‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 75 sur 119 · PREMIERE PARTIE. CHAP. X. i · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. CHAP. X. i

I) pez. Ils m’ont conduit aiusi au corps-de-garde du » Palais-Égalitc : là, reprenant mon caractère de » repre'sentant du peuple , j’ai harangué les citoyens » armés qui s’y trouvaient. Fidèles aux prin-

cipes, et pénéti’és de respect pour la représen- » tation nationale, ils m’ont mis sur-le-champ en • y> liberté.

» J’annonce à la Convention que ces citoyens^ « étaient de la section de la Montagne. On avait « dressé procès-verbal de mon arrestation et de ma ») mise en» liberté; il est déposé au comité de sù- » reté générale.

“ *> Cependant Henrlot , poursuivant le coui;s de » sa marche furieuse , portait le trouble et la ter- >1 reur dans les différens quartiers de Paris où la » vérité sur les événemens de cette journée n’a- » vait point encore pénétré. Cinq gendaiTnes pren- '» rient la résolution généreuse d’arrêter ce scélé- » rat et d’exécuter votre décret : ils partent , le w rencontrent , fondent , le pistolet au poing , sur » Henrlot et ses satellites, et font prisounier ce scé- » lérat. ( De vifs applaudissomens se font enten- )) dre , et l’on crie ; P^ive la république /)»

<1 Tel est, citoyens, poursuit l’orateur , le fgit « dont j’avais à vous entretenir ; après vous en 1) avoir rendu compte , je fais un amendement à à la proposition du préopinaut. 11 a demandé que >) la commune de Paris fut mandée à la barre ; ja « demande , moi , que le département de Paris y.

» soit appelé aussi , et vienne recevoir les ordres

aSa iiisTornE de la cosventios nationale.

» de la Convention. « Ces deux propositions sont décrétées dans les termes suivans :

« La Convention nationale décrète que la municipalité et le département de Paris seront mandés à l'instant à la barre , pour y recevoir l’intimation des ordres de la Convention nationale. « On annonce que l’avant-salle du comité <le .sûreté générale est remplie de citoyens portant un cordon tricolore; que Tun d’eux, vice-président du tribunal révolutionnaire , a insulté un représentant du peuple qui sortait du comité. On. crie que c’est Louvet, et l’on demande l’arrestation de ce Louvet, ainsi que celle de Fleuriot-Lescot, maire, et de Pajan, agent national de la commune de Paris.

» Un membre observe que Payan est arrêté depuis quatre Iieures , que le maire ne l’est pas encore ; mais que, sous quelques instaus, le' conseil général de la commune , qui a levé l’étendard de la révolte, va être investi. Il annonce qu’au mépris des décrets de la Convention , on a mis en aircstation des hommes couverts du manteau de la loi ; qu’au .mépris de la volonté du peuple , un 4»omme frappé d’un décret d’arrestation , Sijes, est en ce moment aux Jacobins à provoquer le peuple ; mais que le peuple est calme, et veut la liberté. Le même membre annonce aussi qu’une compagnie de canonniers, égarée par le scélérat Henriot, a voulu tourner ses canons contre la Convention , mais que la force armée s’y est opposée.

PREMIERK PARTIE. — r CUAP. X.

M 11 faut , ajoute l’oiateur , savoir prendre des » mesures vigoureuses; les comités rëunisvont vous » les présenter : elles sont instantes , car cet arti- M ficieux cotLspirateur Robespierre est maiuteuaut M à la commune. Il faut mourir à son poste, u Oui, oui , s’éci’ieut tous les membres , nous le saurons tous ; et le peuple , convaincu par l'attitude Hère et imposante de la Convention, qu’elle périra plutôt tout entière que de laisser périr la liberté , répond à ce généreux cii , par un cri universel de dévouement à sa défense.

n On apprend aussitôt que l’huissier, chargé de porter à la municipalité le décret qui la manJe à la barre , n’a pu pénétrer qu’avec peine dans ,1a maison commune; qu’à la vue du décret le maire a répondu avec le ton de la révolte : Oui, nous iro/w, mais ce sera avec le peuple ; et qu’il a porté l’audace jusqu’à déchirer le décret qui lui avait été remis.

» On apprend que,Henriot et les autres chefs de la garde oatiouale, décrétés d’arrestation et saisis, oat été remis en liberté ; qu’ils ont trompé une partie de la force armée, avec laquelle ils ont forcé les maisons de détention et en ont enlevé les conspirateurs qu’ils oat conduits à la maison commune; on apprend que la municipalité les y a reçus , les a embrassés, et protesté qu’elle les défendrait contre les décrets de la Convention nationale; que cette municipalité , d’accord avec Robespierre , Saiat-Just et Conthon , prépare , »non-seulement .

254 HJSTOIHE DE LA CONVENTION NATrONALE.

uuo vesislaiice armée eu eiivirouuaut Ja cominune de troupes et d’artillerie, mais qu’ils organisent un gouvernement dont ils veulent opposer l’autorité à l’autorité légitime. On apprend qu’ils tout des dispositions militaires pour marcher contre la Convention nationale; qu’ils oui disséminé des émis^ saires dans toutes les sections de Paris pour les engager à envoyer des commissaires à la maison commune.

)) Enfin , à tous ces faits successivement confirmés , se joint la certitude que Henriot , à la tête d’une force armée, et conduisant de l’artillerie, a pénétré dans les coure qui environnent le lieu des séances de la Convention nationale , et qu’il investit le local des deux comités de salut public et de sûreté générale.

» Jamais , peut-être , le danger ne fut plus proche ; mais le courage des représentans du peuple s’accroît avec le péril ; tous jurent de mourir ou d’abattre les tyrans et de sauver le peuple.

. •) Le président, CoUot-d’Herbois, dit alors d’uu air calme et ferme : Citoyens^ voici l’instant de mourir à notre poste; des scélérats., des hommes - armés ont investi les comités de sûreté générale et de salut public., et s’en sont emparés.

» Un seul cri se fait aussitôt entendre : Awjc . armes! prévenons les traîtres, et que le lieu de leur domination contre - révolutionnaire devienne à finstant leur tombeau, hes citoyens, qui remplissent une partie de la salle et les tribunes , l'épon-

rREHlÈRE PAllTJE. CMAP. X. a55

dent par les témoignages les plus multipliés de leur attachement sans bornes h la représentation nationale, et se levant simultanément , s’écrient tous :

■Allons-r , et sortent.

. . . ' » A peine ils sont partis , que le département

de Paris se présente à la barre et demande les ordres de la Convention nationale. « Citoyens, leur » répond le président , les ordres de la Convention » sont dans le cœur de tous les bons citoyens ; ils » doivent exécuter et faire exécuter les lois. Qu’a- » vez-vous fait ^ cet égai’d ? »

« Nous avons écrit , dit l’orateur du départe- » ment , à la municipalité , afin de savoir les me- » sures qu’elle a prises pour assurer la tranquillité -» publique , et nous attendons sa réponse. »

)» La Convention nationale décrète que les administrateurs du département de Paris se rendront sur-le-champ près des deux comités de sûreté générale et de salut public , pour y recevoir leurs ordres et les exécuter promptement.

«Un membre, arrivant à l’instant, confinme l’accueil fait à Robespierre par la commune ; le serment fait par les olliciers municipaux de le protéger contre les décrets de la Convention : il en conclut qu’ils sont en rébellion , et demande qu’ils soient mis hors la loi. Cette proposition est ainsi décrétée :

« r^a Convention nationale a mis bore de la loi Henriot , le maire de Paris et tous les membres du conseil-général de la commune qui se sont décla-

256 mSTOIKE DE t\ COMVENTION MATrOWALF..

rés en rébellion , et qui ont reçu dans leur sein les individus décrétés d’arrestation dans ses séances de ce jour. Tout le ralliement des autorités constituées et de la force publique est la Convention nationale. » ^

M Oi\ annonce aussitôt que Henriot est sur la place du Palais-National, et qu’il y donne des or-* dres. ' * ' '

« Je l’ai vu , dit un membre , cherchant à égarer » les citoyens , et surtout les canonniers . Je leur M ai crié : yous déshonorerez-^vous aux yeux de' » votre patrie 'de qui vous avez si bien mérité?

» Un aide-<îe-camp de Henriot m’a menacé de son » sabre ; mais les canonniers m’ont défendu contre » lui. Eclairons le peuple, et nous braverons les* » dangers. «

. » A l’instant Vouland observe , au nom des deux comités de salut public et de sûreté générale qu’il faut un chef à la garde nationale ; mais que , pour être sûr de ce chef, il faut que la Convention nationale le choisisse dans son sein. Il propose Barras, qui aura , dit-il , le courage d’accepter. L’Assemblée applaudit à ce choix , décrète que'le représentant du peuple Barras est nommé commandant - général de la force armée de Paris , qui sera tenue de lui obéir en tout ce qu’il lui commandera.

») Sur la demande de Barras , la Convention décrète que les repi’ésentans du peuple Fréron , Beaupré , Feraud , Bourdon de l’Oise , Rovère , "

PREMIBRE PARTIE. CHAP. X. 287

Bollet , Delmas, Léonard-Bourdon, Auguis, Iægendre, Goupilleau de Fontenay et Huguet, seront adjoints au commandant-général de la force armée pour la diriger sur tous les points où la liberté publique pourrait être menacée. Les représentans du peuple partent à l’instant à la tête des canonniers qui défilent dans la salle au milieu des applaudissemens.

« Le citoyen Devèze , officier municipal , absent du conseil-général de la commune, se présente à la barre pour déclarer qu’il n’^^aucune connaissance de ce qui s’y fait. Un membre du comité civil de la section de l’Unité lui succède et annonce que cette section a reçu de la municipalité l’ordre de s’assembler et de communiquer avec elle par commissaires , de deux heures en deux heures ; mais que cette section , fidèle aux principes , ne reconnaît d’autre autorité que celle de la Convention nationale. Ce citoyei* est très-applaudi et invité à la séance.

» La Convention entend ensuite le compte que viennent lui rendre les deux comités de salut public et de sûreté générale. « Elle a donc éclaté , dit » Barrère , cette horrible conjuration tramée sous >1 le manteau du patriotisme et par des usurpa- » leurs de l’opinion publique ! Elle tenait à des a ramifications nombreuses, et qui se sont décou- » vertes dans cette soirée avec une rapidité ef- ^ J) froyable ; car les événemens de la moitié de cette >1 journée doivent dessiller les yeux aux citoyens

a58 HISTOIRE DE LA CONVENTION NATIONALE.

n les plus incrédules. Tous les préparatifs de cette H contre-révolution étaient faits, toutes les dispo- » sitioiis prêtes, et il ne peut y avoir dans ceux » qui y coopèrent que des complices. Pendant que » vous rendiez des décrets salutaires , Henriot ré- » pandait dans les mes de Paris le bruit qu’on » venait d’assassiner Robespierre. Les nouvelles )) les pins infâmes étaient publiées contre vous.

>) Des cartouches étaient distribuées aux sendarmes » pour frapper les représentans du peuple ; et ces » soldats fidèles vieiwent de déposer sur le bureau )) du comité ces cartouches distribuées par le crime.

» Pendant ce temps , l’administration de police ,

» d’après un mandat du maire ; l’agent national de » la commune de Paris , et l’un de ses substituts ,

» décernaient un mandat de liberté pour les ci- » tojens La Valette et Boulanger, officiers de la » force armée parisienne, et pour Villatte, juré » du tribunal révolutionnaire. Ainsi , l’adminis- » tralion de police , le maire et l’agent national se » constituaient les supérieurs du comité de sûreté » générale qui avait fait arrêter V illatte , et usur- M paient effrontément l’autorité nationale confiée à >1 la Convention.

» Au même instant Plenriot faisait traduire à la » Force un gendarme poiieur d’un décret de la » Convention , jusqu’à ce que les magistrats du » peuple en eussent ordonné autrement.

» Taudis que Henriot créait des magistratures , ^

» il insultait à votre autorité , arrêtait l’huissier de

PBEMIÈRE PARTIE. CHAP. X. 25Q

» la Convention,* il faisait battre le rappel dans » u«e section , la ge'ne'rale dans l’autre , et sonner ». le tocsin dans les sections qui environnent la » commune. Le maire de Paris envoyait à toutes n les barrières des ordres pour leur fermeture. » Nous vous demandons un décret pour faire de » nouvelles défenses de fermer les barrières, et de » réputer ennemis «lu peuple ceux qui dé.sobéi- » raient à ce décret.

» Boulanger s’était réfugié au camp des jeunes » élèves de l’École-de-Mai-s. Henriot traversait les » rues à cheval , en criant : On assassine les pa- » triâtes l Âiior armes contre la Convention! et il » excitait le penple qui , calme , ne répondait » point à ces agressions insolentes.

>) Payan déclamait à la commune contre la M représentation nationale , et la commune se cons- » tituait eu insurrection ouverte contre la Con- » vention.

« » Le comité révolutionnaire du Temple nous » apprend que la commune de Paris vient de fer- » mer les barrières , et de convoquer .sur-le-champ » les sections pour délibérer sur les dangers de la » patrie.

» A la municipalité, il y a un ordre de ne lais- )» ser entrer aucun envoyé de la Convention ; ce- » pendant l’huissier a été admis. Un municipal j » au décret qui appelle la municipalité k la barre, ® » a répondu : Oui , nous irons , mais avec le. peuple. » 11 a ajouté k cette réponse un geste que le peu-

240 mSTOIHE DK 1.A CONVhNTIOS NATIONAI.K.

)) pie n’aurait pas avoué, parce «]ue le peuple slio- » nore lui-même en honorant les représentans.

» Vous voyez ici la conspiration la plus atroce ,

» une conspiration militaire, une conspiration our- » die avec une latitude, avec un art et un sang- froid » que n’eurent jamais ni les Pisistrate ni les Catilina.

» Une partie des sections s’est déjà prononcée )) pour la représentation du peuple , une autre par- » tie accourt au secours de la loi. Si quelques-unes » sont égarées ou gagnées par des intrigues com- » munales , ne croyez pas que ,1e prestige puisse ») durer.

n En attendant, déclarez hors de la loi tous ceux » qui donneraient des ordres pour faire avancer la » force armée contre la Convention nationale , ou » pour l’inexécution de scs décrets. Il faut aussi >; mettre hors de la loi les individus qui , frappés )) de décrets d’arrestation ou d’accusation , u’au- ») ront pas déféré à la loi , ou qui s’y seraient sous- » traits.

» Le courage doit accompagner la vertu publi- » que , et la vertu doit caractériser les représentans » du peuple : avec du courage et le peuple , vous » vaincrez.

» L’ohjet de l’attente des comités est : Que les » citoyens de Paris se souviendront de la répu- » bllque à laquelle ils appartiennent ; qu’ils n’iront )) pas jurer fidélité à une commune Infidèle à son » devoir, et complice de la conspiration la plus ^ » horrible. Quelques-uns de ceux que la Coiivcu-

FREMIÈRK PARTIE. — CHAP. I. a4l

M tiou a frappés , se sont évadés et ont cherché un M asile dans le sein de cette commune : comment M ont-ils consenti à souiller ainsi la maison des ci- » tojens de Paris, et peuvent-ils compter sur une » longue impunité , s'ils croient être au milieu de » Français , au milieu de républicains ? La patrie » observe Paris , et la Convention nationale saura » juger les bons citoyens.

» Les sections s’assemblent : c’est à elles que nous » devons nous adresser. »

» La Convention nationale , après avoir entendu le rapport de ses comités de salut public et de sûreté générale, défend de fermer les barrières, ni de convoquer les sections , sans une autorisation des comités de salut public et de sûreté générale.

» La Convention nationale décrète que le nommé Henriot, ci-devant commandant de la garde nationale de Paris , est mis hors de la loi.

» Elle met hors de la loi tous les fonctionnaires publics qui donneraient les ordres pour faire avancer la force - armée contre la Convention nationale , ou pour l’inexécution des décrets qu’elle a rendus.

» Elle met aussi hors delà loi les individus qui, frappés de décrets d’arrestation ou d’accusation , n’auraient pas déféré à la loi, ou qui s’y seraient soustraits.

w Un membre s’écrie que Henriot n’est pas le 9 seul qui se soit soustrait au décret d’arrestation ; q\xe les deux Robespierre , Couthon , Saint-Just et

Lebas s y sont aussi soustraits : il demande qu’ils soient mis hors la loi. Celte proposition est unanimement décrétée dans les termes suivans : « La Convention nationale , après avoir entendu ses comités de sûreté générale et de salut public, décrète que Robespierre l’aîné , et tous ceux qui se sont soustraits au décret d’arrestatiou contre eux , sont mis hors de la loi. »

» Un membre observe que le camp des Sablons est commandé par une créature de Dumouriez, de Beurnonville et de Cusline , par Labretèche qui était allé dans le Calvados se réunir à Wirapfen.

» Un autre annonce que ce Labretèche est arrêté depuis quatre heures ; mais il appelle l’attention de l’Assemblée sur la fête projetée pour demain , et il ne doute pas que ce ne fut une mesure prise pour envelopper la Convention sous prétexte de faire manœuvrer devant elle les élèves de l’École de Mars, qu’on avait demandé à armer et à qui on devait donner quinze pièces de canon.

Sans vouloir élever des nuages ni sur le patriotisme des jeunes gens , ni sur la vertu du peuple , il croit qu’il ne doit pas y avoir de fête demain. Il demande en conséquence et la Convention nationale décrète l’ajournement de la fête.

M Sur la demande d’un autre membre , qui pense que les scélérats que la Convention vient de frapper avaient pris beaucoup de moyens 'pour pervertir l’opinion publique dans le camp , la Convention '? décrète que les deux représentans du peuple Brival

■ l'RKMIEKE PARTIE. CHAP. Xi 3/^5

et Benlabole seront adjoints à Peyssard , représentant du peuple près le camp, et s y rendront ^ sur-le-champ, afin de prémunir les jeunes gens contre toute perfide insinuation.

n Cependant le peuple , instruit des dangers qui menacent ses représentans , vient de toutes parts se réunir autour d’eux. Ou voit successivement paraître les diverses sections de Paris. Toutes jurent un dévouement inviolable à la Convention nationale; toutes protestent de lui faire un rempart de leurs corps, toutes anuoncent que la commune conspiratrice a envoyé près d’elles des agens chargés de les séduire et de les inviter à aller prêter serment dans son sein, mais qu^à peine ces valets du tyran ont pu se faire entendre , et qu’ils ont été mis surle-champ sous la main de la loi.

» C’était un tableau touchant, sans doute, que celui de cette foule immense de citoyens se pressant autour de la représentation nationale , épanchant leurs coîurs dans son sein, vouant à l'opprobre et à l’échafaud tous les dominateurs, et déployant de nouveau ce courage que toujours ils ont montré à toutes les grandes époques. Ils défilent tour à tour devant la Convention nationale, après avoir reçu de l’Assemblée les témoignages les plus vifs et les plus multipliés de satisfaction , et après avoir entendu la lecture des décrets qui mettent les conspirateurs hors la loi.

t >) Presqu’aussilôt le nouveau commandant de la force -armée entre dans la salle. De nombreux

244 HISTOIRK DE DA CORVBÜTIOM NATIONALE.

applandissemens le suivent à la tribune. « Je viens,

» dit41 , de parcourir une grande partie de Paris ,

» partout le peuple est à la hauteur de la liberté ; .

» partout on entend les cris de vive la république,

» vive la Convention nationale! Les canonniers de )) la section de la Fontaine de Grenelle nous ont » accompagnés partout. Les dispositions militaires >1 viennent d’être exécutées. La Convention est en- )) vironnée de tous les républicains de Paris. Je » viens de faire arrêter un gendarme qui était en- » voyé) par la commune, à Labretèche; je vais » déposer aux deux comités la lettre qu’on a sur- » prise sur lui.

» — Je viens, dit un des adjoints du commandant,

H de visiter tous les postes environnans ; partout je » n’ai trouvé que de vrais républicains ; tous ont » juré de mourir pour la défense de la Convention.

» — Oui, nous mourrons tous en la défendant,

>» s’écrient les citoyens des tribunes. J’ai fait arrêter » un gendanne qui venait, de la part d’Henriot, or- » donner à la force-armée, qui environne le palais » national, de se retirer.

» — La Convention, ajoute un autre adjoint, peut » compter sur le patriotisme des citoyens de Paris.

» Le criminel Henriot et le Catilina Robespierre » avaient si bien concerté leurs mesures, qu’ils » avaient nommé le traître Lebas pour inspecter » le camp des Sablons ; mais tout est déjoué , et la » Convention ne fut peut-être jamais si sublime M que dans ce moment , où , dénuée de forces pour

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