‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 69 sur 119 · PREMIÈRE PARTIE. CHAP. X · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. CHAP. X

M mais nous voulons que l’innocence ne soit pas » opprimée ; nous voulons que le président du » tribunal réi^olutionnaire traite les accusés avec » décence et justice.

)* Hier , ce président du tribunal révolution- » naire a voulu exciter des citoyens à insulter un » représentant du peuple, qui a toujours été sur la » brèche de la révolution ; il a été insulté dans unê » société , et la représentation nationale a été ou- » tragée dans* sa personne. Ceux qui ont combattu )> Da Fayette et toutes les factions qui se sont suc- » cédées <^puis , se réuniront pour sauver la ré- » publique. Que les écrivains patriotes se rëveil- » lent ! J’appelle tous les vieux amis de la liberté, » tous les anciens jacobins , tous les journalistes •» patriotes : qu’ils concourent avec nous à sauver » la liberté. »

» L’orateur, après avoir comparé Robespierre à Catilina , et ceux dont il s’est entouré à Verrès , demande la permanence des séances jusqu’à ce que le glaive de la loi ait assuré la révolution, et l’arrestation d'Henriot. Ces deux propositions sont décrétées au milieu des acclamations de l’Assemblée, et du peuple , et des cris de vwe la république!

» Un membre fait observer que ces mesures ne suffisent pas. 11 faut aussi, dit-il, atteindre Boulanger qui conspirait ouvertement avec Hébert aux Cordeliers, qui a aussi conspiré avec Dumouriez, qui était l’ami de Danton, et que Dumas avait

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jeté hier au milieu des jacobins pour insulter le représentant du peuple dont le préopinant vous a parlé, et le désigner comme un conspû’ateur , lorsqu’il voulait dévoiler au peuple la scélératesse de Robespierre. Il faut également frapper Lavalette et Dufraisse , les deux affidés d’Henriot , et surtout ce Dumas , dont toute la famille est émigrée , qui est accusé d’avoir soupé avec son frère la veille même de son émigration , et contre lequel il existe des preuves, de la perfidie la plus atroce. Je demande donc l’arrestation de Boidanger , de Lavalette , de Dufraisse et de Dumas. ^

)> Robespierre profère quelques paroles ; mais un membre se lève et articule contre lui de nouveaux griefs; il l’açcuse d’avoir soutenu Henriot, depuis long-temps suspect aux vrais républicains; d’avoir placé auprès de ce général des hommes tout aussi suspects. Il demande que les adjudans et aides-de-camp d’Henriot soient aussi mis en état d’arrestation. I.a proposition est adoptée.

M Un membre fait jsentlr le danger de laisser la force armée de Paris sans chef , et propose de nommer un commandant provisoire. Un autre présente sur-le-champ au choix de la Convention nationale le citoyen Deymard , commandant de la cavalerie, qu’il assure être un bon citoyen. La Convention l’adopte.

» Robespierre se présente de\iouveau à la tribune où il est accueilli par un cri unanime d'indignation : il insiste, en s’agitant d’un air furieux.

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