de la montagne :

« La lecture de la correspondance était à peine achevée , que Saint - Just se présente à la tribune lia cahier à la main , et demande la parole.

H Tous les esprits étaient encore pleins du discours prononcé par Robespierre à la séance d’hier, discours qui avait pour but d’avilir et de dissoudre le gouvernement, de diviser, d’égorger la représentation nationale , afin d’envahir le pouvoir et de dominer sur le peuple français ; chacun se rappelait la discussion qui suivit ce discours, et qui fut un trait de lumière pour tous les représentans du peuple. On avait entendu plusieurs membres attaquer pei’sonnellement Robespierre,

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lui reprocher de s’ètre mis à la place de la chose publique, d’avoir paralysé de sa propre autorité les décrets de la Convention nationale , en se permettant d’en suspendre l’exécution, lui reprocher son orgueil et son ambition démesurée qui le montrait à tous les yeux comme un dominateur , comme un homme qui aspirait à la tyrannie; l’on se rappelait la défense faible, pour ne pas dire nulle,, qu’il avait opposée à des inculpations aussi graves, et que, pour la première fois, le cri d’une conscience coupable ne lui avait pas permis de prendre ce ton imposant et impérieux qui trop souvent l’avait si bien servi , et dérobé aux yeux de la multitude.

» On se rappelait aussi son absence inexcusable , pendant quatre décades , et avouée par lui-même , des fonctions que la Convention nationale lui avait confiées au comité de salut public ; les mouvemens imprimés à l’opinion pendant cet espace de temps; ses diverses tentatives pour les diriger contre les opérations du gouvernement. On se rappelait surtout sa marche et sa conduite depuis près d’une année. On l’avait vu, désespérant de ramener le peuple au fanatisme et au sacerdoce catholiques , <jui était le sien, lui substituer un culte et un sacerdoce nouveaux , et forcer ainsi une grande assemblée politique, un gouvernement libre et républicain , à s’écarter de la raison et des principes , qui défendent à tout bon gouvernement de se mêler jamais de matières religieuses autrement que pour

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