PREMIÈRE PARTIE. CH AP. X
» poser par Couthoo 'cette loi fatale du 22 prairial , »- que lui seul avait rédige'e , que lui seul fit dé- » créter sur-le-champ , malgré les réclamations de quelques membres qui en demandaient au moins » l’ajournement; c’est lui qui nomma seul les U nouveaux membres du tribuftal révolutionnaire » réorganisé piar cette loi.
» C’est lui qui , en criant sans cesse contre l’op- R pression des patriotes , a institué au comité de » salut public un bureau de police ge'nérale , pour »> faire arrêter tous ceux qui lui auront déplu , et qui a fait incarcérer un comité révolutionnaire » tout entier , le plus patriote peut-être de Pa- » ris.
» C’est lui qui , dans tous ses discours , ne cesse » de calomnier le comité de sûreté générale,. afin M de lui faire perdre la confiance qui est sa prin- » cipale force pour comprimer les ennemis du » peuple.
*) C’est lui qui a essayé de ridiculiser l’affaire de >1 Catherine Théos , en disant que c’était une vieille )) folle dont iji était absurde de s’occuper. Mais » cette vieille folle était tous les jours chez la ci- » devant duchesse de Bourbon. L’on avait trouvé » dans ses matelas une lettre adressée à Robes-»' >1 pierre à qui on annonçait que sa mission- était » prédite par Ézéchiel ; que la gloire d’établir une » religion , un culte nouveau , débarrassé de pré- » très , lui çtait réservée. Une autre, lettre lui avait >) été écrite .par un nonuné Chenon, notaire àGe-^
aao HISTOIRE UE Là CONVENTION NATIONALE.
» nève , chef de la secte des illuminés , qui lui pro- » posait une constitution surnaturelle.
» Voilà pourquoi il ne voulait pas qu’on s’oc- » cupât de Catherine Théos* et de don Gerle à » qui il avait tellement accordé protection , que ,
)) de son propre chef, il a défendu à l’accusateur M public de poursuivre et faire juger cetle affaire.
» C’est ainsi que de sa seule autorité il a suspendu » l’exécution de vos décrets , et c’est l’accusateur n public lui-même qui m’a dénoncé cet attentat à la » souveraineté nationale. »
» Un membre interrompt l’orateur pour reprocher à Robespierre d’avoir aussi empêché , depuis le 2 frimaire, l’exécution du décret d’accusation contre Lavalette , et d’avpir au contraire placé ce traître à la tête de la force armée de Paris.
'.< Chacun des membres de la Convention , pourn suit Vadier , était environné d’espions. L’un » d’eux , nommé Guérin , que nous avons saisi , n était muni d’une patente. Ses instructions, ainsi » que celles de ses associés, étaient de tenir un » bulletin de tout ce qu’ils entendaient dire; et » c’était sur les rapports de ces vils agens que Ro- » bespierre basait ses plaintes et ses éternelles dé- « nonciations contre ses collègues, contre les comi- » tés, contre tous ceux dont le caractère ou les » talens lui paraissaient redoutables et çropres à » traverser ses vues dominatrices. «
» Plus d’une fois , .pendant ce discours, l’indignation publique avait éclaté par ces mouvemens